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LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
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Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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SOMMAIRE de la SEYBOUSE N° 270
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Puglisi : Retour fugace dans le passé. (4)
PHOTO ORAN : st-valentin H Palles
Acep 276 : Chemin de fer en Algérie
Echo-d'Oranie ; De Tassin... à Hermillon.
Mutilé 99-1919 ; GASPARETTE Y SE GAGNE LA CROIX
Alg-catholique 1-1938 : Pensionnat du Sacré Cœur
Bonjour 151: Conte municipal et antihygiénique
Alger-étudiants N°3 : Mars 1934. Chantecrabe !
PHOTOS ECOLE MARCHE AUX BLES 1951-52
Acep 276 : les souliers
PHOTOS ECOLE MARCHE AUX BLES 1952-53
ACEP 276 : LA NATATION A BÔNE
PNHA 185 : Bonne fête ma manman Pieds-Noirs
Algudo : POUSSE-BITUME
Grieu poème : PROMESSES de Candidature
Perez : Etude 50/38
PNHA 185 : POINTE-PESCADE
Desjardins : La guerre de religion a-t-elle commencé ?
Grieu poème : Réveil
PHOTOS ECOLE MARCHE AUX BLES CA 1952-53
BRASIER Panthéon : 52-Lavigerie
Revue de l'Orient 1846-1, P 121-126 :
PNHA 185 : Jean-François Portaels
PHOTOS ECOLE MARCHE AUX BLES EXPOSITIONS
Algudo : LA CHAPE de plomb
Grieu poème : A TORT OU A TRAVERS ?
Gomez : 9 mars 1962 : Le sacrifice programmé
Lugan : Réflexions à propos du prochain voyage Du pape en Algérie
Voltaire : Églises de France : pendant les élections, le pillage continue
Livre d'Or : Mise à jour
Vidéos : 428-pilote-au-pmah-12eme-di.pdf
Histoire : Eliane : Un jeune Italien se rend à confesse
Chers Amies, Chers Amis,.
" Bône " lecture et bon mois d'Avril
A tchao, Diobône,
Jean Pierre Bartolini
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| Retour fugace dans le passé.
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4ème partie
S'il m'arrive très souvent, d'avoir des pensées, qui me ramènent vers ce passé, qui ne cesse de venir toujours m'obséder ; c'est très habituel, qu'une pensée vagabonde vienne soudain m'envahir et fait dérouler dans mon esprit, une brève scène que j'ai jadis vécue, là-bas ou, ailleurs, chez-moi en Algérie et que, je revois très clairement, dans le fond de ma mémoire, avec tous mes sens en éveil et les yeux grands ouverts. Ces manifestations, peuvent se produire, à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, surtout, lorsque je pense, remarque ou assiste, à certaines choses qui m'entourent, comme = une odeur - un plat cuisiné - une lecture - une musique - une conversation, etc. Toutes ces pensées, peuvent me ramener vers cet horizon lointain et déclencher en moi des images du passé, qui, sont depuis, hélas ! Bien longtemps révolues.
30° - " Je devais avoir 9 ou 10 ans et Noël s'approchait à grand pas. Comme tous les ans, nous avions l'habitude de dresser un sapin de noël, chez-nous, dans notre salle à manger. Mais, se posait régulièrement le problème, d'acquérir un sapin ce qui était très compliqué, voire, très difficile d'en trouver un sur le marché. C'est pourquoi, un beau jour, après discussion avec ma mère, nous avions décidé d'aller nous même le couper, dans un endroit où il était interdit de le faire, ce qui devait nous poser quelques petits problèmes.
Nous étions courant décembre et le temps était très mauvais. La pluie tombait et le vent soufflait en rafales. Mais, malgré les intempéries, avec ma mère, nous avions décidé de nous lever très tôt le lendemain matin et de profiter de la nuit, pour nous diriger vers un petit bois de sapins, situé derrière la poudrière qui surplombait à l'ouest le stade de football. Nous voilà dont partis discrètement et chaudement vêtus, sans avoir oublié une "Erminette", qui devait nous permettre d'abattre un arbre. Arrivé sur les lieu et en silence, nous avions trouvé le sapin qui nous convenait, ni trop grand, ni trop petit, mais, bien fourni et je l'imaginais déjà, trônant dans notre salle à manger, merveilleusement paré de guirlandes et de boules multicolores.
L'abattage de ce petit pin devait se révéler bien difficile, à cause d'une Erminette peu coupantes. Cependant, après avoir œuvré durement ma mère et moi, le petit arbre fut enfin abattu. Autour de nous c'était le calme absolu et personne pour venir nous verbaliser. Alors nous primes le chemin du retour, en évitant la caserne et sa sentinelle. Durant un bon moment et avec beaucoup de discrétion, nous avons trainé le sapin jusqu'à notre domicile. Plus tard, il fut installé à sa place habituelle et paré de ses plus beaux atours. Par curiosité, notre voisine nous demanda l'origine de cet arbre et ma mère de répondre, qu'elle l'avait acheté à un jardinier. Tous les ans, à la noël, siégeait chez-nous un sapin, dont, je n'ai jamais eu la curiosité, de demander la provenance à ma mère, qui s'était mise en quatre pour en trouvait un.
En 1961, ce fut un noël quelque peu triste, car, nous avions compris, qu'il nous fallait bientôt quitter l'Algérie. Cependant, ma mère, avait tenu de dresser un sapin dans notre salle à manger et nous avions réveillonné avec ma chère tante Marie Costanzo-Dinapoli + et sa famille. Ce fut hélas ! notre dernier noël à La Calle, un noël qui est resté gravé intact dans mes souvenirs, ainsi que le dernier sapin venu nous apporter un peu de réconfort.
Autre souvenir, d'un sapin de noël, qui nous avait entrainé un peu loin de La Calle. Je devais avoir 12 ou 13 ans et ce jour-là, j'étais accompagné de "Madaouette", un ami arabe du même âge que moi. Nous avions choisi un bord de mer, à quelques pas des premiers arbres, dans une propriété appartenant à "Samouère Balzano." Nous avions repéré l'arbre qui nous convenait et après l'avoir coupé, nous nous sommes dirigés, vers l'ancienne voie de chemin de fer transformée en piste. Mais, avant, il fallait passer près d'un douar où, nous fûmes accueillis par une meutes de chiens hurlants. Nous avons alors lâché notre arbre et pris les jambes à notre cou, mais, les chiens nous rattrapèrent et miracle ! au lieu de nous mordre ils nous ont fait des fêtes, ce qui nous a permis de reprendre notre route, en trainant derrière nous notre sapin, qui est ce jour-là, arrivé sans encombre chez-nous à La Calle.
Mis à part les sapins, d'autres expéditions, ont parfois meublé nos matins d'hiver. C'était en 1949, avec ma mère nous sommes allés derrière le Moulin, pour ramasser des escargots que la pluie avait fait sortir de leurs coquilles et qui nichaient dans "les touffes de Joumars". Mais, pourquoi ? partions-nous si tôt en ce jour d'hiver. Il faut dire que les lieux étaient très fréquentés, notamment, par les marins-pêcheurs, dont la mauvaise mer avait tenu leurs bateaux à quais. Les temps étaient durs pour cette corporation et en cette saison, les escargots leur apportaient, la nourriture qui leur faisait défaut. En allant le matin de bonne heure, nous avions toutes les chance de ne rencontrer personne et la cueillette se révéla toujours excellente. Arrivé chez-nous, les escargots étaient rangés dans un grand récipient fermé par un couvercle et avant de les consommer, on les faisait jeuner quelques jours. Mais, il est arrivé un jour où, les escargots ont soulevé le couvercle et se sont dispersés dans toute la cuisine. Quel travail pour les récupérer, surtout, ceux qui était montés jusqu'au plafond.
Aller ramasser les escargots ne me déplaisait pas, mais, pour les manger ce fut une autre histoire, car, ma mère les faisait bouillir et les servait en vinaigrette, alors qu'ils étaient encore tout baveux. J'acceptais cependant, mais, de très mauvais cœur. Je tolérais les escargots en sauce tomate et pommes de terre, que cuisinait ma grand-mère et qui faisaient le régal de mon grand-père. J'avais une sainte horreur de ces gastéropodes, mais, arrivé en France à l'indépendance de l'Algérie, une jour, on me servi des escargots à la coquille, préparés au beurre ail et persil. Miracle ! un délice et c'est à ce moment-là, que j'ai adoré manger des escargots.
Autres temps, autres mœurs !"
31° - " Une remontée dans le temps, me ramène aujourd'hui du côté de La Calle, pour tenter de faire revivre les beaux soirs d'été d'antan, qui marquaient régulièrement notre vie de tous les jours. Lorsque le soleil disparaissait derrière les monts du Boulif, commençait alors, le moment privilégié que tous nous attendions. En effet, la chaleur étouffante du jour, faisait lentement place à la fraîcheur du soir qui tombait. On apercevait alors ça et là, des familles entières et leurs voisins, qui s'installaient confortablement sur des sièges, devant chez eux et à même le trottoir, pour jouir de cet instant de grâce où, l'on entendait des voix et des rires qui fusaient dans le soir naissant. Les adultes discutaient entre-eux et souvent les vieilles personnes racontaient de drôles d'histoires, à faire peur aux gamins qui étaient présents.
Quant à moi, très souvent je restais sagement assis sur mon balcon en compagnie de ma chère grand-mère, qui, elle aussi, me contait toujours les mêmes histoires, dont je ne me lassais pas un seul instant. La nuit était calme et le jeu de boules qui était situé au bas de notre immeuble, s'était doucement vidé de tous ces joueurs. Le clair de lune, permettait d'apercevoir tout l'environnement et les eaux de l'avant-port, laissaient voir de temps à autre, des trainées phosphorescentes mobiles, qui étaient l'œuvre des bancs de poissons en goguette. De temps à autre, on entendait des phrases et des cris, poussés par des voix venues des balcons voisins, rapidement répercutés par l'écho de la presqu'île, ce qui amusait fort les intéressés.
Tous les soirs, profitant de la nuit, passaient sous mon balcon, un défilé de moukères qui en papotant, s'en allait vers la petite plage située en bas de chez-moi, pour prendre de nuit un bon bain de mer, loin des regards inquisiteurs des hommes. Puis, la soirée avançait et sur mon balcon dans le calme de la nuit, je regardais le beau ciel étoilé où, parfois, une comète venait illuminer un moment le ciel. Ma grand-mère me disait alors de faire un vœu et de ne le garder que pour moi si je voulais qu'il se réalise. Du côté Cours Barris, nous percevions de la musique, qui venait du Café des Palmiers et du Brisant Bar. Nous connaissions par cœur cette musique, qui était la même tous les soirs, mais, je dois dire, que cela ne nous déplaisait pas du tout.
Puis le calme de la nuit revenait, plus personne à causer sur les trottoirs, le Cours Barris s'était vidé de ses promeneurs et les lieux retrouvaient leur sérénité. Seuls se faisaient entendre, le chant des petites cigales et le cri des chacals sur les pentes du moulin. Parfois dans la nuit, c'était quelques aboiements de chiens, qui venaient troubler le calme du quartier, mais, aussi des querelles de chats, qui complétaient ce tableau nocturne. Au-dessus de tout cela, le doux ressac de la mer, couvrait de son chant tous ces bruits de la nuit. Dans le port, les chalutiers somnolaient l'un contre l'autre, dans l'attente d'une sortie qui ne se faisait que vers 2 heures du matin.
Avec ma chère grand-mère, nous restions là à jouir du calme et de la fraicheur de la nuit. Nous étions devenus silencieux, comme la nature qui nous entourait. Avant de nous mettre au lit, nous jouissions encore un peu, du beau ciel étoilé qui s'étalait sur nos têtes, alors que continuait à briller le petit phare, qui, de sa lumière rouge, marquait l'entrée du port en préservant les bateaux de passage.
Couché dans mon lit, je regardais encore une fois par la fenêtre grande ouverte, la lumière rouge du petit phare, qui semblait me dire bonsoir, alors que mon grand-père, qui partageait la chambre avec moi, dormait du sommeil du juste en ronflant comme un sonneur.
C'était cela les douces soirées des étés Callois et je dois dire qu'aujourd'hui, elles m'ont laissé une nostalgie, que je ne partagerais avec personne d'autre."
32° - "Mes Souvenirs des colonies de vacances."
" Comment cela a-t-il commencé = j'avais 19 ans et j'étais scolarisé en 5° année, au Collège Technique de Bône où, je préparais la deuxième et dernière partie, du diplôme technique, dans la spécialité "dessin industriel." Durant une année, en plus des cours théoriques, je fréquentais le bureau d'étude de l'école, qui devait aboutir à la spécialité que j'avais choisi. Nous étions 5 ou 6 élèves à avoir choisi cette voie et c'est là que pour la première fois, j'entendis parler des Colonies de Vacances, par Yvan ROUX + qui avait durant l'été précédent, exercé les fonctions de moniteur de Colonie de Vacances, avec l'office Algérien, chargé d'organiser des séjours en France pour les petits algériens. Yvan parlait de la France avec beaucoup de passion et nous dit-il, il comptait renouveler l'été prochain cette belle aventure. Très intéressé par les dires de Yvan, je décidais alors d'être moniteur de Colonie de Vacances. J'entraînais avec moi, mon ami Hubert Hisselli + de La Calle et c'est ainsi, que nous avions durant les vacances de Pâques, fait un stage d'une semaine avec les CEMEA (Centre d'enseignement aux méthodes d'éducation active) dans les locaux du Collège Technique de Bône. Avec mon ami Hubert, nous pensions partir ensemble en France, mais, dès la fin juin, il recevait une affectation pour la région de Bordeaux et moi, je fus affecté à LURE en Haute Saône. C'est en bateau que Hubert partit de Bône avec un groupe d'enfants et moi, c'est d'Alger que j'embarquais pour la Métropole.
Notre encadrement comportait une dizaine de Moniteurs, dont, 3 ou 4 jeunes filles. Parmi nous, il y avait des arabes, des chrétiens et des juifs, mais, dès notre départ d'Alger, devait s'établir entre-nous une solide amitié et une fraternité remarquable. Chaque moniteur ou monitrice, avait en charge une dizaine d'enfants, le plus souvent ces gamins étaient venus tout droit de leurs douars. Avant de partir, ils furent habillés correctement avec des survêtements et on leur a donné, tout le nécessaire pour le voyage et leur séjour en France... La traversée de la Méditerranée devait durer 36 heures et le mer était mauvaise. Nous étions confinés dans les cales, assis sur des fauteuils pliants, ce qui n'empêcha pas le mal de mer, qui atteignit adultes et enfants, lesquels, n'arrêtaient pas d'avoir des nausées et de vomir. Enfin arrivé sur le port de Marseille, des bus nous emmenèrent passer la journée dans une école et le soir les mêmes bus nous transportèrent à la gare Saint Charles où, nous embarquâmes dans un train qui devait nous déposer à Lure le lendemain matin.
Dans cette cité, nous nous sommes installés dans une école technique de cordonnerie, qui était très confortable et bien aérée, avec des dortoirs pour les enfants et des chambres individuelles pour les moniteurs et monitrices. Nous devions rester un bon mois sur les lieux et d'emblée je fis la demande à la direction, pour faire une deuxième session qui fut acceptée. Entre-temps, j'avais lié connaissance avec l'un d'entre-nous, qui s'appelait René BOYER, avec lequel, devait grandir une solide amitié. L'ambiance était excellente et les jours passaient avec au programme, de multiples sorties dans les campagnes environnantes, des veillées avec danses folkloriques et chants. Pour ces enfants ce fut, il me semble, une véritable découverte, d'un existence qu'ils n'avaient jamais connue dans leurs douars. Le soir au coucher, un moniteur restait de garde auprès des enfants et le reste de l'encadrement était libre de faire ce qu'il voulait. C'est ainsi que le 14 juillet, nous avions été dans un bal, en espérant faire des connaissances surtout féminines. Je me souviens qu'à un moment on annonça "la série bleue" dont nous ignorions à quoi elle correspondait. Dès que l'orchestre entama la musique, nous vîmes les jeunes-filles se lever et s'en allaient inviter les garçons à danser. Je n'échappais pas à cette tradition, puisqu'une charmante jeune-fille est venue m'inviter à danser. Nous avions échangé quelques mots, puis, la danse terminée, elle s'évapora de ma vue, sans ne jamais plus la revoir.
Un matin, mon ami René BOYER, me fit part d'une belle rencontre qu'il avait faite en traversant la cité avec son groupe d'enfants = il avait fait la connaissance d'une charmante jeune-fille du nom de Reyneault Jacqueline, avec laquelle, il avait un rendez-vous dans l'après-midi. Il m'invita à le suivre, parce que, me disait-il, elle serait accompagnée par une copine. J'acceptais volontiers son invitation et nous voilà parti en vadrouille, pour rencontrer ces deux jeunes-filles. La petite copine se nommait Christiane SIRE ( + ? ) et elle devait avoir 16 ou 17 ans. C'était une jolie petite blonde aux yeux bleus, qui a fait d'emblée chavirer mon cœur. Nous sommes partis nous balader dans les bois à quelque distance de Lure et René sans perdre de temps, se mit à bécoter sa compagne et moi, je fis de même avec Christiane, qui se laissa faire et accepta tous les baisers que je lui fis. Je dois dire, que ce fus la première fille que j'embrassais vraiment, tant, elle était mignonne et excitait tous mes sens. Avec Christiane nous nous sommes très souvent revus et un amour de jeunesse devait grandir entre-nous. Mais, un soir René devait m'emmener sur les bords du petit lac Laffont où, Jacqueline devait nous rejoindre, avec une copine que je ne connaissais pas.
Elle arriva en compagnie d'une charmante personne, dénommée Jeannine JARDON une magnifique blonde de 17 à 18 ans. Pendant que René froufrouttait avec son amie, avec Jeannine nous nous étions installés sur un autre banc et je l'avais prise sur mes genoux et commençais à l'embrasser sans qu'elle ne refuse mes baisers. C'est bien tard que nos ébats se terminèrent, nous nous sommes embrassés pour nous souhaiter le bonsoir, mais, je n'ai plus revu la charmante Jeannine, car, dès le lendemain matin, elle partait pour Paris ses vacances étant terminées. Je continuais cependant à fréquenter Christiane et puis arriva le temps où il fallut penser au départ. Sur les quais de la gare je n'ai pas vu arriver Christiane et c'est le cœur bien lourd que je quittais LURE, avec l'espoir d'y revenir l'année prochaine.
De nouveau, je traversais la Méditerranée et après un bref séjour à Alger, en compagnie d'un autre groupe d'enfant Maghrébins, je retournais en France pour rejoindre le CREPS de Lespinet (Toulouse) où, je faisais un nouveau séjour d'un mois, lequel, ne ressemblait aucunement à celui fait à Lure. Bien que l'ambiance entre-nous fut excellente, le CREPS se trouvant assez loin de Toulouse et ainsi, nous fumes en permanence cloitrés dans le parc du château de Lespinet. De temps à autre, nous organisions ensemble des soirées agréables où, il nous arrivait de danser avec les monitrices et les jours passaient, marquées par des balades sur les bords du canal du midi et l'organisation de jeux collectifs avec les enfants. Je fus très heureux de quitter Lespinet et de reprendre le bateau pour Alger où, les enfants devaient nous laisser, pour rejoindre leurs douars, en rêvant très certainement de leur séjour en France. C'est avec une larme à l'œil que je les ai vu partir.
Nous étions fin août et je retournais chez-moi à La Calle, très heureux de revoir mon village, baigné par le soleil de cette fin du mois d'août 1957. Cependant, la rentrée des classes se profilait à l'horizon et le jour du grand départ arriva bien vite. J'avais été admis à l'Ecole Nationale Professionnelle ( E.N.P.) de Dellys en grande Kabylie et pour rejoindre cette école, j'avais pris le train Bône - Constantine en compagnie de deux anciens du Collège Technique = Charles Vénéroso et Yves Saliba. Après une nuit passée à Constantine, nous primes le train pour Alger, que nous devions atteindre en début de soirée. Encore une nuit d'hôtel et le lendemain un bus de la SATAC, nous emmena à Dellys où, nous fumes débarqués juste devant l'école.
Nous devions nous installer et faire connaissance des élèves dont certains étaient scolarisés depuis des années. Nous fûmes admis en 4°année de Technique Industrielle et il y avait là des élèves, qui étaient dans cette école depuis 4 ans, autant dire, qu'on nous a regardé comme presque des intrus, d'autant, que dès le 1° trimestre, nous étions bien placés au classement, ce qui par conséquent n'était pas du goût des autres élèves. Arrivés les vacances de Noël et ma chère maman, m'avait offert un billet d'avion, que je devais prendre pour la première fois et qui devait me ramener à Bône, après un voyage d'une heure et demie, ce qui m'évita de prendre le train et économiser du temps et de la fatigue.
De retour à Dellys, je continuais à écrire à Christiane, puis, plus aucunes nouvelles, sans que je ne sache le pourquoi ? J'écrivis à sa copine Jacqueline, qui m'annonça que Christiane était enceinte, mais, où, je n'y étais pour rien. Je fus déçu d'apprendre cette nouvelle et je cessais toute correspondance avec elle, que je ne tardais pas à l'oublier.
L'année devait se passer sans problèmes et vers la fin du 3° trimestre, je pensais qu'il me fallait envisager de faire une autre Colonie de Vacances. Tout à fait par hasard, un copain de Dellys qui était lui aussi moniteur, me proposa de le remplacer sur un poste qu'il ne pouvait pas assurer. C'était une Colonie de Vacances en Savoie et ce jour-là, il devait sans le vouloir changer toute mon existence. Aux vacances d'été, je rejoignis Alger, pour prendre de nouveau en charge, un groupe de petits kabyles relevant de l'office Algérien des Colonies de Vacances. Je passe sur le voyage en bateau, qui comme l'année précédente se révéla pénible et puis, ce fut le train en gare Saint Charles et le lendemain matin nous avons débarqué à Moutiers, un charmant petit village où, un bus nous attendait, pour nous amener pas bien loin sur les hauteurs de Moutiers - au domaine de Champoulet.
Nous sommes arrivés, dans une vaste demeure ancienne, noyée dans la nature et entourée d'arbres. Le coin était très agréable et il ne nous fallut pas bien longtemps pour nous installer. Dans les jours qui suivirent, nous avions exploré le village et ses alentours. Cependant, M. HAKON le directeur, ne nous permettait pas de sortir l'après-midi où, il voulait que nous organisions "des grands jeux". Notre équipe de moniteurs et monitrices s'entendait parfaitement et il existait entre-nous une grande amitié. J'avais lié connaissance avec Abdul Bouchiba, un algérois, avec qui nous avions partagé bien des sorties et des aventures galantes. Un autre moniteur s'était lié avec moi, il s'agissait de Serge DAHAN ; un juif du sud de l'Algérie, qui était instituteur de profession.
Un jour, Serge me proposa de l'accompagner, car, il avait fait connaissance de jeunes filles et leur avait donné rendez-vous sur les hauteurs de Champoulet. C'est bien volontiers que je l'accompagnais et nous avons retrouvé 4 jeunes-filles de 17/18 ans qui nous attendaient. Il y avait 3 sœurs = l'ainée, la cadette et une benjamine de 14 ans. Avec elles, était jointe, Ginette, une belle jeune-fille blonde aux yeux bleus de 17 ans, qui d'emblée m'a fait tourner la tête. Nous nous sommes gentiment promenés, tout en faisant plus ample connaissance. C'est ainsi que toutes les après-midi, nous avions pris l'habitude de nous retrouver. Serge s'était investi avec l'ainée des sœurs et moi avec Ginette où, un grand amour devait apparaître. Avec Serge, nous avions fleurté avec elles et peu après, Ginette venait toute seule à nos rendez-vous, ce qui ne manqua pas de m'intéresser.
Entre-temps, il existait près de la Colonie, une maison où, un paysan venait pour faucher les prés voisins. Il était toujours accompagné de ses 3 filles = Nini, l'ainée - Nicole, la cadette et Geneviève la Benjamine. Nous avions lié connaissance et un soir, nous fumes invités chez elles à un soirée. Elles avaient invité une copine institutrice de son état. Elle s'appelait Mlle Stévenin Claudette ??? qui était une jeune fille de 24/25 ans, bien de sa personne mais pas très jolie. J'eus tôt fait de lier une conversation avec elle et lorsque nous nous sommes quittés, je lui donnais un rendez-vous sur Champoulet une après-midi. Elle vint me retrouver et je dois dire, que nous avions passé tout notre temps, à nous embrasser abondamment. Vers 17 heures, nous nous sommes quittés, mais, je n'ai pas désiré la revoir, dans la mesure où, Ginette était dans toutes mes pensées.
Autre aventure en compagnie d'Abdul Bouchiba. Le soir du 14 juillet, nous avions été dans un bal où, on a retrouvé, deux jeunes-filles de Chambéry qui étaient en vacances à Moutiers. Avec Abdul, nous les avions "emballées" sans difficultés et le lendemain, nous sommes partis piqueniquer dans la nature. Nous avions passé l'après-midi à nous bécoter et même tentés quelques caresses intimes. Le soir nous sommes retournés nous installer dans un près et là je perdis mon pucellage. Elle m'avait dit = "et s'il nous arrive un pépin !", fier comme Artaban, je lui avais répondu ="tu me prends pour un enfant de chœur ?". En réalité, enfant de chœur je l'étais jusqu'au cou et puceau de première classe. Mais, cette liaison ne dura guère longtemps, car, les jeunes filles repartir sur Chambéry et elles devaient revenir un WE où, nous nous sommes revus et ma copine avait alors refusé tout rapport sexuel, ce qui clôtura cette brève rencontre. Elle s'appelait Claude Lombard et devait avoir 18/19 ans environ. Quelques années plus tard, rapatrié à Grenoble j'ai eu l'occasion de la rencontrer, mais, sans ne rien lui dire, comme si que je ne la connaissais pas.
La première session de la Colonie se terminant, je postulais pour faire une deuxième session, ce qui me fut accordée par le Directeur. Je récupérais un petit groupe d'enfants, dès leur arrivée à Champoulet et le vie de colonie de vacances reprit de plus belle. Cependant je consacrais mon temps de libre, à Ginette que j'aimais de plus en plus et vice-versa. Il s'était créé entre-nous une profonde affection. Souvent, nous nous retrouvions toujours au même endroit, un gentil petit coin de verdure à l'abri des regards indiscrets et là nous passions notre temps à nous aimer, sans dépasser les bornes du convenable. Pour moi, il était évident, que Ginette était la femme de ma vie et nous avions échangé nos adresses, afin de pouvoir correspondre lorsque je serai reparti en Algérie.
Hélas, ce jour arriva trop vite et avec Ginette, nous nous sommes donnés un ultime baiser, en se promettant de nous revoir l'année prochaine.
A la rentrée, je rejoignis mon école de Dellys, mais, étant arrivé trop tard, j'empruntais un car de la SATAC pour rejoindre Dellys et là nous fumes attaqués par une bande de fellaghas. Bien heureusement Cheralha un chauffeur Kabyle ne s'est pas arrêté et il a accéléré. Les rebelles tirèrent sur le bus, qui alla se réfugier non loin de là, dans une cour d'école occupée par des militaires. Nombreux furent les blessés ; ainsi que moi-même qui avait reçu du plomb dans l'épaule gauche. Je fus transféré à l'infirmerie de notre école et un médecin est venu me donner les premiers soins. Je restais hospitalisé une bonne huitaine de jours où, je reçus de nombreuses visites, en particulier celle de Trabzy, le cuisinier en second qui désolé de me voir blessé, me faisait livrer à chaque repas un plateau toujours bien garni. Je n'ai plus revu Trabzy, car, il avait été abattu par des militaires, qui voulaient l'arrêter. Trabzy était le chef d'un réseau de rebelles local. Brave Trabzy, que je n'ai jamais pu oublier.
Ce fut une longue année scolaire où, bien heureusement Ginette m'écrivait très souvent. Je ne sortais plus de l'école le dimanche et je me réfugiais dans une classe à bayer aux corneilles et à tenter d'écrire des poèmes. J'avais abandonné le petit orchestre, que je m'étais fait un plaisir de monter, car, je voulais réserver tout mon temps aux études. Juin arriva et ce fut le temps des examens, qui devaient mettre fins à mes études à l'ENP de DELLYS. Je passais ces examens dans de bonnes conditions et j'obtenais en bonne place le diplôme d'ENP et je me préparais à quitter cette école sans aucun regret. Je songeais à gagner la France le plus vite possible et avec la direction de Champoulet où, je m'étais fait embaucher comme aide-cuisinier, ce qui me permettait de passer des vacances sans frais et auprès de ma petite Ginette que j'allais bientôt revoir.
Je la revis bientôt et nous restions très amoureux tous les deux. Entre-temps, ma mère de retour d'un pèlerinage à Lourdes, m'avait rejoint et elle fut embauchée durant un mois, comme cuisinière à Champoulet. Nous avions fait la connaissance des parents de Ginette et ma mère semblait avoir eu un coup de cœur pour Ginette. Un mois plus tard, nous avions rejoint l'Algérie. La fin de l'été était proche et je m'embarquais par avion, pour rejoindre l'ENP d'Armentières où, je devais passer une année scolaire, pour préparer le Brevet de Technicien Supérieur. Durant les vacances de Noël et de Pâques, je fus reçu par les parents de Ginette qui étaient de très braves gens et qui m'ont toujours très bien reçu. Je quittais fin juin l'ENP, avec mon diplôme en poche et je rejoignais Moutiers où, Ginette m'attendait. Tout près des parents, nous avions trouvé un petit appartement en location, afin de pouvoir recevoir ma mère et ma grand-mère qui venaient d'Algérie, pour mieux connaitre Ginette et organiser nos fiançailles, qui se déroulèrent un 15 août.
Début septembre nous sommes repartis vers l'Algérie, car, le service militaire m'attendait. J'avais eu la bonne idée lorsque j'étais à Armentières de faire la "préparation militaire AIR", ce qui me permit d'être incorporé en novembre 1960, à la Base des Salines à 70 km de La Calle. Ginette devait venir en Algérie en juillet de l'année suivante où, elle devait rester jusqu'en Mars 1963.
Nous nous sommes mariés fin novembre 1962 et je suis parti en France direction Grenoble début décembre 1962 où, je pensais m'établir et trouver du travail.
La suite de cette histoire, est évoquée dans un précédent article, intitulé ="Petite histoire de mon passé.".
33° - C'était à l'occasion, de quelques voyages en Espagne - autour des années 1979. A cette époque, j'étais médecin généraliste à Giens dans le Var et une discipline ne manqua pas de m'intéresser = c'était l'hypnose, dont tout j'ignorais. Je décidais de partir à Barcelone en Espagne où, il existait un Institut de Sophrologie, qui était dirigé par le Docteur Alphonso CAYCEDO. Cette science nouvelle, inventée par le neuro-psychiatre Caycedo, devait m'intéresser, car, elle s'apparentait de très près à l'hypnose, ce qui était pour moi, la meilleure façon d'appréhender cette technique particulière. Mais, qu'est-ce qui m'a conduit sur cette voie. En recherchant dans les souvenirs de mon enfance, je me suis un jour souvenu avoir assisté à une représentation d'hypnose, réalisée par un dénommé Eugène VITRY. Depuis, j'ai toujours rêvé de devenir un hypnotiseur, comme celui que j'avais vu dans mon enfance Calloise. Autant dire, que même médecin, ce rêve ne m'a jamais quitté. Voilà pourquoi, un beau jour je me suis inscrit à Barcelone afin de suivre un enseignement de Sophrologie. Cette dernière n'est pas de l'hypnose, mais, s'en rapproche de près. Pour l'hypnose, après avoir inhibé le conscient d'un sujet, des suggestions sont faites et s'adressent au subconscient. Ainsi, le sujet est sous la dépendance de l'hypnotiseur. Par contre en sophrologie, c’est le contraire qui se produit, le sujet lui-même se met dans un état dit sophronique, sans être sous la dépendance du sophrologue. C'est un peu un état d'autohypnose.
Me voilà donc parti à Barcelone et je me suis présenté à l'Institut de Sophrologie où, je fus reçu par le Dr Caycedo lui-même. Les cours dispensés en Espagnol et en Français, devaient durer une bonne semaine. Nous étions une vingtaine d'élèves, comprenant des jeunes-filles et des garçons de tous âges. Excellente ambiance où, il m'a été donné d'apprécier le caractère des Espagnols et de leur grande générosité. J'avais lié une solide amitié, avec Alfredo Ramon-Ortiz, un kinésithérapeute originaire de Jativa (Cité Près de Valence) et nous déjeunions souvent ensemble au restaurant. Il n'a jamais voulu que je paye, car, me disait-il, nous sommes en Espagne et si un jour je venais chez-toi en France, à ce moment-là c'est toi qui payerais la note.
En même temps, je faisais la connaissance d'une charmante jeune-fille blonde, qui s'appelait Emma SOLLENS. Elle exerçait à Saragosse, la profession de médecin stomatologue. Je dois dire que nous nous sommes plu et que souvent, il nous est arrivé de nous retrouver ensemble, mais, sans que rien ne puisse se passer entre-nous. Mais, hélas ! le séjour touchait à sa fin et je repris le train pour rentrer chez-moi avec le cœur un peu lourd. Cependant, ce qui m'encourageait, c'est que la deuxième partie du stage devait se dérouler dans les mois qui suivirent et bien-sûr, je m'étais déjà inscrit pour la deuxième session.
La deuxième session, se passa merveilleusement bien où, je retrouvais Alfredo et Emma. Les cours ne m'apportaient pas grand-chose et pour moi, ce qui comptait c'était d'être en Espagne où, j'appréciais de plus en plus cette fabuleuse ambiance et la gentillesse des espagnols. Alfredo m'invita chez lui à Jativa et je lui promis de m'y rendre en famille l'année suivante. C'est ce que j'ai entrepris un jour de juillet où, nous avions passé une bonne semaine de merveilleuses vacances. A mon tour j'invitais Alfrédo à venir en France chez-moi, ce qu'il fit avec toute sa famille = son épouse, Isabelle sa fille ainée, Luis son deuxième, et Henrique alias Quiket son dernier fils. Lorsqu'ils sont repartis, ils emmenèrent ma fille Claire avec eux, afin qu'elle passe des vacances espagnoles. Nous avions été la récupérer lors de notre deuxième séjour. Claire avait profité de son séjour en Espagne, pour aller aux Baléares avec Alfrédo et famille.
Hélas ! après notre deuxième séjour, nous n'avons plus revu Alfrédo et sa famille, car, ce dernier devait divorcer avec son épouse, parce qu'Alfrédo avait engrossé une jeune femme et que Enriquitta son épouse n'avait pas apprécié la chose.
Voilà comment cette belle amitié devait se terminer.
34° - J'ai toujours été plus ou moins solitaire et j'aimais bien être très souvent seul. Cela me permettait de méditer et de me bâtir dans la tête, des scénarios imaginaires qui fleurissent pendant la jeunesse. Lorsque je venais en vacances à La Calle, mon désir était de rester chez-moi et de m'enfermer dans la chambre de mes parents, pour jouer de l'accordéon, sous la bonne garde de ma chère grand-mère Sicilienne, qui refoulait les quelques amis qui venaient me rendre visite.
Durant les vacances d'été, le matin, je passais mon temps à la plage de l'usine où, je retrouvais quelques-uns de mes copains, puis, c'est vers midi, que je regagnais ma demeure où, m'attendait ma chère Mémé. Après une bonne douche sur la galerie, avec un bidon d'eau chauffée au soleil, je me mettais en pyjama et je déjeunais souvent d'une salade de pain, que, ma grand-mère, avait mis auparavant dans la glacière. Au repas, je buvais abondamment de l'eau fraîche à la citronnade, que m'avait préparée ma Mémé, puis, dès le déjeuner terminé, je filais vers mon lit pour une petite sieste réconfortante.
Cependant, dès 15 heures, je sautais de mon lit et me préparais à partir en solitaire vers la plage des baraques où, j'avais coutume d'aller pour pêcher au fusil harpon. Vêtu d'un short maillot et d'une légère chemise, j'emportais avec moi dans un sac de plage, mon fusil harpon et un masque de plongée sous-marine. Pas de couvre-chef, car, j'étais habitué à vivre au grand soleil et ce n'est que très rarement, que "j'attrapais un coup de soleil", que, ma chère Mémé, soignait avec un verre d'eau salée posé sur ma tête. Lorsque j'arrivais à destination, je jouissais de la tranquillité des lieux, qui étaient vides de toutes âmes et où l'on entendait surtout la douce chanson de la mer. Le soleil était haut et une petite brise légère, venait caresser mes cheveux et mon visage.
Campé sur un rocher à deux pas de la mer, je me préparais pour aller pêcher et admirer les magnifiques fonds marins, tapissés par des algues vertes, qui ondulaient sous l'action de la mer. La petite baie n'était pas bien profonde et devait faire 3 à 4 mètres tout au plus. Enfin, je me mettais à l'eau, en observant au travers de mon masque, les fonds rocheux et les nombreuses algues vertes où, les oursins proliféraient en abondance. J'entamais alors une reconnaissance de l'endroit, en recherchant de quoi alimenter ma pêche, mais, je dois dire, que, je n'étais pas venu en ces lieux, avec le souci de faire une bonne pêche, mais, surtout, de jouir de ce petit coin paradisiaque et tranquille. Pouvais-je un seul instant songer que j'étais seul ? pas du tout ! J'avais pour compagnie, le soleil, la mer et ses rochers, les algues vertes... Qui m'accompagnaient et rendaient cette solitude bien agréable.
Par un bel après-midi, je me suis rendu comme d'habitude, sur mon lieu de pêche favori, sans penser que ce jour-là une bonne surprise m'attendait. J'étais dans l'eau depuis un moment déjà et je scrutais le fond marin dans l'espoir d'harponner quelques poissons et soudain ! un spectacle étonnant vint frapper mon attention = c'était un énorme poulpe qui se prélasser sur un fond sablonneux. Surpris, je reculais, comme si j'avais vu l'une de ces énormes pieuvres, que le cinéma nous montre parfois. Mais, un instant effrayé, je reprenais du courage et harponnais vivement ce poulpe, que j'ai eu du mal à remonter sur les rochers ; Il devait faire à peu près 3 kg, ce qui est bien rare de capturer un tel céphalopode. Je n'étais pas si seul que cela et je regagnais ma maison en compagnie de cet énorme poulpe, qui, au cours de mon chemin, souleva l'admiration des gens que je croisais. A la vue de cet animal, ma grand-mère était aux anges et s'empressa de le préparer, en une énorme salade à l'ail et persil arrosé de jus de citron.
Je n'ai jamais plus retrouvé pareil poulpe et je me rabattis sur les oursins, qui faisaient le délice de ma chère Mémé.
Qu'allais-je donc chercher dans cet endroit isolé ? la solitude ? le plaisir de jouir de tous les bienfaits de la nature ? Aujourd'hui, je ne peux l'expliquer ! Cependant, lorsque je pense à ces temps anciens si heureux, il m'arrive de regretter ces après-midi d'été où, je partais tout seul sur les rochers en bord de mer, en écoutant le ressac de la mer, le chanson de la brise et celui des petites cigales de l'été, qui venaient s'associer à la beauté de la nature. Alors ? étais-je aussi seul que cela. Pour ma part, je ne l'ai jamais cru !
35 ° - Cette petite aventure, je l'ai vécue vers l'âge de 17 ans. J'étais alors pensionnaire au Collège technique de Bône et tous les dimanches, j'allais rendre visite au domicile de mon oncle Antoine et de Rosette son épouse. Ils habitaient un petit appartement situé au rez-chaussée, desservi par une entrée où se succédaient, des appartements habités par des européens, mais aussi par des arabes. Tout ce petit monde vivait en paix et en bonne entente et j'eus tôt fait de remarquer une jolie petite blonde du nom de Pierrette VENTURA, qui logeait dans la même cour avec ses parents. Elle devait alors avoir 16 ans et il me semblait, qu'elle me regardait d'un œil intéressé. Pas mal cette charmante enfant devais-je me dire et je rentrais en contact avec elle, à chaque fois que le dimanche je me rendais chez mon oncle. Au bout de quelque temps nos relations se firent plus intimes, mais, sans qu'il n'y ait quoi que ce fut entre-nous. Nous nous bornions à de douces conversations et parfois des sorties en compagnie de nos parents. Les vacances d'été s'approchaient à grand pas et moi, j'étais très amoureux de Pierrette qui me le rendait bien. Mais, jamais de gestes tendres où de mots d'amour, ne sont venus dans notre ciel serein et heureux.
Au début de mes vacances et comme de coutume, je rejoignais mon village de La Calle, pour passer l'été et profiter de la mer. Très amoureux, je n'oubliais pas Pierrette à qui j'écrivais des lettres d'amour tous les jours. Vraiment, il me semblait qu'avec cette jeune fille, nous allions plus tard peut-être ? unir nos destinées. Mais, les choses devaient se passer tout autrement, car, un matin mon oncle, qui conduisait les cars de l'Algérienne Automobile Transport, lesquels, faisaient la ligne de Bône/La Calle, devait m'interpeller et me demander de ne plus avoir de contact avec Pierrette. Il devait ajouter que cette charmante demoiselle, avait eu des contact intimes avec son beau-frère. Comme ils avaient été surpris par le père de Pierrette, ce dernier avait fait un grand scandale dans sa maison et tout le quartier fut au courant de la chose.
Comment ai-je pris cette nouvelles ? pas bien je l'avoue, mais, avec le temps et le soleil de La Calle, j'ai bien vite oublié Pierrette. A la rentrée, je n'ai plus remis les pieds chez mon oncle, de peur de la rencontrer et de la revoir. Cependant, j'ai eu un beau jour l'occasion de l'apercevoir sur le cours Bertagna, elle m'a fait un sourire auquel je n'ai pas répondu. C'est la seule fois où j'ai pu la revoir, mais, sans éprouver le moindre émoi.
C'est ainsi que se termina, ce petit roman d'amour avec Pierrette - que j'ai bien vite oubliée.
36 °- « C'était au printemps ? autour des années 1947, j'avais alors 9 ans et j'étais en classe du CM1, avec M. Jean Lafarre + pour instituteur. A cette époque, nous occupions une vaste classe située au rez-chaussée, à droite du bureau du Directeur Lugaro +. Nous étions presque une trentaine d'élèves, à suivre les cours de notre cher instituteur et le temps passait assez vite, dans une ambiance fraternelle et amicale entre tous les élèves.
Un matin, il devait se produire, un évènement qui mis toute l'école en émoi et c'est ainsi, que rapidement la totalité de la classe, fut évacuée dans la grande cour de l'école où, la totalité des élèves de l'établissement étaient déjà présents. Que s'était-il passé ? pour causer un tel remue-ménage dans notre école. C'est alors que l'on entendit çà et là, des voix angoissées qui parlaient d'un tremblement de terre. Bien que la plupart d'entre-nous, avait ressenti quelques petites secousses telluriques, pour ma part, j'ai surtout cru, que c'était un copain assis derrière moi, qui avait fait branler mon siège avec ses pieds. Nous sommes restés un long moment dans la cour de l'école et puis, comme le tremblement de terre n'avait pas récidivé, nous avions regagné nos classes où, les commentaires allaient bon train. Avions-nous eu très peur ? je ne le pense pas, mais, le fait que tous les élèves furent évacués vers la cour, était une précaution de la direction très louable au demeurant.
Vers 11 heures 30', je rentrais chez-moi pour déjeuner et j'eus la surprise de faire le constat, que ma grand-mère Pétronille + était couchée et en proie à une angoisse profonde. Son teint était tout congestionné et on sentait réellement que, ma mémé, avait très mal subi les effets de ce tremblement de terre. Voilà ce qu'elle me raconta de cet épisode ="j'étais en train de vaquer à mes occupations, lorsque soudain ! tout s'est mis à trembler dans la maison. Effrayée, je compris alors, que c'était un tremblement de terre et qu'il me fallait m'enfuir à l'extérieur et en plein air. Je dégringolais rapidement les escaliers, pour fuir sur le Cours Barris en criant à tue-tête - sauvez-vous ! c'est un tremblement de terre. J'étais tellement effrayée, que j'allais presque perdre connaissance. Bien heureusement, je fus entourée et secourue par les personnes présentes et qui m'ont aidé à regagner mon foyer."
Voilà comment se passa, l'unique tremblement de terre, qui affecta un beau matin La Calle et qui souleva l'émoi dans toute la population. Plus tard étant adulte, j'ai essayé de comprendre le phénomène et je me suis rendu compte, qu'une faille passait au large de La Calle, Mais qu'elle n'avait plus fait parler d'elle - jusque de nos jours.
On ne parla presque plus de ce tremblement de terre et la vie repris son cours au sein de l'école et du village."
Jean-Claude PUGLISI
- de La Calle Bastion de France.
Paroisse de Saint Cyprien de Carthage.
Giens en presqu’île - HYERES ( Var )
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PHOTOS de la SAINT-VALENTIN
Envoi de M. Henri Palles
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LES CHEMINS DE FER D'ALGERIE
ACEP-ENSEMBLE N°276
Par M. Maurice Villard
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Dès l'origine, l'établissement et l'exploitation des voies ferrées en Algérie, ont été confiées à plusieurs compagnies concessionnaires qui ont opéré chacune dans leur intérêt, sans aucune coordination technique. Il en a résulté une construction incohérente qui rendait l'exploitation difficile et apportait une gêne considérable à l'économie générale du pays.
Il a donc fallu, à partir du début du siècle, commencer étape par étape, un regroupement long et laborieux des différentes lignes, pour aboutir enfin, le 1er janvier 1939, à la fusion complète des derniers réseaux
En tête de l'histoire des chemins de fer de l'Algérie se place le décret dit de classement du 8 avril 1857 pris par Napoléon III à la suite des premières études faites en 1855. Il est ainsi conçu :
Article 1er. - Il sera créé en Algérie un réseau de chemin de fer embrassant les trois provinces. Ce réseau se composera :
1° - D'une ligne parallèle à la mer, suivant à l'Est le parcours entre Alger et Constantine, et passant par ou près d'Aumale et de Sétif. A l'Ouest le parcours entre Alger et Oran, passant par ou près de Blida, Amourah, Orléanville, Saint-Denis du Sig, Sainte Barbe.
2° - Des lignes partant des principaux ports et aboutissant à la ligne parallèle à la mer, savoir : à l'est, de Philippeville ou Stora à Constantine, de Bougie à Sétif, de Bône à Constantine en passant par Guelma. A l'ouest de Ténès à Orléanville, d'Arzew et Mostaganem à Relizane et d'Oran à Tlemcen en passant par Sainte Barbe et Sidi-Bel-Abbès
Article - 2. Notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre est chargé du présent décret.
Fait au palais des Tuileries, le 8 avril 1857. Napoléon.
Les trois premières lignes de chemin de fer qui s'ouvrirent à l'exploitation en Algérie furent celles d'Alger à Blida, en 1862, d'Oran à Saint Denis du Sig en 1868, de Constantine à Philippeville en 1870. Ces lignes avaient été concédées à la Compagnie des chemins de fer algériens, moyennant une subvention et une garantie d'intérêt, d'ailleurs limité. C'est cette compagnie qui ouvrit la ligne Alger Blida ; mais, par la suite des difficultés l'amenèrent à solliciter une révision de son contrat et à rétrocéder sa concession à la compagnie P.L.M.
Celle-ci passa avec l'Etat une convention qui comportait, outre la concession des trois lignes précitées, celle de la ligne de jonction Blida-Saint-Denis du Sig, sensiblement parallèle à la côte, desservant Orléanville et qui fut ouverte à l'exploitation de 1808 à 1871, réalisant dès cette époque la jonction Alger-Oran.
En 1874, une société d'exploitation agricole, la Compagnie Franco-algérienne, se chargea de construire et d'exploiter, sans subvention ni garantie d'intérêt, une ligne allant d'Arzew à Saïda, amorce de la future ligne du désert vers Colomb-Béchar. La même année, un décret, en date du 7 mai, rendait exécutoire en Algérie la loi du 12 juillet 1865 sur les chemins de fer d'intérêt local, à l'exception toutefois de sa partie relative aux subventions de l'Etat. Le département de Constantine concéda alors à la société de construction des Batignolles la ligne d'intérêt local de Bône à Guelma et le département d'Oran, peu après, concéda à la Compagnie de l'Ouest algérien le chemin de fer d'intérêt local Sainte-Barbe du Tlélat-Sidi-Bel-Abbès. Ces deux lignes furent d'ailleurs incorporées respectivement en 1877 et 1881 dans le réseau d'intérêt général.
D'autre, part en 1875, un chemin de fer de Constantine à Sétif, amorce de la ligne Alger-Constantine, était concédé à une société nouvelle : l'Est Algérien, qui se chargeait de la construction à ses risques et périls, moyennant la garantie d'un certain revenu par km exploité. Une autre concession était faite à titre éventuel à cette société : la ligne d'El-Guerrah à Batna, première esquisse de la future ligne sur Touggourt.
Enfin, en 1877, la Compagnie du Bône-Guelma, substituée à la Compagnie de Construction des Batignolles, recevait la concession de la ligne d'intérêt général de Duvivier à Souk-Ahras, première antenne vers l'unis, et la ligne de Guelma au Kroubs., destinée à relier Constantine à Bône. La convention correspondante entre l'Etat et la Compagnie était basée sur l'octroi par l'Etat, sous forme d'avances remboursables, d'un revenu garanti.
Ainsi en 1878 la vague ébauche du futur réseau algérien comprenait environ un millier de km de ligne d'intérêt général et un peu plus de 400 km de lignes d'intérêt local. C'était très insuffisant par rapport aux besoins croissants de la colonisation.
Parallèlement à l'œuvre entreprise dans la Métropole conformément au plan Freyeinet, un décret du 12 février 1878 chargea une commission de préparer en Algérie le classement des voies nécessaires.
Ces études aboutirent à la loi du 18 juillet 1879 qui classa dans le réseau d'intérêt général 1.807 km de lignes, dont 1.713 correspondant à 20 nouveaux tracés. Des conventions et concessions nouvelles les répartirent entre les Compagnies de l'Est Algérien, de l'Ouest Algérien, du Bône-Guelma et de la Compagnie Franco-Algérienne.
Mais les difficultés rencontrées par cette dernière l'amenèrent d'abord, en 1888 à affermer pour cinq ans son réseau à la Compagnie de l'Ouest Algérien, puis à déposer son bilan. Un concordat lui permit de subsister quelque temps, mais en 1900 l'impossibilité où elle se trouvait de pousser rapidement les travaux de prolongement de la ligne d'Arzew à Saïda et à Aïn-Sefra amenèrent le Gouvernement à racheter son réseau loi du 12 décembre 1900).
Une loi du 22 juillet 1904 a fait passer la charge des garanties d'intérêts du budget de l'Etat au budget de l'Algérie, auquel l'Etat verse à ce titre une subvention annuelle, forfaitaire et décroissante. Elle a, d'autre part, fait œuvre décentralisatrice en donnant au gouverneur et aux assemblées algériennes le pouvoir de délibérer sur les modifications à apporter aux conventions existantes, sur le rachat éventuel des concessions et sur l'exploitation des lignes rachetées.
Dès 1905, le gouverneur général fit connaître les réformes qu'il souhaitait voir réaliser. La Compagnie de l'Est Algérien ayant mis à l'exécution de ces réformes des conditions qui ne furent pas acceptées, le rachat de son réseau fut autorisé par décret du 25 août 1907. Ce réseau de 887 km, s'étendait sur les deux tiers du département de Constantine et sur la moitié du département d'Alger.
La série des rachats se continua, en 1908, par celui de la ligne d'Oran à Arzew qui avait été concédée en 1878 comme ligne d'intérêt local, à la Société des Chemins de fer Algériens.
Au début de l'année 1908, les chemins de fer d'intérêt général de l'Algérie étaient en service sur plus de 3.192 km ; leur longueur exploitée avait donc triplé en trente ans. Quant à ceux d'intérêt local ils couvraient plus de 150 km. La dépense d'établissement au 31 décembre 1906 s'élevait à 580 millions pour ceux d'intérêt général, sur ce chiffre, 481 millions 1/2 avaient été fournis par les compagnies et 104 millions 1/2 par l'Etat. Pour ceux d'intérêt local la dépense correspondante ressortait à 10 millions dont un quart fourni par les compagnies et le solde par les départements, les communes ou les particuliers.
En 1907 fut élaboré un vaste programme, complété en 1909, d'après lequel les lignes à construire étaient les suivantes : Berrouaghia à Djelfa par Boghari 197 km, prolongement vers Laghouat de la ligne su Sud de Blida - Bouira Aumale, par Aïn Bessem 147 km - Ténès à Orléanville 57 km - Beni-saf à Tlemcen 67 km - Relizane à Prévot Paradol par Zammora 85 km destinés à doubler la section défectueuse de la ligne Mostaganem à Tiaret - Sidi- Bel-Abbès à Uzès-le-Duc par Ain-Tizi et Mascara 147 km, dont 12 déjà en activité entre ces dernières localités - Aïn-Béïda à Tébessa, avec embranchement de la ligne Meskiana vers la ligne Souk-Ahras-Tebessa 125 km - Constantine à l'Oued-Athménia 45 km en direction de Sétif,enfin, Didjelli- Bizot, avec embranchement sur El-Mita 153 km
Ces lignes devaient être construites à 1m.05, exception faite du tronçon Constantine - Oued-Athménia pour lequel on envisageait la voie normale et pour les lignes Djidjelli-Bizot et Aïn-Béïda-Tébessa qui devait être d'un mètre.
On voit quel vaste programme avait été arrêté et l'on ne s'étonnera pas qu'il ne soit pas tout à fait réalisé, surtout si l'on tient compte du ralentissement dû à la guerre.
Par ailleurs une ligne d'intérêt général de Biskra à Touggourt, avec embranchement sur Tolga 252 km fut inaugurée en 1914.
A la veille de la guerre, bien que le programme de 1907 fût à peine en voie de réalisation, un nouveau programme était, d'ailleurs, mis sur pied. Il comportait notamment la réalisation de lignes minières dans le département de Constantine, en vue d'assurer le débouché vers la côte des richesses du sous-sol. Il comprenait également divers tronçons de lignes destinés à relier directement Constantine à Oran.
La guerre vint bouleverser quelque peu l'exécution des projets de 1914, mais la prise de possession par la colonie, des lignes algériennes du Bône-Guelma fut néanmoins effectuée le 1er janvier 1915. En 1918 sur la ligne de Boghari à Djelfa, on atteignit Hassi-Rabbah. A la même époque les Chemins de fer de l'Etat construisaient un embranchement industriel de 22 km, allant de Colomb-Bechar à Kénadza, où des houillères avaient été découvertes. Enfin l'autorité militaire commençait l'établissement sur 55 km, d'une voie de Om,60 de Trumelet vers le Sersou.
Mais, malgré les quelques réalisations ainsi effectuées, la guerre avait, dans l'ensemble, comme pour la Métropole, empêché les réparations et les renouvellements nécessaires. Elle avait, au total imposé un certain temps d'arrêt dans le développement et aussi nécessité de nouveaux crédits pour assurer la poursuite des travaux.
Mais la remise complète en état du réseau algérien a soulevé la question d'une réorganisation totale du système ferroviaire. Le prologue en a été d'une part le rachat de l'Ouest Algérien et, d'autre part la reprise aux Territoires du Sud de la ligne de Touggourt. Enfin, une convention passée le 1er juillet 1921 entre le Gouvernement général de l'Algérie, l'Administration des Chemins de fer algériens de l'Etat et la Compagnie P.L.M., convention approuvée par la suite par la loi du 11 décembre 1922, a fixé le nouveau régime des chemins de fer d'intérêt général de l'Algérie.
Cette nouvelle charte comporte d'abord une répartition plus homogène des lignes entre les réseaux de l'Etat et du P.L.M. ; elle fixe ensuite un régime unique pour l'ensemble des deux réseaux dans un esprit analogue à celui de la Convention métropolitaine du 28 juin 1921.
Comme dans la Métropole, une organisation commune assure désormais la coordination des exploitations, en concordance avec les intérêts généraux de l'Algérie, par l'institution d'un Conseil supérieur et d'un Comité de direction.
Comme dans la Métropole, la solidarité financière est consommée entre les deux réseaux et concrétisée par le fonds commun.
Mais en Algérie, il a fallu au préalable constituer deux réseaux homogènes. On a donc procédé d'abord au rachat du réseau P.L.M. algérien, puis on a affermé à la Compagnie P.L.M., la ligne d'Alger à Oran et les lignes anciennement exploitées par l'Ouest Algérien ; enfin, on a incorporé la ligne de Philippeville à Constantine au réseau des chemins de fer algériens de l'Etat.
Les conditions de rachat ont été simples : remise à la Compagnie de la dette totale en capital et intérêts contractée par elle, au titre de la garantie d'intérêts, et remboursement à la Compagnie du déficit de chacun des exercices 1918 et suivants jusqu'à mise en exécution de la convention.
En vertu de la nouvelle convention : Les pouvoirs du Gouverneur général en matière d'abaissement de tarifs sont élargis et fixés d'une manière précise :
La construction des lignes nouvelles et l'acquisition du matériel roulant sont à la charge de la colonie.
Les travaux complémentaires font l'objet d'un programme annuel soumis au Gouverneur général, qui en a la maîtrise. Une prime de gestion est prévue, comme dans la Métropole, en faveur de chacun des deux réseaux et de leur personnel, mais, bien que conçue dans le même esprit, cette prime différa un peu dans sa détermination, de celle de la Métropole.
Un régime d'emprunt pour travaux complémentaires est institué, avec observation d'une période d'amortissement n'excédant pas 60 ans.
L'affermage est donné à la Compagnie P.L.M. jusqu'au 31 décembre 1958, il ne pourra être résilié du fait de l'Algérie qu'après un délai de 10 ans à compter du 1er janvier 1922 et cette résiliation, dans ce cas, donnera lieu au paiement à la Compagnie d'une prime d'éviction.
L'achèvement du programme de 1907 se poursuit : après la mise en exploitation, en 1924, des lignes Ténès-Orléanville et Béni-Saf-Tlemcen et du tronçon Mascara-Dombasle de la ligne Tizi à Uzès le Duc en 1925, du tronçon Bouïra-Aïn-Bessem et de celui de Zemmora-Prévost-Paradol (celui-ci terminant la ligne de Relizane) qui a été ouvert à l'exploitation en 1926, le tronçon Ain-Bessem-Aumale ainsi que la section Mercier-Lacombe à Moulin-Cornut ( sur le Sidi-Bel-Abbès-Tizi) et celui d'Ain-Béïda-Tebessa.
Enfin 1927 a vu la mise en service de la deuxième section Dombasle-Uzès-le-Duc de la ligne Tizi à Uzès-le-Duc.
Les travaux nécessaires sont en cours sur la ligne de Constantine à l'Oued-Athménia et sur la ligne Bizot-Djidjelli, les seules du programme de 1907 qui ne soient pas encore ouvertes à l'exploitation.
Le coût du programme de 1907 s'élève, à l'heure actuelle, à plus de 262 millions de f. Le réseau ferré d'intérêt général entièrement racheté par la colonie, s'étend actuellement au 31 décembre 1927 sur 4.373 km, le quadruple au moins de son kilométrage de 1878. Il dépassera 6.000 km après l'achèvement des grands travaux en cours.
Le capital d'établissement des seules lignes en exploitation est évalué à près d'un milliard.
Le réseau algérien dispose d'un nombre de locomotives voisin de 700 et de quelques 12.000 wagons.
Ses recettes totales se sont élevées en 1927 à 294.200.000 f.
Entre temps, au cours de leurs sessions de 1920 les Assemblées algériennes avaient conçu un programme de travaux publics s'élevant à 2 milliards 6000.000 de francs dont 1.600.000.000 à provenir d'un emprunt autorisé par la loi du 23 juillet 1921.
Ce programme comportait des travaux neufs de chemin de fer pour 857.000.000 f Les lignes nouvelles prévues étaient celles que les difficultés financières d'après-guerre et le souci de la mise en valeur du sol par l'exécution en priorité d'importants travaux hydrauliques n'ont pas permis de commencer jusqu'ici.
On pouvait alors espérer que les chemins de fer Algériens allaient entrer dans une ère d'unification technique et de modernisation. En réalité c'est la période la plus dure de leur histoire qui s'ouvrait devant eux. Ils ont joué, en effet, un rôle très important dans la libération de l'Afrique du Nord, car c'est à eux principalement, qu'incomba la lourde tâche d'amener dans les plus courts délais, sur le front de Tunisie, les armées alliées et leur matériel après le débarquement.
Ils ont contribué ensuite, à partir de mai 1943, époque de la libération complète de la Tunisie, à la concentration dans les ports d'Algérie, d'une armée puissante qui devait délivrer la Sicile et l'Italie, puis libérer la Corse et la France. Les efforts que les Chemins de Fer Algériens ont dû accomplir pendant toute cette période, pour assurer régulièrement le transport massif des troupes, des munitions et du matériel de guerre vers la Tunisie ont été d'autant plus considérables qu'au moment du débarquement des alliés en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, ils se trouvaient dans une situation déjà très difficile, avec un potentiel bien diminué par suite des restrictions qu'ils avaient dû s'imposer depuis 1940.
Pour faire face au lourd trafic qui leur était demandé, trafic très défavorable au point de vue du rendement, en raison de la longue distance à parcourir et du sens prédominant de son courant d'Ouest en Est, les Chemins de Fer Algériens mirent tous leurs moyens à la disposition des besoins de la guerre.
Ainsi, pendant plusieurs années, le réseau Algérien s'était pratiquement isolé de ses sources normales d'approvisionnement en matières premières et pièces de rechange. Il n'a pu procéder à des réparations efficaces. Ses locomotives à vapeur ont été alimentées avec des charbons de qualité très médiocre qui ont abrégé la vie des chaudières. Enfin les transports intenses de la guerre, ont imposé au matériel, une fatigue telle qu'à la fin des hostilités, la totalité du parc était à renouveler.
Il fallait donc équiper le réseau en fonction de l'avenir, repenser tous les problèmes ferroviaires et réorganiser le chemin de fer en tenant compte des progrès scientifiques, techniques et aussi des profondes transformations survenues dans l'ordre économique et social. C'est pourquoi, à partir de 1945, l'énergie employée, les motrices, les wagons, la voie, la signalisation vont connaître une véritable rénovation.
Matériel Locomoteur
Le réseau des chemins de fer Algérien réunit à peu près toutes les conditions les plus défavorables à la traction vapeur : le charbon importé est très cher, les eaux sont très mauvaises et souvent rares, les profils sont particulièrement difficiles. En outre, la température très élevée pendant une bonne partie de l'année, rend très dur le travail des équipes de conduite. Les chemins de fer Algériens ont donc été amenés à rechercher d'autres techniques.
La solution de l'électrification ne fut pas retenue à cause des investissements importants qu'elle nécessitait, et du temps nécessaire pour exécuter les travaux alors que le rajeunissement du parc était urgent. L'industrie métropolitaine qui avait à faire face aux problèmes de la reconstruction, n'était pas en mesure de fournir dans les délais raisonnables, les engins et le matériel. La seule solution qui s'offrait aux Chemins de fer Algériens était donc la conversion de son réseau vapeur à la traction diesel. Les Etats-Unis avaient mis au point et construisaient en grande série, des types de locomotives Diesel électriques puissantes, et promettaient des engins de 1.5000V avec un délai de livraison de 7 à 8 mois.
Actuellement, la voie normale est entièrement diésélisée au moyen de 890 locomotives Baldwin et Alco de 1.000, 1.500 et 1.600 Cv. Elles assurent un service qui nécessitait plus de 300 locomotives à vapeur et le prix de revient Traction a baissé d'environ 30%.
C'est la faiblesse du rendement énergétique de la locomotive à vapeur qui explique son déclin devant les moyens de traction modernes. Le rendement à la jante de la locomotive à vapeur de type récent, utilisé dans ses conditions de fonctionnement les plus favorables, ne dépasse pas 11% tandis que la locomotive diesel permet de compter sur un rendement à la jante de 26%.
La différence des rendements Diesel et vapeur s'accuse encore si l'on fait état du rendement pratique au crochet, c'est-à-dire du rapport de l'énergie disponible au crochet de traction de la locomotive, une fois assurée la propulsion de celle-ci, à l'énergie contenue dans le combustible consommé. Ce rendement s'établit à 5,40% pour une locomotive à vapeur et à 17,5% pour une Diesel électrique. Comme le rendement reste encore très satisfaisant aux charges partielles, les économies de combustible sont particulièrement sensibles dans les cas généralement fréquents de marche à puissance très variable. La possibilité d'arrêter et de remettre en marche facilement le moteur Diesel accroît cet avantage. L'absence de consommation d'eau et la faible consommation spécifique de la machine diesel, jointe à l'emploi d'un combustible facile à manipuler et à haut pouvoir calorique confrère à ce mode de traction une grande souplesse d'emploi.
Tandis que la locomotive à vapeur doit être fréquemment ravitaillée, la locomotive diesel parcourt aisément un millier de kilomètres sans ravitaillement. Elle se prête beaucoup mieux que celle à vapeur à une utilisation intensive car il est possible de réduire la durée des immobilisations nécessaires pour l'entretien, alors que l'entretien courant des organes essentiels de la machine à vapeur, est nécessairement effectué sur la machine elle-même, en immobilisant celle-ci pendant toute la durée du travail, il est possible, dans le cas de l'engin à moteur diesel, d'opérer par remplacement les nombreuses pièces interchangeables et généralement facilement démontables qui le constituent.
Enfin la traction Diesel offre aux voyageurs, un avantage appréciable, par la suppression des fumées et des poussières de charbon.
En voie étroite, l'industrie Française a permis au réseau de réaliser une diésélisation partielle au moyen de fourgons automoteurs Dietrich de 420 CV, et de locomotives Alsthom-Sulzer de 1.000 Cv, quelques locomotives à vapeur circulent encore sur ces lignes, mais elles sont appelées à disparaître.
En sus des locomotives de route, les chemins de fer algériens, ont maintenant à leur disposition 47 locotracteurs diesel.
La diésélisation et la modernisation du réseau se sont également poursuivies dans le domaine des autorails. Lorsqu'il s'agit de trains de voyageurs légers, la locomotive constitue un poids mort considérable surtout sur les lignes à forte pente du réseau algérien où l'énergie nécessaire à la remorque de la locomotive proprement dite absorbe une partie importante de l'énergie totale mise en jeu.
Le parc autorail des chemins de fer algériens déjà important avant la guerre s'est vu renforcer de trois autorails simples et de douze autorails doubles de 600 Cv Dietrich.
Il reste cependant beaucoup à faire dans ce domaine et le parc devra être accru dans la mesure où les crédits d'investissement le permettront. environ
Ce nouveau mode de traction a entraîné une conversion des ateliers. Les établissements d'Alger sont maintenant chargés des locomotives diesel voie normale, ceux de Sidi-Mabrouk, des locotracteurs et autorails voie normale, ceux de Perrégaux, des locomotives Diesel voie étroite. Les ateliers sont outillés pour exécuter toutes les opérations importantes telles que la rectification des vilebrequins ou la confection de coussinets. Le personnel s'est parfaitement adapté à la nouvelle technique, alors que les effectifs utilisés dans les établissements travaillant pour le matériel locomoteur baissaient dans le même temps d' 40 %.
La réussite de cette conversion a amené les représentants des chemins de fer étrangers à venir étudier sur place la solution de leurs problèmes. C'est ainsi que les Chemins de Fer Algériens ont accueilli des missions d'études portugaises et irlandaises ainsi que des ingénieurs de la France d'Outre-mer désireux d'approfondir la question.
Le réseau électrifié, tout entier en voie normale s'est également développé. Dès 1930, les chemins de fer algériens avaient été conduits à électrifier la ligne de Bône à Oued-Kébérit dont le trafic atteignait déjà 2 millions de tonnes, sur une ligne à voie unique, à profil difficile avec de longues rampes de 25 m/m. Le courant électrique est fourni par la centrale thermique de Bône qui alimente à la fois, la ligne, la ville, la plaine de Bône et la région de l'Ouenza. L'énergie produite à la tension de 5.500 volts est élevée sur place, en vue de son transport, à 90.000 volts et distribuée par une ligne aérienne aux sous-stations de la voie ferrée situées à Bône, Medjez-Sfa, Souk-Ahras et Oued-Damous, ainsi qu'au poste d'Aïn-Chania où elle est abaissée à 30.000 volts pour être distribuée dans la région minière. Les sous-stations transforment le courant triphasé 5.500 volts, 50 périodes en courant de 3.000 volts. Les trois dernières, qui alimentent la partie la plus accidentée de la ligne, sont équipées pour la marche en récupération : les locomotives reçoivent à la descente du courant aux groupes convertisseurs qui, à leur tour, les renvoient par transformation à la ligne à 90.000 volts.
Matériel de remorque.
Les locomotives électriques au nombre de 31, sont du type CC à 2 bogies moteurs de trois essieux chacun. Elles sont munies de 6 moteurs de 1.500 volts couplés par 6, 3 ou 2, pèsent 120 tonnes et ont une puissance de 2.400 chevaux.
Depuis la guerre, l'électrification a été prolongée jusqu'à Tébessa où une nouvelle sous-station de transformation a été édifiée, et au Kouif, à 259 kilomètres du port de Bône, avec les antennes de Tarja, Ouenza et Bou-Kadra, le développement des lignes électriques atteint maintenant 310 kilomètres.
Or, le trafic des voyageurs des chemins de fer algériens est caractérisé par les longues distances séparant les grands centres, ainsi que le profil tourmenté des voies. Alger se trouve à 422 kilomètres d'Oran, 464 de Constantine et 652 de Bône et on rencontre sur ces distances des déclivités de 25m/m par mètre et des courbes de faible rayon. En outre, la puissance relativement faible des machines diesel destinées à la remorque des trains rapides conduisait à rechercher un important allégement des voitures.
La possibilité d'atteindre des poids très réduits par l'emploi de l'acier inoxydable, a déterminé le choix des C.F.A. Entre 1948 et 1950. 60 voitures en acier inoxydable ont été commandées à l'industrie métropolitaine. Les livraisons commencées en 1951, se sont terminée en 1954. Ces voitures ont une tare de 29.500 kg. L'ossature de châssis-caisse dessinée conformément au principe de la construction tubulaire, offre une grande résistance. Le confort et la décoration sont soignés, avec cependant la simplicité nécessaire à un entretien économique. L'isolement thermique et acoustique a été très poussé. Enfin, l'emploi de pièces d'usage courant pour les organes de choc et de traction, les bogies, les freins, soumis à usure, facilitent beaucoup les rechanges. Le gain de tonnage réalisé par l'emploi de ces voitures, a permis une accélération considérable des trajets.
En même temps, les voitures et fourgons choisis parmi les plus anciens et dont l'état laissé trop à désirer étaient retirés du service et liquidés.
Le programme de rénovation se poursuit par la commande de nouvelles voitures en acier inoxydable et par la métallisation des voitures à essieux.
Le parc des wagons et fourgons voie normale, comprenait en 1945, une proportion importante de véhicules dont la construction remontait aux environs de 1880. Le rajeunissement et l'amélioration de ce parc ont été effectués par l'achat de wagons nouveaux possédant de meilleures caractéristiques techniques ou commerciales, cédés par la S.N.C.F ou commandés à l'industrie métropolitaine et à la société Nord-Africaine de construction mécanique et ferroviaire de l'Allélick près de Bône.
Par application de dispositions analogues à celles retenues pour la voie normale, le parc de voitures et fourgons voie étroite s'est enrichi de véhicules métalliques à bogies. Les voitures nouvelles possèdent comme celles de la voie normale, des compartiments couchettes et des bars.
La charge utile comprise autrefois entre 10 et 20 tonnes atteint maintenant 30 et même 40 tonnes pour les wagons plats à bogies.
Dans le même temps, le frein automatique et la conduite blanche ont été appliqués à un grand nombre de wagons.
L'état moyen des wagons et fourgons voie étroite n'appelle pas de modernisation urgente. Une amélioration des roulements a cependant été amorcée sur un certain nombre de wagons par application d'essieux munis de boites à rouleaux.
Afin d'éviter des transbordements coûteux, des wagons ont été agencés par les ateliers du réseau, de manière à pouvoir circuler indifféremment sur la voie normale ou la voie étroite par simple échange de bogies.
En outre, depuis quelques années le chemin de fer a activement poussé la recherche de procédés permettant d'assurer le porte à porte dans de nombreux cas non justifiables d'un embranchement particulier. Telle est l'origine des containers ou cadres, qui permettent en outre, aux expéditeurs de conditionner leurs produits dans des emballages légers qui leur assurent une meilleure vente.
Pour ce qui concerne la manutention, le réseau s'est attaché à doter de portiques de 6 tonnes, plusieurs gares où la présence de ces engins s'avérait nécessaire. Ces portiques se substituent progressivement aux anciennes grues fixes dont l'utilisation est moins rapide et moins pratique, notamment pour la manipulation des containers. Les gares de transbordement possèdent des portiques de 10 tonnes. De plus, un certain nombre de grues automobiles de 6 ou 7 tonnes sont en service dans les établissements importants. Enfin, le transbordement des céréales en vrac se fait dans deux gares de jonction voie normale -voie étroite, à l'aide d'élévateurs à vis.
Voie
L'accroissement des vitesses et la nécessité d'augmenter sans cesse le confort des voyageurs ont amené le réseau à améliorer les conditions d'établissement des voies et leur entretien. A cet effet, on s'est tout d'abord attaché depuis quelques années, à obtenir de meilleurs tracés, autant que possible en alignement droit ou présentant des courbes de grands rayons, généralement supérieurs à 750 mètres. Les courbes raccordées en plan aux parties droites par des arcs de paraboles permettent, aux points de tangence, d'absorber progressivement et sans difficulté, même aux grandes vitesses, les effets de la force centrifuge.
Il a fallu ensuite étudier de façon toute spéciale, le problème de la superstructure afin de prévenir les causes de désorganisation et de vieillissement prématuré des voies.
Les joints qui réunissent les rails entre eux, sont toujours des points faibles de la voie, difficiles à maintenir en bon état et générateurs de chocs ou réactions. On a donc tout naturellement cherché à en diminuer le nombre en constituant des barres longues de rails soudées bout à bout. La technique de la soudure a été mise au point sous deux formes : soudure à l'arc électrique et soudure aluminothermique qui utilise la réaction de l’aluminium sur l'oxyde de fer. La première est utilisée en atelier parce qu'elle nécessite un appareillage important, la deuxième est pratiquée surtout pour la réalisation des soudures effectuées sur la voie elle-même.
1097 kilomètres de voie normale sont maintenant posés avec des rails de 36 à 72 mètres de longueur et 212 kilomètres de voie étroite avec des barres de 15 à 18 mètres. A titre d'essais, des barres longues de 800 mètres ont été réalisées avec appareils de dilatation à Duvivier, Bou-Maiza, sur Bône, Saint Charles et à Beni-Méred.
On empêche la dilatation de se produire dans les grandes barres en fixant énergiquement le rail aux traverses qui sont elles-mêmes ancrées dans le ballast. Le rail est alors soumis à des efforts de compression par temps chaud et de traction par temps froid et il faut rendre la voie très lourde pour s'opposer à sa déformation par flambage. Le réseau est donc conduit à abandonner progressivement la traverse en bois pour lui substituer une traverse imputrescible en acier ou en béton armé. Elles sont d'ailleurs l'une et l'autre, d'une plus grande durée que les traverses en bois et cette particularité espace des renouvellements de travelage réduisant de ce fait, les dépenses d'investissement. On utilise surtout une traverse mixte dont l'ossature principale est une entretoise en acier, à la fois élastique et très résistante, le béton armé constituant les blocs massifs situés sous chaque rail. Les blocs séparés ne sont soumis qu'à des flexions très modérées pour répartir les charges sur le ballast. Le béton armé avec son âme en acier et ses armatures secondaires, résiste alors avec d'autant plus d'aisance que la section des blocs peut être importante sans que l'ensemble de la traverse soit trop lourd.
Il faut encore fixer le rail énergiquement sur toute sa longueur, en lui interdisant tout glissement par rapport aux traverses. D'où l'intérêt d'attaches puissantes ne lâchant pas leur étreinte au passage des trains, ne nécessitant pas de fréquents resserrages, assurant ainsi une complète sécurité.
On peut dire que la suppression des joints et l'amortissement des vibrations génératrices d'usure ondulatoire, permettront d'augmenter durablement, la durée des rails sur les voies principales. Les attaches élastiques du rail sur les traverses feront disparaître presque complètement les lourdes dépenses de main-d’œuvre affectées autrefois aux resserrages et consolidations des tire-fonds et prolongeront la vie des traverses. Les opérations d'entretien du nivellement seront largement espacées.
Les qualités de la voie ferrée ne peuvent être maintenues qu'au prix d'une surveillance et de soins constants. Les moindres défauts, s'ils n'étaient pas corrigés en temps utile, s'amplifieraient rapidement. En ce qui concerne l'entretien proprement dit, les progrès ont été sensibles dans deux domaines : les méthodes de travail et l'outillage.
L'organisation des brigades en secteur d'entretien à longs parcours munis d'engins de transport motorisés, l'application méthodique d'un calendrier-programme, l'enregistrement systématique des résultats obtenus, permettant une normalisation et un contrôle efficace des travaux d'entretien et en augmentent le rendement.
La rectification du nivellement de la voie par la méthode du soufflage mesuré est un exemple caractéristique d'organisation scientifique du travail. Elle permet de déterminer la quantité de gravillons à introduire sous chaque traverse pour obtenir les relevages voulus. Cette méthode a considérablement amélioré la qualité du nivellement.
Des graisseurs de rails spéciaux ont été placés sur la voie et sont destinés à diminuer l'usure des rails dans les zones en courbes de faible rayon.
La tâche des agents des brigades a été allégée tout en améliorant le rendement, par l'emploi d'engins mécaniques : bourreuses, perceuses de traverses, tirefonneuses, grues sur chenilles pour le déchargement des traverses, grues adaptables sur wagons pour le chargement et déchargement des rails de grande longueur, machines permettant de réaliser économiquement le dégarnissage et le criblage du ballast, niveleuses pour le décapage et la réglage des plates-formes.
Un matériel destiné à faciliter et à rendre moins onéreux les divers travaux de déblaiement, les grosses réparations de plates-formes, les curages d'oueds et de fossés, la réfection des remblais qui doivent, être effectués rapidement pour maintenir l'intégrité de la voie ou le rétablissement de la circulation en cas de coupure a été acquis également. Ce matériel consiste principalement en tracteurs à chenilles de petite puissance pourvus d'angledozers, pelles de chargement, grues, draglines, excavateurs-chargeurs à godets, dumpers, rouleaux compresseurs, pilonneuses à moteur.
Le dispositif de ronde motorisée s'est substitué aux anciennes tournées à pied, au fur et à mesure de la réception de draisines légères. Une sérieuse économie de personnel qualifié a ainsi été réalisée.
Depuis 1949, un groupe semi-fixe de concassage a été installé à Ameur-el-Ain dans une carrière louée par le réseau. Deux postes de concassages actionnés par moteurs électriques fonctionnent aussi dans une carrière de Palestro. Le chargement se fait directement sur wagons au moyen d'élévateurs. Ces installations permettent d'alimenter une partie des lignes en gravier de soufflage et en ballast pour les chantiers de renouvellement.
Signalisation, Télécommunications.
Les points de croisement et de garage ont leurs aiguilles généralement immobilisées par des boulons spéciaux ou verrous enclenchés : plus rarement les aiguilles et arrêts mobiles sont tenus par des serrures ROURRE.
Il n’y a pas en principe, de signaux avancés mais seulement des tableaux d'indicateurs de vitesse ainsi que des signaux de position d'aiguille d'éclairage de nuit.
Actuellement 1.730 kilomètres de voie sont exploités en régulation complète.
Le régime de la signalisation simplifiée qui permet une exploitation encore plus économique est également appliqué sur les chemins de fer algériens mais n'est en vigueur que depuis 1953. Il intéresse 580 kilomètres de voies.
Ces simplifications et améliorations du service avaient pour condition préalable un certain nombre de perfectionnements techniques qui ont été introduits ou généralisés depuis 10 ans sur le réseau.
Des installations de passage en vitesse ont été établies dans les gares de la grande rocade qui n'en étaient pas encore pourvues, avec contrôle impératif permanent qui garantit la sécurité et permet la suspension du service pendant la nuit et certaines périodes de la journée.
La mise au point d'un bloc de voie unique destiné aux sections les plus chargées du réseau a été réalisé. Son utilisation permettra d'améliorer considérablement les conditions de sécurité entre Souk-Ahras et les Tuileries, en particulier, où circulent 47 trains par 24 heures.
Des panneaux à unités lumineuses à visière noire, munies soit de l'allumage permanent, soit de l'allumage d'approche ont été mis en place.
Dans les gares importantes, des postes de commande électrique à leviers d'itinéraire avec enclenchement d'approche et de transit s'opposant aux manœuvres intempestives ont été installés.
Les circuits dispatching permettent de relier téléphoniquement les gares et les postes à un agent unique, le dispatcher ou régulateur, toujours à l'écoute, qui trace au fur et à mesure le graphique vrai de la marche des trains. Ces circuits ont été étendus à toutes les artères importantes. Le régulateur connaît ainsi la position réelle de tous les trains. Il dispose également du graphique type. Il peut ainsi comparer continuellement la réalité aux horaires prévus, prendre toutes mesures d'urgence pour garer un train en retard, envoyer une locomotive de secours, organiser le dépassement.
Conclusion
On envisage d'utiliser sur les lignes secondaires à régulation complète, des circuits téléphoniques à appels sélectifs pour faire autoriser et contrôler par le régulateur l'exécution des manœuvres dans les garages. Ce dispositif permettra de libérer des clés à distance et mettra le chef de train dans l'impossibilité de récupérer un appareil téléphonique portatif tant que les clés n'auront pas été mises dans la position normale.
On étudie, enfin, une augmentation du débit des circuits existants par des dispositifs de courants porteurs.
Une reconversion ferroviaire ne peut jamais être considérée comme terminée. Elle doit être poursuivie dans le cadre de l'évolution des sciences, des techniques et des structures économiques. La qualité des moyens dont disposent les Chemins de fer algériens ne peut donner sa pleine efficacité que si des méthodes nouvelles en tirent un plein profit. C'est pourquoi le facteur commercial prend une place de plus en plus importante dans l'organisation du réseau. Dans ce domaine également, les progrès à accomplir impliquent une rupture avec les anciens errements et exigent l'application d'un esprit nouveau.
Les différents indices de productivité donnent une idée de l'effort accompli. Avec un parc locomoteur et remorqué réduit par rapport à l'avant-guerre, le nombre des voyageurs kilomètre est passé entre 1938 et 1954, de 559 à 871 millions et le nombre de tonnes-kilo-mètre de 918 à 1.223 millions. En même temps, le nombre des opérations de trafic par agent s'élevait de 78.119 à 151.363.
Ainsi les cheminots se sont adaptés aux transformations les plus profondes et ces chiffres montrent que si le rail est une industrie ancienne, il n'est pas une industrie qui vieillie et qu'il a su mettre les techniques les plus modernes au service de l'économie algérienne.
Pendant la guerre d'Algérie, les terroristes multiplièrent les attentats sur les voies ferrées, cela leur était tellement facile, en effet comment surveiller ces milliers de km de voies ferrées.
Nous remercions notre ami Constantinois DAUENHAUER qui nous a, avec ses photos, permis d'illustrer cet article sur les Chemins de fer Algériens.
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De Tassin... à Hermillon.
J.P. SIBONI Juillet 97
Echo de l'ORANIE Echo-Oranie N°253
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De Tassin... à Hermillon.
Aux liens qui nous unissent
Enfants rebelles, Savoisiens d'Hermillon,
Petit village, aux maisons coiffées d'ardoises,
Assis, sur un flanc du massif de la Vanoise,
Vous partiez un jour, vers ce bel horizon.
Emplis de rêves pour lendemains envieux
Façonnés par cet homme, à l'esprit érudit,
Qui donnait à ce groupe un espoir inédit,
Pendant ces douces veillées, aux moments heureux.
Emigrants, aux valises pleines de courage,
De volonté et d'un bel amour de la terre,
Qu'aucun sol n’arrête, même le plus austère,
Ils avaient aux yeux, les plus beaux mirages.
Privations, sacrifices ont dû dresser,
L'homme et les épreuves, face à face luttant,
Que l'unité de groupe, dans ces durs instants,
A su, dans cette belle harmonie, triompher.
Naissance d'un monde où, les chemins et jardins
Dominent les belles et fertiles prairies,
Présageant des moments de petits paradis,
Vivre en ce village, qu'on appelle... Tassin.
Algérie, rejetés de ta terre aussi pure,
Nos racines coupées d'avec toi, beau pays,
Ici, gisent nos morts, et nous t'avons bâti,
Sous ce soleil ardent, dans le bleu de l'azur.
Vous, qui recherchez à raviver ce passé,
Vers l'âme d'Hermillon, d'où l'espoir fut parti,
Réunir les enfants, de vos parents hardis,
Vous comblez nos cœurs d'émotions éprouvées.
Pour ces recherches et rencontres réussies,
Valérie Darbel soyez-en remerciée.
J.P. SIBONI Juillet 97
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LE MUTILE du N°99, 19 juillet 1919
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GASPARETTE Y SE GAGNE LA CROIX
Monologue dédié aux Mutilés
Un soir, la charge y sonne. Tous on court en avant.
Je vous jure, va khouia, que c'était foudroyant.
Et nous autres, vinga, coups de dents, coups de tête,
Pourquoi tous nous avions cassé la baïonnette.
Partout tu vois des oss ; partout tu vois la mort.
De la rage, le sang, parles yeux, y nous sort.
Après, tous on s'arrête et on pense à sa mère.
La pauvre, tout le temps y doit être en prière,
Y pense à son petit qu'il est mort ou blessé,
Qu'il a un bras en moins, le crâne escagassè .
Et, quand la nuit y vient, les blessés y se plaignent ;
Maman. ! Maman ! Maman ! Dans le sang y se baignent !
En l'air, tu vois voler des bandes de corbeaux.
Nous sommes des vivants qu'on est dans leurs tombeaux !
Un de la Cantéra, qu'on y dit Paloumetle.,
L'ancien salaouedji, le buveur d'anisette,
Çuilà-là qu'il était ; maigre comme un stokfich,
Qui vendait des z'amçons, des vers, et du broumich,
On y a crevé l'œil d'un éclat de torpille
Et ça li a donné la danse des anguilles.
Pan ! Pan ! la contre-attaque. « ''En avant donc, les gas. »
Et moi je bouge pas, pourquoi je fais figa.
Le caporal y vient" : « Et toi, tu fais la sieste ? »
- Pardon, mon caporal, une jambe y me reste
Et l'autre, je sais pas ousqu'elle est ? Oui, je vois,
Ce n'est rien, t'en fais pas, t'en auras une en bois.
Ça vaudrait mieux qui dit ousqu'il est la bulance.
Je souffre-un peu trop fort ; je perds la connaissance,
-Tout un coup j'ai tombé endormi et, total,
Je m'ai trouvé couché sur un lit d'hôpital !
Paloumetle à côté, dessous sa couverture,
A cause il est laouer, y cache sa figure.
Le Quatorze Juillet, que c'était festival,
Y vient des officiers avec un général
Qui m'a dit comme ça : « Tu t'as rempli de gloire,
« Je te fais chevalier. (D'un peu pluss j'ai la foire.
« Honneur à tes exploits, glorieux blessé.»
{La paille avec de l'huile y m'aurait pas passé.).
Partout j'entends : « Saha, vive toi, Gasparette. »
Et Paloumette y dit : «Ti payes la miquette. »
On arait dit un mort qu'il est dans le cercueil.
« Va-t-en la pillencoule ou je le sors l'autre œil. »
Pour finir, on nous casse un discours sur la guerre ;
Les roitelets, les rois, jetons-les tous à terre ;
« Qu'on les foute à la mer et qu'on n'en parle plus.
« Les rois, c'est des falso, vive nous, les Poilus. »
E. Brouel
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Algérie catholique n° 1, janvier 1938
Bibliothéque Gallica
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PENSIONNAT NOTRE-DAME DU SACRE-COEUR
Rue de Mostaganem — Oran
Le Pensionnat Notre-Dame du Sacré-Cœur a été fondé par Son Exc. Monseigneur Durand, évêque d'Oran, en 1924. Il a débuté modestement comme simple externat comprenant 4 classes, dans des locaux provisoires. Il n'a cessé de prospérer depuis sa fondation. En 1930 l'externat devenu insuffisant s'est vu augmenté de la demi-pension.
Enfin en 1935, Monseigneur l'évêque, cédant aux sollicitations de nombreux parents, a donné le couronnement à l'œuvre en ouvrant le pensionnat qui compte déjà à l'heure actuelle une quarantaine d'élèves et peut en recevoir davantage.
L'Ecole est ainsi entrée dans sa phase de pleine activité. Elle compte actuellement près de deux cents élèves et comprend toutes les classes d'enseignement secondaire (enseignement classique comprenant l'étude du latin et du grec). L'Ecole préparé aux examens du baccalauréat. En cours d'études elle présente également au certificat d'études primaires. Pour ces deux examens elle enregistre chaque année de nombreux et beaux succès.
Deux fois déjà ses élèves se sont classés premiers au baccalauréat et ont obtenu la mention Bien en Philosophie et en série A. Outre cette instruction classique, les élèves reçoivent l'enseignement des arts d'agrément : dessin et musique. Le développement du Corps n'est pas oublié.
Des séances d'éducation physique ont lieu régulièrement et des jeux, entre autres le Basket-Ball, sont organisés d'une façon habituelle tout le temps de l'année, Fondée et dirigée par Monseigneur l'Evêque, cette Ecole vise à donner une éducation foncièrement chrétienne, à cultiver dans l’enfant la conscience et le sentiment du devoir. Elle veut préparer pour l'avenir des chrétiens convaincus et pratiquants, des hommes dévoués à l'Eglise et à leur Patrie. Aussi, sous la direction de prêtres, les élèves sont-ils formés à la piété. Des cours d'Instruction religieuse se donnent dans toutes les classes.
Différents groupes de piété sont établis : Conférence de Saint-Vincent de Paul, Croisade Eucharistique. Des sections spéciales groupent aussi les chantres dans une chorale et les enfants de chœur dans une confrérie en vue de donner de la dignité et de l'éclat aux cérémonies du culte.
Les locaux devenus insuffisants ces derniers temps, l’école s'est vue ces vacances transformée, embellie et agrandie. Monseigneur l'Evêque a procédé å la bénédiction des nouveaux bâtiments le 21 octobre dernier. Ces nouveaux bâtiments dus au talent de M. Lellbach, architecte, forment un ensemble des mieux réussis. Ils présentent sur la rue de Mostaganem une très belle façade dominée par un fronton majestueux. Cette façade de style moderne, aux lignes sobres, aux fenêtres surmontées d'arceaux en plein cintre est du plus heureux effet.
A l’entrée, un atrium vaste et élevé à trois portes de fer forgé reçoit les visiteurs. Sur le derrière un préau-galerie donne accès à la chapelle ornée d'un bel autel de marbre rouge, aux cours de récréation et aux classes. On trouve répartis sur deux étages, chambres, cuisine, réfectoire, dortoir clair, gai et aéré, le tout d'une installation moderne et du meilleur goût.
Ainsi depuis ses 13 années d'existence l'Ecole n'a cessé de prospérer. Elle a achevé maintenant son développement normal. Elle doit apporter une large contribution à l’œuvre de Dieu dans le diocèse d'Oran.
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Conte municipal et antihygiénique
Bonjour, N°151 ; 25 novembre 1931 journal satyrique bônois.
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L’histoire d'un médecin, de sa poubelle et d'une dame qui n'était pas contente
Il était une fois dans une grande ville de l'Algérie du Nord un médecin, qui était extrêmement municipal, c'est pourquoi, contrairement aux autres citoyens, il ne respectait pas les ordonnances de sa municipalité et comme, par fonction, il eut dû être hygiéniste, il se moquait superbement des lois de l'hygiène.
- Devant sa porte, chaque matin, un chaouch déposait la boîte à ordures de la maison et ces boîtes, dans, cette ville ailleurs aussi s'appellent des poubelles, à l'instar de Paris !
Entre parenthèses, connais-tu, ami lecteur, l'origine de ce nom ? A Paris, un Préfet de la Seine ordonna à ses administrés, cet engin et exigea qu'il fût constamment muni d'un couvercle, ce Préfet s'appelait M. Poubelle. Depuis, il est mort alors qu'il était devenu ambassadeur auprès du Vatican. Comme quoi l'hygiène peut conduire aux grandeurs. Mais ça c'est une autre histoire.
Or, la poubelle de notre médecin, haute, ventrue, spacieuse, était toujours sans couvercle et le passant pouvait contempler, sans plaisir, les résidus de cataplasme, des pansements couverts de pus et ces sanies de couleurs diverses et répugnantes qui font penser à l'horrible conte d'Huysmans intitulé « L'Omelette aux confitures ».
Un jour, une dame ayant affaire dans le quartier, remarqua la poubelle qui attira son attention par ses débordements inusités et son odeur. C'était une Française qui avait apporté de la Métropole quelques idées du respect que l'on doit à la santé de son prochain.
Surprise de l'incongruité commise, elle regarda l'immeuble devant lequel la poubelle était installée et, sur une plaque, contre la porte lut, avec stupéfaction, le nom d'un médecin.
Elle, demeura interloquée un moment puis partit vaquer à ses occupations.
Quelques instants après, elle passa de nouveau et vit, cette fois, auprès de la poubelle, un enfant qui, de sa main sans précaution, prenait dans le récipient empesté un paquet de pansement et le dépliait avec curiosité.
La dame, qui était prompte, fit un bond et arracha les toiles polluées des mains de l'enfant. Elle parla très fort et des voisines sortirent sur le pas de leurs portes.
N’avez-vous pas honte, dit la dame, vous tolérez ces sale tés aussi près de chez vous et vos enfants peuvent fouiller dedans comme le font les chiens dans les ordures - ? » Ah ! ma brave dame, fit une bonne vieille, il y a longtemps que nous sommes empestées par ces horreurs, surtout en été. Mais, continua-t-elle, alors que ses voisines hochaient la tête, que voulez-vous qu'on dise ? Ce médecin est un ami intime du Maire ! »
–Et puis ? demanda la dame dont l'âme était simple.
Et puis ? vous dites ! Ah ! bien ! si on protestait, on en aurait des ennuis ! » La dame était verte de colère :
Vraiment ! s'écria-t-elle. Alors parce que cet homme est médecin et que, par conséquent, il devrait veiller plus que quiconque à la santé de ceux qui l'entourent ; parce qu'il est l'ami du Maire, il a le droit, ou se l'arroger, de semer, par sa négligence ou son inconscience, les germes des maladies qu'il soigne ? » Elle parlait bien la dame française.
Elle fit mieux : Agent ! criait-elle à un policier qui passait en uniforme, je vous prie de constater que non seulement cette poubelle n'a pas de couvercle mais encore qu'elle contienne d'immondes saletés.
L'agent, qui connaissait les mœurs municipales de sa ville et aussi le médecin dont il était question, hésita.
Au même, instant, le docteur surgit. Il avait été alerté par son chaouch, lequel, attiré par le bruit, avait vu la scène. C'est un bon gros. On affirme qu'il n'est pas méchant mais qu'il est bébête. Il est de tempérament pacifique mais violent par intermittences. Lorsqu'il parle il bafouille et lorsqu'il crie il zozote.
Il cria, Madame, fit-il, outré, de quoi vous mêlez-vous ? »
De ce qui regarde tous les habitants de cette ville, répliqua la dame, qui n'avait pas la langue dans sa poche. Vous n'avez pas honte, vous, un médecin ? Tenez ! cet enfant tripotait, tout à l'heure, dans vos saloperies.
On ricanait sous cape. Le docteur était écarlate. La discussion s'envenima. Le médecin eut un geste violent en s'approchant trop près de la dame.
Quoi ? s'écria celle, voulez-vous parier que je vous donne une paire de gifles ? »
On s'ameutait. Le bon gros qui n'est pas brave, s'enfuit tout éperdu. L'agent avait disparu.
Les voisines riaient. Si le médecin écouta derrière sa porte, il en entendit de toutes les couleurs, comme celles de sa poubelle.
Enfin, la dame s'en fut. Elle habitait la banlieue et, dans l'autobus qui la transportait, elle conta, très haut, l'histoire à ses compagnons de voyage.
Comme elle a de la verve - c'est une méridionale elle fit rire aux éclats son auditoire.
Toute la ville le sut.
Et voici comme quoi un médecin de cette ville d'Algérie, qui est un bon gros pas méchant mais bébête, devint odieux un peu et ridicule extrêmement.
P. Marodon
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ALGER ETUDIANT
N° 3. - 1er Mars 1934. Source Gallica
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| Chantecrabe !
Si ça peut vous faire plaisir,
C'est sur un rythme aquatique
Que je vais vous entretenir ;
Tâchez donc de bien vous tenir
A cause des... transes atlantiques !
On le prétend de tous côtés,
Parmi les poissons patriotes
Que l'on savoure avec fierté
Rouget... de l'île de Beauté
Est succulent en papillote !
Heureux en choix, coquin de sort !
C'est pour nous, agréable tâche ;
Voulant toujours boucher le port
Tenons la sardine au corps-mort
Pour que jamais on ne... la lâche !
Les bigorneaux sont des toqués,
Ainsi lorsqu’aux jours de carême
Tinte le quart...naval au quai
Il s'échappe aussitôt des qués...
Aco ! ! et puis rentrent en eux-mêmes !
De par ses yeux de merlans frits
N'ayant pas une vue sûre
Celui-ci dit, aussitôt pris,
Au pêcheur qui en est surpris :
Tu es, en mer, lent, je t'assure !
Quand nous tombons sur un oursin,
Qu'il soit juif ou catholique,
Même s'il nous apparaît sain
De corps, laissons-le à dessein,
Parce... qui s'y frotte, s'y pique !
C'est bien tel que je vous le dis,
L'époque où le poisson s'accroche
Sans mordre à l'hameçon maudit
C'est la semain' des quatr'chadis,
Mettez-vous ça dans la... caboche !
J'aime surtout quand il fait froid,
Les belles pieuvres de la Manche ;
En m'en apprêtant cinq par mois
J'ai, chez moi, tout comme Henri-Roi
Le... poulpe au pot chaque dimanche !
Sujette aux méchants courants d'air,
La tchelba s'éclipse en vitesse ;
A toujours un pet de travers...
S'il fait un temps de chien... de mer
De... tempêter serre les... jambes !
Moi qui lanterne à ma façon,
Ne prenant rien pour des vessies,
J'obtiens la clé et l'écusson
Eclairés par ces deux poissons :
Saint-Pierre et le t'sard...de Russie !
Oh ! sans passer par l'isoloir
Nous pouvons causer politique :
Quand vous verrez sur le trottoir
L'œil de la raie au beurre noir
Criez : à bas la ...raie publique !
Soldat, crains-tu donc ma chanson
Pour me menacer de ton sabre ?
Quand je fais chanter les poissons
N'imite pas le canasson :
Non ! faut pas que mon chant..te..crabre !
ENVOI
Au Môle et pour passer mon temps
J'ai fait tous ces... vers à la hâte ;
Voulez-vous donc, cher débutant,
En peu de jours en faire autant ?
Devenir poète épatant ?
Arrosez les blocs de sulfate !
Marius O.
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ECOLE MARCHE AUX BLES 1951-52
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Les Souliers
Par Christian VEBEL
ACEP-ENSEMBLE N°276
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Ex-chansonnier des théâtres "Les Trois Baudets" à Alger
"Les Deux Anes" à Paris !
Quand ma pensée s'en va vers l'Afrique du Nord,
Je me sens, tout à coup, bourrelé de remords,
Que l'Algérie fut une province française,
S'est évident bien sûr...bien qu'à tous ça ne plaise !
Que des hommes aient fait d'un bled, qui n'était rien
Ce beau pays algérien,
Nul ne peut dire le contraire,
Et savez-vous de qui furent les grands-pères ?
Vous seriez étonné d'en apprendre les noms.
Qui, Vaillard est sétois, René-Paul est breton,
Mais moi, pur parisien, je suis de Kabylie,
Je suis natif d'El Kseur, à deux pas de Bougie,
Et notre Roméo, oui Roméo Carlès,
Est natif d'Oran, ou de Sidi bel Abbés.
Tenez, Colette Mars, encore une Algéroise...
Et le Maréchal Juin de l'Académie Française,
Est aussi de là-bas, comme Pierre Blanchard,
Et le clown Zavata, et l'auteur Paul Achard ;
Ces acteurs honorant la Comédie Française :
Aimé Clarion, Bertheau sont de souche oranaise,
L’écrivain Paul Vialard, Yves Vincent aussi,
Marie-José, Françoise Arnoul et Rossoti,
Vous ne vous doutiez pas d'une telle série
D’artistes parisiens produits par l'Algérie
Oui...vous la connaissez si mal en général !
Mais Alger ! c'est Bordeaux, ou Marseille, ou Laval,
Oran, mais c'est Strasbourg, à moins que ce ne soit Lille,
Et Tours ou Châteaudun... disons Philippeville !
Seulement, ces temps-ci, il faut compter là-bas,
Avec un mécontent...un certain fellagha.
Et petit fellagha, c'est à toi que je pense,
En voyant ta rancune à l'égard de la France,
J’ai beaucoup réfléchi, et ma méditation,
M’a décidé à venir te demander pardon.
Oui, pardon fellagha, pardon pour mon grand-père
Qui vint tracer la route et labourer la terre ?
Il est tombé chez toi, il a tout chamboulé :
Où poussaient des cailloux, il a foutu du blé
En mettant après ça, le comble de l'ignoble,
Où poussaient des cactus, il a fait un vignoble !
Pardon, cher petit fellagha,
Pardon pour tous ces dégâts !
Et mon affreux grand-père, il faut qu'on le confesse,
N'était pas le seul de son espèce !
D'autres scélérats ont bâti des cités,
Par surcroît de férocité,
Ils y ont installé l'eau, l'électricité,
Et tu n'en voulais pas, c'est la claire évidence,
Puisque, avant qu'arrive la France
Tu n'avais, en dehors de la casbah d'Alger,
Que, la tente, ou bien le gourbi, pour te loger,
Et tu t'éclairais à l'huile.
Nos maisons, bien sûr, pour toi, c'était une tuile,
Et l'électricité, là encore soyons francs ?
Tu ne demandais pas qu'on te mette au courant
Tu t'es habitué à ces choses infâmes,
Mais à regret, la mort dans l'âme...
Stoïquement d'ailleurs supportant ces malheurs,
Avec courage et bonne humeur,
Même tu t'engraissais, mais de mauvaises graisses,
Car tu prenais le car (une invention traîtresse),
Ce même car que, pris d'un délire divin,
Tu devais, un beau jour, pousser dans les ravins.
Je comprends ta rancœur, je comprends ta colère,
Tu n'es pas au niveau des arabes du Caire,
Tu gagnes et tu vis mieux qu'un fellah égyptien,
A quoi Nasser ? Nasser à rien,
Nous avons massacré tes lions, tes panthères,
Nous avons asséché tes marais millénaires,
Les moustiques sont morts ! les poux...de profundis..
Nous avons tout tué...même la syphilis,
Ah, pardon fellagha, pour de pareils carnages,
Nous avons fait tout ça... c'est bougrement dommage,
Car si d'autres idiots, l'avaient fait, inspirés,
C'est nous qui, maintenant, viendrions "libérer"
Et bouffer, les marrons cuits par ces imbéciles.
C'aurait été moins long...et beaucoup plus facile !
Bien pardon, fellagha, de t'avoir mieux nourri,
De t'avoir vacciné, pour le béribéri,
Et d'avoir, à tes pieds nus, mis, ô maladresse,
Ces souliers...
Dont tu voudrais nous botter les fesses !
Christian Vebel
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ECOLE MARCHE AUX BLES 1952-53
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LA NATATION A BÔNE
Par R. RIBOUD
ACEP-ENSEMBLE N°276 février 2011
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Avant toute chose, il est bon de rappe¬ler que beaucoup de clubs et d'activités sportives furent créés à la fin du 19eme siècle par des citoyens Britanniques rési¬dant dans notre pays.
A Bône l'Union Sportive Bônoise qui surclassait au début du siècle précédent le Cercle des Sports, le Stade Colonnois et le Racing était le seul qui possédait une section de natation dont l'entraîneur était le vice-consul d'Angleterre M. BURGESS. Après-guerre, le 5 août 1919, ces clubs donnèrent par fusion l'Association Sportive Bônoise qui devint le club doyen.
Dès 1907, l'USB avait organisé sur une distance de 7,500 km une épreuve de grand fond Cap de Garde-Port de Bône, intitulée "Championnat de la Méditerranée". C'est un Bônois, Joseph CAUCHI qui l'avait emporté devant THEURIET du S.C.U.F., DRIGNY du Club La Libellule (et sera plus tard Président de la F.F.N.) et Léon JOUHAU (le futur chef syndicaliste et président du Bureau International du Travail de Genève), tous issus de clubs parisiens.
En 1908, la même épreuve fut rempor¬tée par THEURIET du S.C.U.F. devant CHABERT de l'U.S. Bône. CAUCHI souf¬frant n'avait pas défendu son titre.
La guerre 1914-1918 mit fin à cette épreuve. En 1919, le nouveau club omnisports ASB, eut une section de natation très active sous la direction de Georges CREUGNET, beaucoup d'athlètes des autres sections en feront partie.
La première traversée du Port de Bône eu lieu en 1921 et fut remportée par CRESCA d'Alger, le bônois CREUGNET terminait second.
En 1922 deux traversées du port furent organisées, l'une internationale rempor¬tée par MAGDALENA (Oran) devant CRESCA (Alger) et CREUGNET (A.S. Bône). L'autre réservée aux Bônois qui vit la victoire de CREUGNET spécialiste de natation devant CHIBALI, ce merveilleux avant-centre de l'équipe de foot¬ball de l'A.S.B. et de la section départementale.
TRAVERSEE DES PORTS DE BÔNE ORGANISES PAR Roland RIBOUD
(Secrétaire Général de l'A.S. BONE NATATION EN SEPT. 1950.
UNE PARTIE DES SPECTATEURS A L’ARRIVEE DEVANT LA CIE SCHIAFFINO.
En 1923, le départ de CREUGNET et des turbulences politiques et sportives au sein du Comité de l'A.S.B. mirent fin à la section de natation dont beaucoup de dirigeants et nageurs firent les beaux jours du Cercle des Nageurs de Bône et de l'Association des Etudiants de Bône avec notamment BLANC qui implanta le water-polo à Bône.
Le 30 mars 1942 la fusion A.S.B-A.E.B. de BLANC, SULTANA, SPOSITO mar¬quera le retour de la natation au club doyen. Hélas, la reprise des hostilités pour la Libération de la Patrie avec les alliés américains et anglais arrêta jusqu'en 1946, l'activité sportive.
En 1946 les jeunes nageurs formés par BLANC avant-guerre, sont de retour pour la Traversée de la Petite Darse du Port sur le trajet Sport Nautique-Compagnie Schiaffino. Roger BOURUT gagne devant le champion de France BOBCOFF de l'U.N.I. Constantine, son frère aîné Albert BOURUT, Jacques TEDDE du C.N. Bône et son jeune frère Emile BOURUT, l'A.S.B. l'emporte au classement par points.
En 1947, sous l'entraînement de Jean SULTANA, la seconde édition de la Traversée de la Petite Darse a lieu, remportée par Albert BOURUT et l'A.S. Bône qui gagne la Coupe de la Municipalité grâce au classement de ses frères Roger et Emile, ce dernier champion départemental du 1.500 mètres.
De la Jetée Babayaud entre l’avant-port et la Grande Darse
24- Sept. 1950 - Traversée des Ports de BONE. Les nageurs à la passe
En 1950, le Secrétaire Général RIBOUD, le Trésorier Joseph SINICALCHI et l'Entraîneur Jean SULTANA décident d'organiser l'ancienne épreuve "La Traversée du Port de Bône" 2.400 mètres depuis la Jetée du Lion, avec le concours des Ingénieurs du Port et du Commandant MORVAN, de la Chambre de Commerce, des pilotes et canotiers du Service de Pilotage, des Compagnies Maritimes, des Commerçants de la Ville et du Sport Nautique qui dotent l'épreuve.
Enorme succès sportif et populaire puisqu'une dizaine de clubs participent ce 24 septembre. La Ligue de Natation et les Commissaires sont à bord du remorqueur HIPPONE comme les représentants de la presse. MONTSERRET de l'UNI Constantine gagne devant CADDEO
(ASPTT de Constantine) les frères Albert, Emile et Roger BOURUT de l'A.S. Bône, BACHARA du C.S. Constantine, Roger GRELLAT de l'ASB. L'ASB enlève les classements par équipes de 3, 5, 10 nageurs.
En 1951, nouvelle édition le 25 août, sur le même trajet, Albert BOURUT aban¬donne malade, dans la Grande Darse, mais la fratrie BOURUT l'emporte grâce à Emile qui bat le record de l'épreuve de plus d'une minute devant Roger et son camarade de Club GRELLAT. Suivent les Philippevillois BUOMO, TALERCIO, MAX et GUERMECHE, tandis que le Djidjellien OUAAR et l'Aviateur THEOLAL s'inter¬calent au 5eme et 7eme rang. L'A.S. BONE remporte les coupes par équipes de 3 et 10 nageurs. Le R.C. Philippeville celle de 5 nageurs.
La belle équipe de l'AS BONE remet le couvert 15 jours plus tard à Philippeville trustant toutes les coupes grâce aux frères BOURUT, Roger GRELLAT, E. BOURRET, COMTER, les frères ABDER¬RAHIM Nono et Kamel, le vétéran MARQUES, CROS et Georges ROSSIUS. La première place était pour MONTSERRET de l'UNIC.
TRAVERSEE DES PORTS DE BÔNE, 25 AOUT 1951
BOURUT Emile (à gauche) –
2""' BOURUT Roger à droite) et GRELLAT Roger (au centre)
Les nuages politiques de 1952 et l'arrêt du secrétaire général de l'A.S.B. Natation, mirent fin à cette épreuve de toute valeur sportive.
R. RIBOUD
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Bonne fête ma manman Pieds-Noirs
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°185 mai 2010
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Nous ne disions pas maman mais manman à toutes ces mères à qui nous devons tant ? Nous sommes Pieds-Noirs grâce à ces femmes qui porteuses du poids des coutumes, des traditions de l'Histoire et des histoires familiales.
Elles nous ont transmis cet héritage mémoriel comme nous disons aujourd'hui.
Elles ont tout vécu, tout subi, tout enduré pour sauver leur famille et leur terre.
En cette Fête des Mères 2010, qu'il nous soit permis de parler d'elles et de leur rendre l'hommage qu'elles méritent et pour nous mettre dans l'ambiance racontons cette histoire :
C'est cette mama Pieds-Noirs dont le fils n'a rien trouvé de mieux que de tomber amoureux d'une Patos...
Le fils vient tout juste de lui apprendre qu'il veut l'épouser. En larmes elle lui dit :
- Alors ça y est, tu ne penses déjà plus à moi !
- Mais bien sûr que si maman
- Et si cette fille ne m'aime pas, est ce que tu viendras quand même me voir ?
- Évidemment maman
- Même si elle te l'interdit ?
- Oui !
-... Tu es un bon petit... Mais quand même...
- Quoi encore ?
- Pourquoi as-tu choisi une Patos qui en plus ne m'aime pas alors que je ne lui ai rien fait ?
Le stéréotype dit de la mère Pieds-Noirs peut désigner la mère-courage d'une famille nombreuse. C'est un stéréotype classique de la mère méditerranéenne depuis la nuit des temps. Rappelons-nous, à Souk-Ahras, Sainte Monique et son fils Augustin. Elle a tellement prié devant la vie dissolue de son fils qu'elle a fini par le convertir et en faire un saint. Monique est devenue la patronne des mères de famille.
C'est vous dire !
Bien que le type de relation évoqué soit classiquement de type mère fils, on peut sans problème l'étendre aux relations mère-fille.
Le personnage de la mère Pieds-Noirs a été incarné au cinéma par Marthe Villalonga, qui depuis « Un éléphant ça trompe énormément » a souvent été employée pour ce personnage.
La mère juive est un personnage proche de celui de la mère Pieds-Noirs, tel que Guy Bedos par exemple l'a utilisé dans ses sketches à propos de sa vraie, ou supposée telle, mère. Guy Bedos jouait par ailleurs le fils étouffé de Marthe Villalonga dans « Un éléphant ça trompe énormément ».
Quels sont ses traits de caractère car elle en a beaucoup de caractère :
- une fierté excessive des réussites, même mineures voire imaginaires de leurs enfants. Elles parleront toujours de « Mon fils, le docteur », ou « Mon fils, l'avocat ». Dans « La Vérité si je mens », on entend la blague suivante : une mère de chez nous court sur la plage, criant : « Au secours ! Mon fils avocat se noie ! »
À l’inverse, une mère ne cessera de se plaindre si elle estime qu'ils n'ont pas (assez bien) réussi (à leur goût) dans le domaine culturel, financier, voire et surtout amoureux !
Il n'y a rien de pire qu'une mère Pieds-Noirs, sinon une belle-mère Pieds-Noirs.
Elle materne son enfant jusqu'à l'âge adulte, voire au-delà.
- Ses certitudes sont érigées en principe d'éducation. À cet égard, la phrase qui nous marquera à vie c'est « Mange, mon fils, mange » et grâce à Dieu d'inviter tous nos copains et copines. « Quand il y a, à manger pour cinq ; il y a à manger pour dix ».
Il y avait de toutes façons un matelas sous un lit pour l'invité surprise.
- Elle ne cesse de s'inquiéter pour ses enfants, exagérant, mais rien qu'un peu, les « dangers ».
- Elle valorise l'obéissance, voire la soumission de ses enfants, d'où la théorie freudienne : « Tant qu'il aime sa mère ! »
- Elle use et abuse de la culpabilisation afin de manipuler ses enfants.
Rappelez-vous ; Qu'il ne t'arrive rien sinon je te tue et je me tue juste après ». Ou encore : « Faites cadeau à votre fils de deux chemises sport.
La première fois qu'il en met une, regardez-le avec tristesse, et dites-lui d'un ton pénétré : "Alors, et l'autre, elle ne te plaît pas ?"
Ce « syndrome » d'une forte figure maternelle résulte probablement de la place traditionnellement attribuée aux personnes dans la cellule familiale, l'homme s'occupant des affaires du monde « extérieur » (les affaires et la politique), tandis que la femme a la charge du monde « interne » de la famille et du foyer.
L'adulation de la mère par son fils, bien que sans description ironique, est une constante frappante de l'œuvre de Marcel Proust ou Albert Cohen par exemple.
La pièce de théâtre « Comment devenir une mère juive en 10 leçons » de Paul Fuks, d'après Dan Greenburg, a été créée en 1983 avec Marthe Vilalonga dans le rôle de la mère et André Valardy dans celui du fils.
En 1990, c'est Ludivine de Chastenet qui a repris le rôle. Cette pièce a dépassé les 4 000 représentations, en France.
Extrait : Le fils : Bonjour M'man.
La mère : Oï, tu es si beau que je ne t'ai pas reconnu !
Rien que pour cela, on vous aime.
Bonne fête manman !
Jean-Marc Lopez
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Piqûre de Rappel
VERITAS OCTOBRE 2010
Envoyé par M. Alain Algudo
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« POUSSE-BITUME »
S’il est un combat prioritaire mené par VERITAS, c’est celui de la VERITE d’où découlera naturellement LA JUSTICE. Et cette vérité, tel ce champignon qui inexorablement soulève les chapes les plus dures pour apparaître à la lumière, nous commençons à l’entrevoir à travers de courageuses, mais hélas encore trop timides interventions et déclarations de jeunes hommes, élus pour qui le politiquement correct ne peut passer outre ce qui leur apparaît être aujourd’hui, grâce à notre travail à tous, une évidente tragédie due à la folie d’un homme. Cette barrière qui emprisonne l’information à sens unique se craquelle, il ne peut en être autrement.
Mais hélas, nous pouvons encore aujourd’hui lire et entendre des individus et des médias contester l’incontestable. Comment peut-on passer outre des faits et des déclarations indéniables assénées sous la houlette de notre regretté Président, depuis un demi-siècle maintenant, et qui n’ont fait l’objet d’aucune réplique tant les preuves que nous détenons d’une tragique trahison sont indéniables.
« Charles DE GAULLE ne fut pas seulement un fieffé menteur que tout le monde honnête sait, mais il fut principalement un colossal idiot puisqu’il massacra l’Algérie française pour empêcher la France algérienne, alors que c’est exactement l’inverse que son savant et très cruel calcul obtint. »(Vitus)
Alors cette vérité, Messieurs les hommes politiques qui avez encore une conscience, essayez de la regarder en face, et là je ne m’adresse pas à ceux qui ont eu toujours le sens de la patrie sous la semelle du soulier au profit d’une idéologie de mort étrangère, où à ceux qui aujourd’hui sciemment et électoralement, préparent leurs conversions ou, inconsciemment, leurs cercueils, ni à ceux que le « Général micro» a « sectarisé » à vie, mais à la majorité de ces jeunes hommes qui aiment leur pays, qui aiment son histoire, qui sont friands d’apprendre, et pour qui, espérons le, la vérité à une importance capitale.
Nous ne sommes pas là pour imposer la nôtre, nous ne sommes pas là pour imposer quoi que ce soit, nous demandons simplement que l’on nous dise une fois pour toutes que nous nous trompons et que nous avons fait un cauchemar, que l’homme providentiel l’était aussi pour notre communauté et que les dizaines de milliers de morts dont il est le responsable, font aussi parti de ce cauchemar.
Mais non, vous nous avez broyé le cœur, vous voulez à tout prix nous voler notre âme !
Alors nous attendons des arguments pour expliquer une félonie qui se traduit par des réalités historiques qui semblent n’appartenir qu’à nous.
Alors peut-être sous la forme d’un questionnaire que nous vous proposerions, nous serions heureux que vous nous expliquiez pourquoi ce jeu de duperie à existé alors qu’il aurait été si simple d’annoncer les intentions cachées que certains, plus éclairés que d’autres, connaissaient pour avoir subi déjà « les abjections » de l’ignoble personnage, et que vous nous expliquiez aussi pourquoi, en connaissance de cause, vous restez attachés à un homme dont « la gloire » ne repose sur aucun fond de réalité.
Abjections, en effet, comment trouver encore un autre qualificatif face à l’immonde tromperie d’un homme qui affirmait nous « comprendre », représentait le salut, et qui ne généra qu’une tragédie préméditée dans le but d’un bradage d’une partie du territoire national par le moyen le plus vil de la mystification, mais pas n’importe laquelle, une mystification basée sur un comportement de psychopathe pour anéantir un pays et un peuple.
Et s’est enclenché alors le grand jeu de mots de mort, des mots d’un poids et d’un sens qui ne peuvent appartenir qu’à un être infernal et dont l’orientation préméditée pour un résultat sanglant qui sera à l’image historique du personnage diabolique : Nous étions tous « dans toute l’Algérie que des Français à part entière », il venait de découvrir l’eau tiède, lui « le sauveur de la France » plongé dans le « pea soup Fog » Londonien pendant que les armées débarquaient sur les côtes de Normandie et en Provence.
Puis c’était la grande déclaration d’amour aux Oranais le 7 juin 1958, jurant que « la France était là pour toujours » dans cette « chère grande ville Française d’ORAN » qu’il jurait tant « aimer » et qu’il « saluait ! »
Mais déjà le venin était distillé, le reptile allait bientôt frapper !
Ne reculant devant rien, il poursuivait son travail d’abus de confiance, de dissimulation, de duperie, et quand, à quelques mètres de lui, je l’entends crier que mon pays restera mon pays… la France, alors avec le recul du temps je me conforte en me disant que j’ai appris ainsi à ne plus faire confiance à ces hommes pour qui seul compte la soif du pouvoir, les moyens les plus hideux ne les rebutant jamais.
Nous avons encore en ce moment la démonstration d’un parjure que nous avons été quelques uns à prédire en 2007 !
Et « les hécatombes » qu’il avait prévues dans sa déclaration du 30 octobre 1959 sont devenues réalités car il a été assez « stupide et lâche » pour tout abandonner ! Ce drapeau honni, lui « vivant », a flotté sur Alger, il a cautionné « sa fumisterie de l’indépendance » en « passant la main aux insurgés » après son appel aux musulmans leur demandant de venir à « La France », et qu’elle « ne les abandonnerait jamais !»
En mission pour VERITAS, j’ai eu la chance que notre jeune Président, Jean-Marie AVELIN, me rejoigne accompagné de représentants associatifs Harkis en présence et en présence du Chef du Service Départemental de l’Information Générale de l’Aude.
Dans le cimetière Harkis de PUJOL DE BOSC, sacrifié à des fins mercantiles, véritable indignité sur le sol National, des yeux vous regardent d’outre-tombe, Messieurs « les godillots ! »
Nous nous sommes donc rendus sur les lieux, une petite route en cul de sac, un hameau perdu dans la montagne, que nous nous représentons il y a cinquante ans en arrière, innommable endroit à l’époque, où celui qui a osé faire vivre là une communauté meurtrie et désemparée a commis un attentat contre la simple décence humaine ! Eh bien chers compatriotes, ils l’ont fait ces représentants d’un pays qui venaient de se comporter en criminels en Algérie. Le pays des « Droits de l’Homme » a signé l’infamie : ils ont osé ! Pour camoufler leur félonie envers les Harkis, il fallait que le peuple de métropole conditionné ne sache pas que des Français musulmans avaient fait le choix de la France pendant le conflit. Alors tous les moyens étaient bons, l’abandon désarmés sur place, ou le renvoi et l’égorgement en Algérie, et rayer de la carte de France les quelques survivants avec des moyens qui en disent long sur l’état de dépravation mentale d’une idéologie qui ose encore aujourd’hui faire référence au donneur d’ordres que nul adjectif ne peut qualifier en l’occurrence. Et le petit cimetière de ces compatriotes assignés à « résidence », que l’on a « effacé » dans les pires conditions, seul vestige d’une incommensurable souffrance, il fallait évidemment aussi le faire disparaître !
C’était sans compter sur certains pour qui la mémoire, l’honneur et l’abnégation ne sont pas de vains mots.
Alors que l’on vienne nous dire maintenant que cet « effaceur » sans entrailles est aujourd’hui le plus grand Français de tous les temps ?….non, ce n’est pas cette caricature… la France, il n’y a qu’un monstre et de minables adorateurs pour faire d’un honteux prédateur un héros national, il n’y qu’un état d’esprit en décomposition avancée qui puisse associer un criminel à la splendeur de cette France millénaire qui n’a heureusement que faire d’un tel « exemple !»
Et il est statufié le monstre ! A MONTPELLIER on se console quand on le voit, bien à sa place en l’occurrence, à côté d’un autre révolutionnaire sanguinaire. Mais leurs présences ne sont-elles pas une insulte aux autres pensionnaires de cette place ? A quand STALINE, MAO, HITLER et POL POT pour lui tenir aussi bonne compagnie ?
Alors Messieurs les censeurs, Messieurs les faussaires de l’histoire, encore une fois, pourquoi ne nous apportez vous pas le démenti de ce que nous avançons ? La réponse est claire en ce qui nous concerne, vous avez peur de ce « champignon pousse-bitume » qu’est LA VERITE, cette vérité qui vous fait mal, qui vous fait peur parce que qu’elle est assassine pour vos convictions surfaites, vous préférez comme votre mentor la duplicité à des fins inavouables mais qui ne trompent personne chez ceux qui ont vraiment vécu le déroulement d’un processus, unique au monde, mis en place par un Chef d’état pour assouvir une vengeance personnelle qu’il savait pertinemment qu’elle s’avérerait mortelle et pour la finaliser efficacement : la haute trahison de l’alliance avec l’ennemi.
Mais nous pardonnerions à tous, et presque à DE GAULLE, quand nous prenons connaissance de la folie mensongère de certains de nos propres compatriotes « progressistes » qui n’hésitent pas à propager des monstruosités qu’ils transposent sans sourciller, en attribuant aux éphémères combattants de l’OAS les tueries sanguinaires des barbares du FLN !!
Il y a là quelque chose d’incompréhensible, comment peut-on atteindre un tel degré de pourrissement mental, ce comportement dépasse même l’exécrable sentiment de haine propre à la race humaine, il défie l’entendement, il rejette ses auteurs dans une responsabilité qui dépasse celle des égorgeurs, ils pataugent dans ce bain de sang dont ils se font complices ! Alors comment répondre à de telles souillures……..sinon par ce silence des crucifiés !
Alors nous nous posons la question : LA VERITE ? Comment faire pour vivre dans une société qui serait basée sur ce principe simple qui remettrait les choses et les hommes à leur place, quelles qu’en soient les retombées pour tous ? Pourquoi se résigner, renoncer, en connaissance de cause pour certains, et accepter le mensonge voire souvent l’affabulation ?
L’histoire a démontré que tôt ou tard les falsifications, les mystifications, les crimes des hommes d’état resurgissaient immanquablement, mais hélas, les contemporains en subissent les conséquences et si les commanditaires criminels tombent un par un de leur piédestal, il n’en demeure pas moins vrai que les dégâts causés à leurs victimes sont irréparables.
Alors aujourd’hui, en dehors de toutes considérations, nous nous mettons à rêver qu’un de ces hommes politiques refusera enfin de se prosterner devant le responsable de notre drame et dise enfin : « STOP, je refuse de continuer à jouer cette comédie annuelle traditionnelle, consensuelle, passage obligé par l’adulation d’un ambitieux dont les actes avérés, mais sciemment censurés, ont plongé tant de malheureux dans une tragédie innommable au cours de sa sinistre carrière. »
Sa fin aux circonstances mystérieuses, avec de rares témoins, pourrait laisser supposer une prise de conscience tardive devant l’ampleur sanglante des conséquences de ses turpitudes, qui le pousse à se comporter pour une fois, en « Samouraï !»
Mais peut-on croire encore à une telle grandeur d’âme qui paraît inexistante dans ce microcosme aux ordres des partis et qui de surcroît nous mène, aujourd’hui encore, droit dans le mur, au nom de cette sacro-sainte « démocratie », assise parfaite pour arriver à leur fin pour ceux dont le but hégémonique planifié ne paraît pas émouvoir ces irresponsables dans l’incapacité mentale de prendre en compte ce qui apparaît comme évident à ceux qui subissent leurs errements !
Et l’actualité nous conforte dans la démonstration de cette vérité qui éclate au grand jour ; cette vérité de l’arrivisme patent de ces hommes qui mettent leur avenir politique au diapason, non pas au service de leur pays, mais de leur propre profit et gloriole ! Ainsi le très Gaulliste de VILLEPIN, « bon sang ne saurait mentir», dépasse aujourd’hui les bornes de la décence en étendant son terrain de chasse électoral sur « le terrain de chasse » de la « gauche caviar », attitude suicidaire, croyant s’attirer les grâces d’une partie de cette population allogène en pleine expansion, véritable danger mortel pour notre civilisation européenne. Nous assistons au développement du cancer de la soif du pouvoir à tout prix, inoculé à notre pays par des êtres indéfinissables pour un esprit sain.
Mais il est impossible de ne pas se poser la question : comment entre complices d’une même idéologie en arriver à un tel niveau de vilenies, Monsieur de VILLEPIN ? Le mystérieux et apparemment nauséabond contentieux avec votre ennemi intime de l’Élysée est-il si lourd à digérer ?
La gravité de l’affront permet-il que des moyens dangereux et diamétralement opposés à ceux que vous défendiez auparavant sur la sécurité, vous autorise à aller « faire la manche électorale » dans les quartiers où règnent des mafias de tous les abus ? Devrions-nous croire que vous en deveniez finalement le « super grand frère », le « boss » ou « le parrain » tant vos élans de compassion soudaine nous paraissent suspects ?
Pour certains d’entre nous votre simple apparition et surtout votre discours aux accents de sinistre mémoire, nous inspire un sentiment de révulsion que nous avions espéré ne plus connaître.
Et je crois que nous ne sommes pas au bout de nos surprises en matière de « prouesses » en décisions politiques, il ne nous manque plus à la tête du gouvernement que l’omniprésente Gaulliste quasi-mystique ALLIOT MARIE « l’ignorante » de notre exclusion du référendum DU 8 AVRIL 1962 générateur de la mise à mort de notre Algérie Française : à croire que la puissance du pouvoir est obligatoirement associée à la bêtise et à la duplicité.
Une conduite qui devrait être conforme au fil à plomb n’a plus cours dans ce microcosme qui nous gouverne et dans cette opposition ; Ne nous prouvent-ils pas tous les jours qu’ils sont « des êtres déviés » qui ne prendront jamais, à des fins inavouables, le chemin de l’honneur et de la prise de conscience des réalités ? Alors, nous rêvons de vivre peut-être enfin l’apparition de l’homme de rectitude qui n’en sortira jamais, celui qui nous regardera de tout son être, nous verra avec son cœur et nous ressentira avec un esprit sain.
L’exemplarité de l’être d’exception qu’était notre Président Joseph HATTAB PACHA a forgé en nous cette foi pour participer à cette œuvre de VERITE, soyons dans la droite ligne de ces champignons que rien n’arrête, mais commençons nous-mêmes à exclure tous les comportements indignes de l’esprit de la fratrie. Certes nous devons nous accommoder du matériau particulièrement dur à travailler qu’est la nature humaine car il n’y a rien de plus pervers mais tellement dérisoire.
Il y va de la réalité d’un combat sans compromission et sans intérêts déguisés pour nos compatriotes.
C’est çà le message de toute une vie d’honneur que nous a laissé notre « Grand JO ! »
Certes, la tâche n’est pas aisée face à une autre perception d’un engagement et à des ennemis irréductibles parce que génétiquement prédisposés depuis un siècle au crime et à la trahison, opportunistes sanguinaires copains-coquins avec tout ce qui peut nuire à la notion de patriotisme et à l’intégrité des valeurs occidentales. Et nous sommes particulièrement visés, toujours prompts a relever les insultes faites à notre œuvre mais aussi à La France et à son armée, le citoyen lambda se moquant totalement de ces attaques pernicieuses qui accentuent la vitesse de la course à l’abîme.
L’histoire de notre épopée est merveilleuse, alors dans l’adversité face au mensonge à la vanité et à l’égoïsme, évitons le découragement qui génère le défaitisme et évitons systématiquement les attitudes irresponsables qui font le lit de nos adversaires.
Alors que « les spécialistes des coups de couteaux dans le dos », souvent malgré tout hommes de valeur pour notre cause, se regardent dans une glace; ils y verront leur pire ennemi, alors que le danger présent devrait exclure ces comportements suicidaires pour notre unité.
«Nous sommes dans une société violente et nous sommes dans une société d’autant plus violente qu’il y a, dans cette société, un brassage d’hommes et de femmes qui ont des origines culturelles différentes, qui n’ont pas les mêmes repères, qui n’ont pas les mêmes traditions. » (François FILLON)
Convenez avec moi qu’il aura mis du temps à s’en apercevoir, un temps assez long pour permettre, entre autre, à l’arrogant et visqueux bédouin de LIBYE, puant et affichant le mépris pour ses hôtes, de se pavaner à PARIS et de confirmer aujourd’hui en Italie, au milieu d’un indécent troupeau de « Call girls » du pays rémunérées à 80 euros plus un Coran « la pièce »(en restant poli) avec l’assentiment du détraqué BERLUSCONI dont on connaît les frasques en la matière.
Croyez vous que nous pouvons tomber plus bas en Europe en permettant la prose agressive d’un prédicateur de l’islamisation d’une l’Europe indigne qu’il traite comme telle, et l’on pourrait ajouter, comme elle le mérite.
La Vérité là aussi explose la chape d’un bétonnage des esprits, la réalité dépasse une fiction que certains dénonçaient comme telle il y a quelques années. Ils sont là les barbares encouragés par le laxisme ambiant, encouragés par les déclarations fracassantes de chefs d’états islamistes, encouragés par l’apathie suspecte d’une masse musulmane qui ne dénonce jamais leurs excès à notre connaissance, ils insultent, ils menacent, ils détruisent au sens propre et au sens figuré tout ce qui représente la vie quotidienne et la paix des citoyens forcément les plus modestes. Pour certains le bonheur de vivre en paix chez soi à disparu, les mafias politico-religieuses y font régner leur loi, la peur s’installe, la fuite est la seule solution et alors s’instille et s’étend, telles les métastases d’un cancer qui terrasse une société privée de protection contre un fléau devenu, nous le savons, irréversible face à la cécité dramatique des gouvernants européens transpirant d’ambition et de vanité.
Quand de funestes décisions de justice sont prises pour emprisonner un vieil homme, ancien combattant médaillé « coupable » de s’être défendu sous son toit, et en libérant dans la foulée un délinquant braqueur multirécidiviste, français de papier, donc forcément présumé « innocent », nous nous apercevons encore, s’il le fallait, de la propagation tous azimuts du mal gangreneux qui ronge tous les rouages de la vie civile.
VOILA LA TRISTE ACTUALITE SINON LA VÉRITÉ!
Alain ALGUDO ex Président fondateur Comités de Défense des Français d’Algérie
ex Vice Président du Comité et de la revue VERITAS VERITAS
Auteur de « Mon Combat »
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PROMESSES de Candidature
De Jacques Grieu
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Cette présidentielle, m'empêche de dormir
Quand de dix candidats, le verbe, il faut subir !
La campagne fait rage, en vient à m'excéder.
L'électoral combat me donne des idées :
A quatre vingt deux ans, je vais me préparer,
Pour, en deux mille dix sept, venir me présenter.
La lune je promettrai aux électeurs en liesse.
Peu importe mon programme pourvu qu'ils aient l'ivresse.
Evolution ? Mais, non ! C'est la Révolution !
Ce mot-là, bien ronflant, est plein d'évocations.
Il berce les oreilles, porteur de grands espoirs.
Individus ou peuples en racontent l'histoire.
Je vais donc m'employer à faire vibrer les foules,
En martelant les mots qui plus sûrement soûlent
Ce qui séduit le mieux, c'est le discours trotskyste ,
Qui promet encore plus que celui des marxistes.
Une révolution, exclut les sentiments :
On y déclare la guerre à ceux qui ont l'argent.
Pas de demi-mesures, il faut rentrer dedans :
Je taxe les nantis à cent cinquante pour cent !
La dette est effroyable ? Je change de monnaie !
Je supprime les banques : l'économie renaît !
Le mot « licenciement », je vais invalider,
Evacuant tout chômage en un seul coup de dé.
Le mot « capitalisme » n'est plus au dictionnaire,
Pas plus que « patronnât » ou « chef, » ou bien « notaire ».
Médecins pharmaciens sont tous des fonctionnaires,
De même que les dentistes kinés ou infirmières.
Les petits commerçants sont nationalisés,
Et n'ont plus d'échéances pour les terroriser.
De notre chère Sécu, je raye le déficit,
Avec des prestations à cent pour cent gratuites.
La crise chez les jeunes, vite je résoudrais :
Le baccalauréat à tous accorderais.
Recherche prioritaire : crédit illimité.
Pour l'électricité, ce sera gratuité.
De nos économistes, la dette est le dada,
C'est une maladie, c'est comme le sida.
N'ayons pas dette dure, j'arrête les dépenses,
Je veux un antidette, un vaccin en urgence.
Je veux l'abolition de toute l'inflation,
Du pétrole raréfié et ses augmentations,
Des tribunaux méchants et des tristes prisons,
Des grandes entreprises et des vilains patrons,
De l'espace de Schengen et de l'immigration,
Des maux de l'Alzheimer ou bien de Parkinson,
Des rhumes de cerveaux et des poux dans la tête,
De la grande sécheresse et des grosses tempêtes.
Si j'en ai oublié je saurais rectifier
Quand je serais élu, je pourrais affiner.
Donc en deux mille dix sept, je serais écouté.
Je me présenterai en toute majesté,
Et aurai grandes chances d'être plébiscité.
Si par extraordinaire, pour moi, c'était raté,
Je recommencerais en deux mille vingt deux !
A quatre vingt douze ans, je ferais plus sérieux !
Jacques Grieu
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Le docteur Jean-Claude PEREZ
Etude 50/38
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En prévision du 50ème anniversaire
De l’assassinat de la France Sud-Méditerranéenne,
(19 mars 2012 et 3 juillet 2012)
Une série d’études vous sera proposée
A propos de la sanctification, espérée et réclamée, d’un grand ennemi de l’Algérie française, Jacques Chevallier
I – INTRODUCTION GENERALE
Je ne suis pas obsédé par Jacques Chevallier.
Quelques échos, opportunément recueillis au hasard de la lecture d’un média déficitaire en informations, déficitaire en savoir, m’incitent à refuser le silence, à propos de l’un parmi les ennemis les plus constants et les plus efficaces de l’Algérie française.
J’insiste une fois de plus et avec force sur cette précaution que je tiens à prendre avec fermeté : je ne suis victime d’aucune idée fixe imputable à ce symbole historique de l’anti-France, en Algérie. Parangon de la subordination aux puissances d’argent en particulier. Parangon de la perversion politique qui lui imposa de terminer sa vie, en terre métropolitaine, dans la discrétion la plus silencieuse. Comme s’il avait voulu se mettre à couvert de la réprobation de ses anciens administrés, qu’il avait accepté de soumettre au bon vouloir des égorgeurs, en Algérie, en 1962.
Secrétaire d’Etat à la guerre, puis ministre durant peu de temps en 1955, il fut le réel inventeur de ce que l’on appela en Algérie « le mendésisme ». Il ne fut ni plus ni moins que le chargé d’application en Algérie de l’idéologie « rooseveltienne ».
Il est intervenu, dès le début du conflit algérien, et sans camouflage, en faveur des ennemis de la France. Nous faisons allusion à des appuis matériels et opérationnels qu’il leur octroya à partir des différentes fonctions qu’il exerça.
On le voit participer, par l’intermédiaire de l’un de ses adjoints à la mairie d’Alger, à la réunion décisionnaire de la guerre d’Algérie.
C’était le premier dimanche de juillet 1954, au matin, dans le Brabant en Belgique. Dans la petite ville d’Hormu. Dans une salle de cinéma.
Cette dernière précision explique pourquoi cette réunion s’est tenue le matin de ce premier dimanche de juillet 1954.
Par l’intermédiaire d’un adjoint à la mairie d’Alger, membre du M.T.L.D. Hocine Lahouel, et par l’intermédiaire de Mohamed Khidder, dissident du M.T.L.D., membre de l’O.S. , co-fondateur du C.R.U.A. au Caire, en juin 1954, les organisateurs de cette réunion d’Hormu prennent la décision de déclencher en Algérie :
« LE JIHAD FISSABIL ALLAH »
« La guerre sainte pour la cause de Dieu »
Il est nécessaire de rappeler, pour le bénéfice de ceux qui s’entêtent encore à l’ignorer, que cette réunion s’est déroulée sous l’égide de la C.I.S.L. .
Quelques précisions sont nécessaires.
La C.I.S.L. est la filiale européenne de l’énorme Fédération Américaine du Travail. Il s’agit d’une inter-fédération de DROITE réunissant des syndicats anti-communistes américains.
La C.I.S.L., en Europe, va s’efforcer de mener à bonne fin une double tâche :
- D’une part, créer si possible une fédération de syndicats anti-communistes,
- D’autre part, exercer un contrôle opérationnel sur tous les mouvements indépendantistes.
Irving Brown, président de la C.I.S.L. à cette époque, en juillet 1954, assure le financement immédiat de cette volonté révolutionnaire anti-française. En versant à Lahouel, l’homme de Jacques Chevallier et à Khidder, l’homme du C.R.U.A., un premier viatique de 500.000 dollars.
Rappelons qu’à cette époque, le maire d’Alger, patron de Lahouel occupait les fonctions de secrétaire d’Etat à la guerre.
Par la suite, Jacques Chevallier, sur son initiative, fit échouer, dans les Aurès, une opération militaire peut-être décisive, que s’apprêtait à déclencher le général en chef commandant en Algérie. Il prévint personnellement le sénateur de Batna Ben Chenouf, qui transmit l’information au chef rebelle Ben Boulaïd. Dans ce cas, il ne s’agit plus d’une attitude anti-nationale. Il s’agit d’un acte de haute trahison devant l’ennemi, avec toutes les conséquences en terme de pertes humaines imputables à cette trahison.
En pleine guerre d’Algérie, il structura la mairie d’Alger en PC opérationnel du FLN. De faux papiers y furent préparés en faveur des tueurs de la ZAA .
En 1956, par l’intermédiaire de ses mentors de la C.I.S.L., il accorda son soutien logistique à l’U.G.T.A. qui organisa et exécuta des attentats terroristes dans le Grand Alger. Cette U.G.T.A. fonctionnait à la manière d’une organisation communiste. Mais elle était directement financée par la C.I.S.L., une confédération inter-syndicale américaine de droite, je tiens à le souligner … pour la millième fois peut-être.
Et puis, …, ce fut le vide, le trou noir pour Jacques Chevallier, pendant trois ans.
De Gaulle arrive en 1958.
De Gaulle prétend liquider l’Algérie-française tout seul.
De Gaulle décide de se passer du concours des Américains pour assassiner la France Sud-Méditerranéenne.
Nous savons cependant, et depuis longtemps, comment les pompidoliens … anciens … futurs… et éternels… ont actionné et drivé l’homme de Colombey, dès 1940. Pour le compte des chasseurs-de-têtes du néo-capitalisme financier international.
De Gaulle ne pourra pas se passer du concours de notables algériens anti-Français pour se débarrasser du « boulet algérien ». En particulier il ne pourra pas se passer de Ferhat Abbas, dont il est le complice depuis 1943. Depuis le M.T.L.D. Il ne pourra se passer de Farès complice de Ferhat Abbas qui, dès 1946, s’est soumis à l’autorité spirituelle et impérialiste d’Ibrahim Bachir, le président de l’association des Oulémas.
Ce que De Gaulle ne pouvait pas savoir vous est précisé dans l’information suivante :
Si ces deux hommes jouissaient d’une grande liberté d’action en Algérie, c’était grâce à Jacques Chevallier et à son appareil logistique mis en place par ses subordonnés de la mairie d’Alger.
Ferhat Abbas était caché rue Horace Vernet à Alger, dans l’appartement d’un adjoint au maire d’Alger, avant de rejoindre le FLN en 1956.
Farès, à Paris, s’est mis sous la protection de Lebjaoui, fonctionnaire municipal de haut rang à la mairie d’Alger. Lebjaoui était devenu, entre temps, le chef de la Fédération de France du FLN. Pendant peu de temps d’ailleurs. Ajoutons que Farès fut reçu à l’hôtel Georges V à Paris par Blachette, théoriquement le mentor de Jacques Chevallier et patron du Journal d’Alger. Je dis « mentor », en réalité il conviendrait de dire « instrument » de Jacques Chevallier.
Tout semble avoir été préparé et finalement programmé, pour que fût exécutée plus tard en 1961 une manœuvre d’approche d’abord, puis de complicité active, opérationnelle entre Jacques Chevallier et une fraction très évolutive de l’OAS. En réalité une anti-OAS. Une anti-OAS qui s’ignorait en tant que telle, mais c’est bien ce rôle d’anti-OAS qu’on lui fit jouer historiquement en 1961 et 1962.
Dans le but d’aboutir à la naissance de ce que Jacques Chevallier appela avec solennité le 3 juillet 1962, « sa jeune Patrie ».
II – QUELQUES PRECISIONS UTILES A RAPPELER
Les évènements d’Algérie ont été officiellement identifiés à une guerre, par une loi, votée à la demande du premier ministre socialiste Jospin. La loi du 18 octobre 1999. Donc ce que nous avons vécu, officiellement, en Algérie, entre le 1er novembre 1954 et le 5 juillet 1962, date du massacre d’Oran, c’était une guerre.
Une guerre qui opposait qui à qui ?
Une guerre qui opposait la France aux ennemis de la France.
Conséquence logique, nous identifions :
- Les partisans de l’Algérie française, aux défenseurs de la Patrie française,
- Les ennemis de l’Algérie française, de toutes confessions et nationalités, aux ennemis de la Patrie française.
Cette loi du 18 octobre 1999, officialise certes une guerre, mais simultanément, elle officialise UNE DEFAITE.
Une défaite que l’on imposa à la France de subir. La France fut spectaculairement et universellement humiliée, le 19 mars 1962, devant son ennemi historique, le FLN.
Cette humiliation de la France, risque d’être célébrée voire exaltée, par ceux qui prétendent conférer, en 2012, un éclat particulièrement rampant au cinquantième anniversaire de la mort de la France Sud-Méditerranéenne.
Aujourd’hui, on m’apostrophe parfois de la façon suivante :
« L’Algérie française c’est fini… la guerre d’Algérie c’est fini… n’en parlons plus ! Regardons l’avenir ! ».
Qui me tient ces propos ? Avant tout, ceux qui considèrent que le phénomène historique « guerre d’Algérie » est affecté d’un coefficient majeur dominant et surtout exclusif, d’évènement du passé.
Ils se trompent lourdement. Car ce phénomène historique « guerre d’Algérie » est manifestement riche avant tout, d’un indiscutable coefficient de développement durable.
Je m’explique : ce qui fut attaqué, ce qui fut anéanti en Algérie française, s’identifie de nos jours à ce qui se révèle être l’objet d’une même attaque, et d’une menace d’anéantissement identique, en France, en Europe et en Occident.
L’Occident, nous l’avons identifié, en dernière analyse sérieuse, à l’espace géographique à l’intérieur duquel les chrétiens peuvent vivre libres. Libres de toute asphyxie, de toute oppression, protégés contre les persécutions et les assassinats collectifs. Libérés de toute menace infamante.
Dans le déroulement des opérations militaires déclenchées contre la France, Jacques Chevallier est intervenu à point nommé, à partir d’un poste décisionnaire au ministère de la guerre, en accordant son appui aux premières opérations du FLN en 1954 et en 1955.
Il assuma plus tard, en 1961 et 1962, la responsabilité d’un risque : celui de faire rester nos compatriotes en Algérie en 1962, facilitant ainsi des enlèvements et des assassinats de Français.
C’était un ennemi total de l’Algérie française.
Algérie française que j’ai défendue parce que c’était une création de la France. Ce que nous avons vécu là-bas, c’était la première phase, peut-être, d’une nouvelle guerre de 100 ans qui nous impose aujourd’hui de défendre à outrance et à chaque instant :
La France française,
L’Europe européenne
Et l’Occident occidental
III – DE « L’UTOPIE » DE JACQUES CHEVALIER AUX MASSACRES DES INNOCENTS FRANÇAIS, CIVILS ET MILITAIRES, DONT IL FUT L’UN DES INSPIRATEURS ET L’UN DES « ORGANISATEURS ».
Dans un souci de clarification, mais en acceptant le grief de simplification opportuniste, nous interprétons le phénomène historique « guerre d’Algérie » comme la résultante de volontés exercées, je veux dire « mises en Histoire », par quatre intervenants. Le premier intervenant est évidemment :
L’INTERVENANT STRATEGIQUE
C’est-à-dire l’intervenant planificateur et décisionnaire de l’assassinat historique de la France Sud-Méditerranéenne. L’intervenant néo-capitaliste international. Plus exactement cet intervenant stratégique n’est que néo-capitaliste.
« La France n’a aucun intérêt économique à garder l’Algérie ». Voilà en substance ce qu’a déclaré un éminent pompidolien à l’écrivain Jacques Laurent.
Il s’agit en l’occurrence de Valéry Giscard d’Estaing. C’est la notion de valeur ajoutée trop faible, ou plutôt insuffisamment élevée, produite par les investissements constants exigés par l’Algérie, comme par toute terre animée de la volonté de vivre, qui devient la motivation formulée officielle de ce qu’ils ont appelé « le délestage économique du débouché algérien ».
« La valeur ajoutée est insuffisante, donc on largue TOUT. La terre, le pétrole, le gaz, la tête de pont géopolitique de l’Europe en Afrique, le peuple français d’Algérie ».
Et lorsque, en toute ingénuité nous les avons interrogés de la façon suivante :
« Mais nous, les Français d’Algérie, à quel destin nous condamnez-vous ? »
Ils ont répondu, en substance, mais toujours avec cynisme :
« Tout dépend de la sauce à laquelle vous voulez être mangés ! »
« Mais nous ne voulons pas être mangés ! » avons-nous rétorqué.
« Là n’est pas la question ! », ont-ils affirmé, dans un souci hargneux de clore le débat.
« La valeur ajoutée des capitaux investis est insuffisamment élevée parce que nos investissements en Algérie, sont devenus routiniers », précisent-ils.
« Il faut nous défaire de l’obligation d’assumer le développement, ou plutôt l’accession à la modernité, du peuple algérien de confession musulmane ».
« Le pétrole… oui… mais les Arabes avec … non ! »
Voilà schématisé ou plutôt synthétisé, le pourquoi premier et ultime de l’indépendance de l’Algérie. Indépendance illustrée historiquement et avec éclat par la défaite française et occidentale du 19 mars 1962 à Evian.
Mais si l’on veut qu’une stratégie ne s’identifie pas à une nébuleuse cotonneuse inaccessible à la compréhension du citoyen lambda, il lui faut s’exprimer concrètement dans l’histoire. Par des tactiques.
Nous en identifions 3 principales accompagnées, chacune d’entre elles, d’accessoires ou plutôt d’enjoliveurs historiques plus ou moins valorisants.
L’INTERVENANT TACTIQUE N° 1
Ils vont l’inventer en Algérie. Ils vont le façonner en conférant à l’islam algérien une identité définitive d’arabo-islamisme fondamentaliste.
Quels sont les facteurs valorisants mis en œuvre pour renforcer l’efficacité opérationnelle de ce premier intervenant tactique ?
Ils sont illustrés avant tout et globalement, dans le racisme. Le racisme arabe que l’on va idéaliser, que l’on va psalmodier sans arrêt, pour en faire un atout majeur de l’action révolutionnaire déclenchée contre la France.
« Un peuple arabe est soumis à l’autorité française par la force… ». Voilà le pourquoi du combat, tel que vont le formuler ceux qui ont tout fait pour vaincre historiquement la France au Sud de la Méditerranée.
Ils vont exalter l’arabité de l’Algérie en affirmant la promotion de ce qu’ils ont appelé « leur arabité rénovée ».
Ils vont inclure l’arabité rénovée de l’Algérie dans la mouvance arabo-islamiste universelle, très schématiquement rendue célèbre par quatre dates au moins :
o 1928 : naissance des « Frères Musulmans » en Egypte (Hassan Al Banna).
o 1931 : congrès panislamiste, anti-juif, convoqué à Jérusalem par Asmine el Husseïni, mufti de Jérusalem, conjointement avec l’émir libanais Chékib Arslan, président de la Nahdah , ennemi de la France, déjà condamné à mort par contumace.
o 1931 … encore 1931 : installation officielle en Algérie de l’Association des ulémas, le 5 mai de cette année-là.
o 1954 : 1er novembre : le cheikh, Ibrahim Bachir, président en fonction de l’Association des ulémas, déclare à partir du Caire, que le combat est engagé pour « le triomphe de l’arabisme et de l’islam ».
Nous venons d’évoquer très schématiquement, je le répète, et surtout très succinctement, l’intervenant tactique n° 1 de la guerre d’Algérie, c’est-à-dire l’intervenant arabo-islamiste fondamentaliste.
Les stratèges du délestage économique du débouché algérien vont se trouver confrontés à une nécessité opérationnelle. Eviter que l’on ne parlât que de Dieu.
On va donc provisoirement camoufler la motivation tactique religieuse, la motivation arabo-islamiste. D’une manière plus précise, on va occulter le double déterminisme tactique anti-chrétien et anti-juif, de la guerre déclenchée contre la France, lors de la Toussaint Rouge.
Comment mettre en œuvre ce camouflage ? Comment reléguer Dieu à un échelon subalterne de cette guerre ?
En faisant donner
L’INTERVENANT TACTIQUE N° 2
Il s’agit, en cette occurrence, d’utiliser ce conglomérat idéologique obsolète aujourd’hui, pour ne pas dire antédiluvien, que l’on appelait alors le marxisme-léninisme.
On a voulu faire de la guerre d’Algérie, un épisode moderne de la lutte des classes :
- Les riches contre les pauvres
- Les « nouveaux damnés de la Terre » de Frantz Fanon, soumis au joug des colonisateurs ont pris les armes contre l’oppresseur français !
Mais quand on sait comment Benoist Frachon, secrétaire général du P.C.F, accompagné du secrétaire général de la CGT, Dufriche, ont été reçus clandestinement par Krim Belkacem et Mohamed Khidder, au Champ de Manœuvre à Alger le 31 octobre 1954, la veille de la Toussaint Rouge, on comprend à quel point le parti communiste français a été exclu avec mépris, avec dédain, du combat déclenché par le FLN naissant, contre la France.
Toutes les bassesses seront mises en œuvre par le PCF et son homologue algérien, pour se faire accepter par le FLN.
En particulier par Ben Khedda, chef de la ZAA en 1956. Ben Khedda était caché à Alger, par les adjoints de Jacques Chevallier, ancien des services spéciaux américains entre 1942 et 1945, jouissant d’une double citoyenneté française et américaine, maire FLN d’Alger, partisan de l’indépendance et complice actif, je veux dire opérationnel, de la rébellion algérienne. C’est chez son adjoint à la mairie d’Alger, Gallice, que Ben Khedda était logé et organisait le fonctionnement opérationnel de la zone algéroise.
Jacques Chevallier, celui que l’on appelle aujourd’hui un utopiste selon une littérature sanctificatrice consacrée au personnage, fut un complice actif du terrorisme FLN. Ce que nous voulons préciser est très simple : il a les mains couvertes de sang français.
Ainsi que ses alliés progressistes, chrétiens ou non. Ils vont s’associer au FLN et intervenir avec une redoutable efficacité, dans des tueries dont furent victimes des Français d’Algérie de toutes confessions, ainsi que des soldats du contingent.
En toute circonstance, les progressistes bénéficièrent de l’appui logistique de la mairie d’Alger. C’est-à-dire de l’appui du maire, de ses adjoints, de ses conseillers municipaux et des services administratifs de la mairie d’Alger, véritable cellule OPA et opérationnelle du FLN… rappelons-le.
Mais cet intervenant tactique n° 2 va se révéler insuffisant, à son tour. Il lui faudra le concours d’un 3ème intervenant tactique. Gardé en réserve, prévu depuis des années. Il s’agit de
L’INTERVENANT TACTIQUE N° 3 : DE GAULLE
C’est l’intervenant choisi par le néo-capitalisme financier. Le gaullisme était actionné en silence, mais avec vigueur et constance, comme un outil indispensable aux objectifs de l’état-major pompidolien, depuis 1940 au moins. Etat-major planificateur des perspectives modernes du capitalisme financier, pour exercer le contrôle permanent au niveau des grandes banques de tous les moyens de production ainsi que des circuits de consommation.
Dans cette optique, ils ont prôné à outrance le délestage économique du débouché colonial, sans se préoccuper de l’avenir des peuples qui allaient être victimes de ce délestage. Celui-ci n’a pas été producteur, loin de là, de la liberté, de la paix et du bonheur qu’on leur avait promis.
Dans cette perspective, De Gaulle fut en contact permanent avec la rébellion algérienne. Plus précisément avec l’Organisation Extérieure de la rébellion algérienne, depuis 1956 au plus tard.
Il était animé et drivé dans cette entreprise par le maître d’œuvre Pompidou, fondé de pouvoir de la banque Rothschild.
L’homme de Colombey noua des contacts avec des leaders rebelles de l’extérieur, dès 1956, par l’intermédiaire de Me Boumendjel, dont le frère, FLN notoire d’Alger, trouva la mort lors d’un interrogatoire avec nos services spéciaux en Algérie, en 1957.
Plus tard, lors de l’hallali de l’Algérie française, De Gaulle utilisa Farès. Celui-ci représenta clandestinement De Gaulle, au Caire, lors de la présentation officielle du GPRA à la presse internationale, le 18 septembre 1958.
Farès, un ambitieux, sollicita avec fermeté, en 1962, lors de ses premiers contacts avec un membre de l’OAS, que je n’interrompisse en aucun cas, mes opérations de guerre terroriste, « de manière à maintenir l’OAS en position de force dans les discussions qui étaient entreprises ». Ce message me fut transmis par son contact. Celui-ci sollicita ainsi toute ma vigueur dans la poursuite de cette phase ultime de notre guerre.
Je pense qu’il ne serait d’aucune utilité que je jure sur la croix du Christ, que ce que je viens de dire est vrai. Mais je le fais, « sans crainte du malheur, sans espérance de gloire ».
Jacques Chevallier imposa cependant le « cessez-le-feu » des « deltas ». Qu’on le veuille ou non, ce « cessez-le-feu » illustre aujourd’hui encore, devant l’histoire, la date officielle, la date charnelle de la mort de l’Algérie française.
Voilà exposés les motifs qui m’imposent de rappeler la signification, en termes de larmes et de sang français, du rôle qu’il faut attribuer à « l’utopiste Jacques Chevallier ».
Un utopiste, oui. Mais un utopiste de la thèse ennemie, un utopiste de l’Algérie arrachée à la France et soumise au FLN.
IV – LA REALITE « JACQUES CHEVALLIER »,
ENVISAGEE DANS LE DETAIL
Il est utile de préciser que le député-maire d’Alger, n’était pas du tout communiste. Nous le savons très bien. Ce qui permet de comprendre l’engagement de Jacques Chevallier, c’est avant toute chose, son arabophilie exclusive. Son attitude est superposable à 100 % à celle de Monseigneur Duval et du curé Scotto, deux éminents renégats du christianisme en Algérie.
Lorsqu’il entama sa nouvelle carrière politique, peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale, il nous est apparu à Alger, comme un homme providentiel. Jeune. Courageux. Plein d’allant et de modernité.
C’était l’époque où le communisme manifestait une solide implantation en Algérie. La crise économique de l’après-guerre, le chômage, la pression des rouges espagnols réfugiés en Algérie, très actifs, en apparence très organisés, mais solidement noyautés par les services secrets franquistes, la séduction de la victoire soviétique, avaient altéré en Algérie, le comportement d’une fraction non négligeable de la population française.
Malgré cette ambiance soviétophile, enrichie du lyrisme des buveurs de sang de la Libération, j’ai entendu Jacques Chevallier, s’exprimer ainsi lors d’une réunion électorale : « Entre le drapeau rouge d’une part et la Croix d’autre part, j’ai choisi la Croix ».
A cette époque, il fallait beaucoup de courage pour tenir de tels propos. C’était l’époque ou tout comportement anti-communiste, publiquement affirmé, était à l’origine d’une accusation de « collabo », voire de « nazi ».
Par la formulation de son anti-communisme et l’audace de ses convictions, Jacques Chevallier nous a conquis.
Nous ignorions que le futur député-maire d’Alger, le futur secrétaire d’Etat à la défense nationale, le futur ministre de la guerre dans le gouvernement de Mendès France en janvier 1955, jouissait d’une double nationalité. Je crois l’avoir souligné un peu plus haut dans cette étude.
Certes il était citoyen français mais par sa mère Texane, il était aussi citoyen américain.
Cette particularité lui permit, après le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942, la très célèbre opération Torch, de faire la guerre contre l’Allemagne, dans l’armée américaine. Dans les bureaux des services secrets américains. Il bénéficia d’une formation spécifique qui lui conféra toute facilité pour mettre en œuvre en Algérie, la politique africaine chère à Franklin Roosevelt, le président des USA, jusqu’à sa mort en 1945.
Rappelons que dans la mise en application pratique de cette politique, le président des USA avait disposé en Algérie, depuis octobre 1940, d’un chargé d’exécution : le diplomate Robert Murphy.
Quoi qu’il en soit, lorsque Jacques Chevallier revint en Algérie, après un long stage de formation dans les bureaux des services de renseignements américains, ce ne pouvait être qu’avec la qualité de correspondant de ces services.
Dans cette perspective, il mit ses nouvelles compétences au service des indépendantistes anti-français d’Algérie. Ses compétences, certes, mais aussi tout un équipement logistique : les bureaux de la mairie d’Alger, ceux du secrétariat d’Etat à la défense nationale, puis du ministère de la guerre en 1955.
Son arabophilie exclusive connut son apothéose le 3 juillet 1962 à Alger. C’était le jour de la proclamation d’une naissance : celle de la République algérienne. Au milieu du délire anti-français, dopé pourrait-on dire par ce délire, il éprouva le besoin de s’exclamer à radio-Alger : « Je salue ma jeune patrie ».
Il est vrai qu’il n’était pas à une patrie près. Ce n’était jamais que la troisième. Dans ce cri de foi était consacré l’aboutissement de sa mission. Il l’a fait d’autant mieux qu’il était entouré de toute une meute d’attentistes avides de pouvoir. Anciens progressistes, anciens syndicalistes, quelques opportunistes de l’OAS, qui ne voulaient pas rater l’occasion de réussir grâce à lui, une carrière politique sur le cadavre encore tout chaud de l’Algérie française.
Plus tard, lors du procès de deux responsables de l’OAS, il intervint à leur demande, comme témoin à décharge, pour solliciter l’indulgence des juges envers ces hommes disposés à le suivre dans son ralliement officiel au FLN. Lors de ces audiences judiciaires, il ne laissa pas passer l’occasion de stigmatiser l’attitude de celui qui avait refusé de le suivre : moi en l’occurrence.
Il condamna ma ligne de conduite parce qu’elle avait été responsable, selon ses déclarations, de « l’égarement » des hommes en faveur desquels il témoignait.
Pendant la guerre d’Algérie, une organisation syndicale, spécifiquement algérienne, s’est intégrée au conflit. Il s’agit de l’Union Générale des Travailleurs Algériens, U.G.T.A., dont on a voulu nous faire croire qu’elle était communiste. Une filiale de la CGT. En réalité, il n’en était rien. Nous l’avons affirmé dès le début de cette étude.
L’U.G.T.A. était financée et dirigée en sous-mains, mais en toute certitude, par la C.I.S.L. dont nous avons précisé le rôle dans le déclenchement de la guerre d’Algérie, au début de cette étude 50/38.
Ce soutien à la subversion anti-française, se manifesta largement de la part de la C.I.S.L. alors même qu’elle eût connaissance de la participation des communistes à cette subversion. Elle ne répugna pas cependant à soutenir et à faire vivre l’U.G.T.A. dans le but espéré et surtout puéril de faire la pige aux Soviets au moment de la victoire de nos ennemis FLN. Il ne fallait pas vous risquer à la question suivante :
« Que faites-vous du sang français ? De nos femmes, de nos enfants, de nos soldats massacrés ? »
Vous n’auriez obtenu que la réponse suivante :
« Mais mon cher, ce ne sont là que des péripéties… des vétilles, de toutes les manières, la question n’est pas là ! ».
Le rôle joué par cette confédération inter-syndicale, nous permet de mieux comprendre le rôle tenu par le député-maire d’Alger, en faveur de la rébellion algérienne. Car il est important de souligner avec entêtement, que l’action de la C.I.S.L., donc de l’U.G.T.A., s’inscrivait dans le droit fil des activités imputables aux services de renseignements américains en Algérie.
Or, Jacques Chevallier, nous l’affirmons une fois de plus, était lui aussi un honorable correspondant de ces mêmes services.
Ces informations nous permettent de comprendre l’argumentation spécieuse dont Jacques Chevallier a fait usage, après l’indépendance, pour justifier son ralliement au FLN. Il fallait, prétendait-il, empêcher l’Algérie nouvelle, de devenir soviétique ! Il fallait interdire aux forces armées du pacte de Varsovie, d’installer des bases militaires au sud de la Méditerranée. Il importait donc, selon son argumentation, d’abandonner au plus vite l’Algérie, et ne pas s’entêter à la garder française.
Dans la perspective d’atténuer le contenu de ses convictions, il proposa à un moment donné et ouvertement, une solution fédérale. Or, cette solution ne pouvait s’appuyer sur aucune base institutionnelle car la France n’était pas une République Fédérale. Cette attitude correspondait à un traquenard élaboré pour accéder à l’indépendance.
Un double leurre fut, tout le temps, agité en Algérie par les ennemis de la France.
Le camouflage socialo-communiste, destiné à occulter l’identité tactique majeure ethnico-religieuse du conflit qui s’y est déroulé. Mobiliser par le biais de ce camouflage et grâce à lui, des appuis progressistes, des appuis socialo-communistes français et internationaux pour le bénéfice de nos ennemis.
Paradoxalement, pour satisfaire une autre clientèle, elle-aussi ennemie de la France, on utilisa en même temps, le leurre du danger soviétique. Accélérer l’indépendance de l’Algérie, dans le but d’interdire l’implantation de la « dictature des communistes » en Algérie, telle était la motivation alléguée.
Ainsi, prétendait-on, pour éviter l’implantation des soviets en Algérie, il faut arrêter la guerre, en acceptant de la perdre.... Au plus vite.
V – CHEVALLIER-FARES
ET FARES-CHEVALLIER
Si nous nous intéressons à l’activité des libéraux d’Algérie, il ne faut pas craindre de les situer à la place réelle qu’ils ont occupée pendant la guerre d’Algérie.
Monsieur René Galice habitait en plein centre d’Alger, rue Horace Vernet. Dans ce même immeuble, vivaient les familles complices du FLN, Georges et Gauteron. Dans les appartements occupés par ces différentes personnalités, ont transité à maintes reprises, des hommes représentant la quintessence de l’anti-France.
Abane Ramdane vint y préparer le très célèbre Congrès de la Soummam de juillet 1956, phase déterminante de la guerre d’Algérie.
Ferhat Abbas y prépara son départ pour l’étranger, plus précisément pour rejoindre l’Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne en 1956.
Krim Belkacem, dans ces mêmes locaux, est venu s’entretenir à maintes reprises avec les deux précédents ainsi qu’avec d’autres responsables du FLN de haut niveau.
Ben Khedda participa à ces réunions.
Ben M’Hidi puis Bitat se réunirent aussi dans ces appartements en tant que responsables ou co-responsables de la ZAA. Ils y préparèrent les attentats qui ensanglantèrent la capitale algéroise.
Pourquoi évoquer avec insistance le nom de Monsieur Galice ?
Pour la raison suivante : Galice est conseiller municipal de la ville d’Alger. Il est même adjoint au maire. Il ne fait rien sans l’aval de Jacques Chevallier. Nous savons, mais j’estime qu’il est utile de le rappeler sans arrêt, que Jacques Chevallier s’est inscrit dès la première heure, dans le camp de l’abandon de l’Algérie. Nous avons vu comment à partir de son poste de secrétaire d’Etat à la guerre, il prévint Ben Boulaïd, par l’intermédiaire du sénateur Ben Chenouf, de l’opération que le commandement français s’apprêtait à déclencher dans les Aurès pour écraser la rébellion, au tout début de la guerre d’Algérie. Homme des services secrets américains, il intervint à la fin de la guerre d’Algérie avec une double mission :
- D’une part, chanter la victoire du FLN en exprimant à maintes reprises son arabophilie exclusive,
- D’autre part, prendre le risque de faire rester quelques centaines de milliers de Français en Algérie, après l’indépendance.
Cette dernière attitude traduisait une volonté : celle de « cheptéliser » le peuple pied-noir. Utiliser ce peuple comme un effectif de choix pour le bénéfice de l’Algérie indépendante. Peuple à qui la France devait rester interdite.
Un autre personnage du monde libéral algérois, complice actif de Jacques Chevallier, que je tiens à nommer, est le docteur Pierre Chaulet. Accompagné de son épouse, Claudine. L’un et l’autre ont tenu à préciser à Abane Ramdane « qu’ils n’étaient pas pour le FLN », mais qu’ils étaient « du FLN ».
Ils disposèrent, pour mener leur action anti-française au meilleur résultat possible, de la très célèbre villa Pouillon, située à Alger, au Clos-Salembier, sur les Hauts d’Alger, tout près de Dar el Mahçoul. Cette villa Pouillon a joué un rôle important dans la guerre d’Algérie, puisqu’elle servit de lieu de résidence pour tous les complices de Jacques Chevallier, jusqu’au mois de juillet 1962. Quelques ennemis mortels de l’Algérie française en ont joui avec abondance, jusqu’en 1962 inclus.
Ces libéraux, se déclaraient la plupart du temps catholiques pratiquants, disciples de Monseigneur Duval et de Scotto. Ils nourrissaient néanmoins une ambition. Celle d’incorporer le parti communiste algérien à la guerre qui était menée contre la France. Pour des raisons d’opportunité tactique, de camouflage tactique. Pour faire croire que la guerre d’Algérie était une guerre des pauvres contre les riches.
C’est finalement vers la fin du premier trimestre 1956, que le FLN céda à la pression du parti communiste algérien. Ben Khedda intervint pour l’acceptation du PCA dans le dispositif de guerre du FLN. Il rencontra le docteur Hadjeres, dans ce même immeuble de la rue Horace Vernet où résidait René Galice. Donc, dans des locaux occupés par des subordonnés administratifs et politiques de Jacques Chevallier.
Le PCA fut accepté dans la guerre. On lui interdit cependant de mettre en œuvre une activité politique conforme aux théories communistes. Hadjeres accepta ce diktat, car tels étaient les ordres de la place du colonel Fabien, …et d’ailleurs.
Néanmoins, le PCA n’accepta pas ce rôle effacé. Il prit une initiative dans le but d’accéder à un rang privilégié dans le combat anti-Français.
Animés de cette volonté, les communistes se rallièrent à une décision qui fut prise dans cet immeuble de la rue Horace Vernet, dans l’appartement de René Galice. Ce dernier ne souscrivait à aucune initiative, rappelons-le, sans l’accord préalable de son patron Jacques Chevallier. Cette dernière initiative fut, cependant, à l’origine d’un épisode dramatique de la guerre d’Algérie.
J’évoque ici l’affaire très connue de l’aspirant Maillot.
Celui-ci était un jeune pied-noir communiste, fils de communiste.
Ayant présenté le concours d’entrée à l’école des officiers de réserve de Cherchell, il y fut brillamment reçu. Affecté au 504ème bataillon du train de Miliana, il exécuta un ordre de ses chefs communistes. Un camion d’armes fut détourné par Maillot. Quelle était la destination de ces armes ? Les stocker à Alger ? Les expédier vers des zones opérationnelles tout particulièrement choisies ?
On en transita une première partie dans la région de Lamartine, dans la plaine du Chelif, au sud-ouest d’Alger. Grâce à cet armement, un maquis rouge se constitua sur ce territoire. Il était commandé par René Laban. C’était un instituteur communiste qui avait servi pendant la guerre civile espagnole, dans les Brigades Internationales.
Mais quelque chose se passa.
Quelque chose que les commentateurs de la guerre d’Algérie ne veulent pas retenir. Ce maquis communiste fut vendu par le FLN aux forces de l’ordre françaises. Pour les fellagas, ce qui comptait c’était l’armement. Les roumis, communistes ou non, ils s’en foutaient complètement ! Ce maquis fit l’objet d’une localisation très rapide de la part des effectifs du bachaga Boualem. Une opération montée par des unités du 1er REP encercla ce maquis rouge. Mais au moment de l’hallali, on fit appel aux soldats du 504ème bataillon du train, à qui les armes avaient été volées. Ce sont eux, des soldats du contingent, qui, en toute connaissance de cause, anéantirent ce maquis communiste du FLN. Ils exécutèrent Laban et Maillot. Il est vrai que nous étions encore en 1956. Le gaullisme « cinquante-huitard » n’avait pas encore perverti l’esprit national.
Mais un autre usage de ces armes avait été exigé par le FLN. Celui-ci commanda en effet d’en livrer une partie à un chef rebelle, Khodja. Le docteur Hadjeres fut chargé de transmettre cet ordre du FLN au jeune communiste pied-noir Maillot, au cours d’une réunion qui se tint dans cet appartement de la rue Horace Vernet que j’ai évoqué à maintes reprises. Un appartement, que j’ai désigné dans un de mes livres sous le terme de « P.C. Jacques Chevallier de la rébellion algérienne ».
Khodja était le chef d’un maquis FLN implanté dans la région de Palestro. Il était sous les ordres de Ouamrane, qui commandait en Kabylie. Le 17 mai 1956, Khodja monta une embuscade. Grâce à l’armement de Maillot, il y fit tomber une section de fantassins français. Des soldats du contingent, rappelés tout récemment, et commandés par un officier de réserve, le sous-lieutenant Arthur. Soldats arrivés en Algérie le 3 mai 1956.
Lors de cette embuscade, le sous-lieutenant Arthur fut tué avec 17 autres soldats français. Qu’on retrouva les yeux crevés, la gorge tranchée, le ventre ouvert, les entrailles remplacées par des pierres, les couilles coupées, par la populace environnante qui, terrorisée par le FLN, s’est livrée aux horreurs que celui-ci lui avait commandé d’accomplir sous peine de mort.
Au-delà de ce drame, au-delà de l’émotion que provoque aujourd’hui encore l’évocation de cette tuerie du 17 mai 1956, surgit une interrogation. Et elle est de taille !
Ces armes ont bien été transportées d’Alger à Palestro. De quelle manière ?
Grâce à deux voitures américaines. Ces voitures furent chargées à partir de la villa Pouillon où avait été entreposée une partie de l’armement volé par Maillot. Une villa affectée à l’usage du maire d’Alger, Jacques Chevallier. Une de ces deux voitures fut conduite par Madame Chaulet en personne, celle qui n’était pas « pour » le FLN mais « du » FLN.
Ce drame nous permet d’illustrer la complicité très active du monde libéral, du monde chrétien progressiste, avec les tueurs de Français. Ils ont mis la main à la pâte dans l’organisation de massacres de soldats, de civils français et de civils musulmans.
Il faut cesser d’en faire des idéalistes pacifistes, des philanthropes, des défenseurs de l’égalité. Leurs mains sont couvertes de sang. Qu’ils cessent de pontifier à l’abri du dogme des Droits de l’Homme, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Qu’ils reconnaissent leur co-responsabilité dans les massacres d’Algérie.
Nous incluons parmi ces responsables de massacres, Jacques Chevallier en personne, au poste le plus élevé. Il disposait en effet des moyens nécessaires pour faciliter l’action des complices progressistes du FLN, action qui fut parfois, hélas, couronnée de succès.
Une autre personnalité est venue doubler l’action mise en œuvre par le Député-maire d’Alger, Jacques Chevallier. Il s’agit d’Abderrahmane Farès. Ancien notaire de Coléa, ancien président de l’assemblée algérienne. Farès faillit faire partie du premier gouvernement constitué par le général De Gaulle, en 1958, lorsque celui-ci occupa le poste de dernier président du conseil de la IVème République, sous la présidence de René Coty.
Farès demanda des instructions au FLN qui lui intima l’ordre de refuser ce poste. Ainsi, il est bien établi que Farès n’obéissait qu’à ses chefs FLN. Mais De Gaulle l’utilisa tout de même comme un chargé de mission officieux, dont la fonction capitale fut d’assurer les pré-négociations entre lui-même, Pompidou et René Brouillet d’une part, Ferhat Abbas et le G.P.R.A. d’autre part, après la naissance de ce dernier le 18 septembre 1958.
J’ai entendu dire par quelques naïfs, ou pseudo-naïfs, que Farès avait gardé au fond de lui-même un sentiment « Algérie française », particulièrement vivace. On a même prétendu qu’en 1962, lorsqu’il exerça les fonctions de chef de l’Exécutif Provisoire en Algérie, il nourrissait une vilaine rancune contre De Gaulle parce que celui-ci avait trahi l’Algérie française. Une vilaine rancune aussi contre le FLN qui n’avait pas voulu reconnaître ses mérites, en refusant de lui réserver une place de choix dans le futur gouvernement algérien.
Ces rumeurs sont frappées du sceau de l’irresponsabilité la plus infantile.
Farès a toujours été un ennemi. A partir du mois de mars 1962, il fut animé d’une ambition pour lui-même en se servant des autres. Il fut rappelé à l’ordre par Fouchet, Joxe et Jacques Chevallier son camarade libéral. Mais surtout par le FLN. Il rentra dans le rang, pour disparaître pratiquement de la vie politique à partir du 3 juillet 1962.
Entre temps, il avait réussi quelque chose : obtenir le cessez-le-feu de l’OAS, réclamé par Jacques Chevallier.
Alors que lui-même avait déclaré, précédemment, que les actions de guerre de l’OAS constituaient le seul moyen de conférer à notre organisation, un statut « d’interlocuteur valable ».
J’affirme aujourd’hui que les morts imputables à l’OAS, à partir du vendredi Saint 1962, sont de la responsabilité du négociateur Farès et de son interlocuteur.
Farès faisait partie de ces notables algériens qui ont su faire du « double jeu » un trait fondamental de leur personnalité politique.
Nous savons d’une source irréfutable, puisque c’est lui-même qui l’a écrit, qu’il entretint des relations suivies avec des chefs terroristes. Entendez-moi bien : je dis bien « des chefs terroristes », je n’évoque pas ici des leaders de la Révolution Algérienne dont l’activité restait confinée dans le domaine des aspirations revendicatives.
Il rencontra Ouamrane dit « l’égorgeur ». Il fut en contact répété avec le cheik des oulémas, Ibrahim Bachir, ennemi mythique de la France. Il réussit à obtenir une entrevue avec Larbi Ben M’Hidi, chef de la ZAA.
Il prit contact personnellement, en pleine casbah, avec Yacef Saadi et Ali la Pointe. C’était en 1956. Qu’on ne s’y trompe pas. Ces contacts furent mis en route à la demande de Farès lui-même. Car il lui fallait donner des gages de sa fidélité inconditionnelle. Donner des gages, oui, mais à qui ? A ceux qui étaient capables de tuer ou de faire tuer.
Il leur démontra qu’il se situait bien dans leur combat. Il les supplia de bien enregistrer qu’il était en train de trahir la France. Il faisait allégeance à la terreur.
Nous fûmes avertis de cette attitude de Farès. Nous ? « C’est qui… nous ? ». Un réseau anti-terroriste constitué par mes soins à Alger en 1955. Dès 1956 nous nous mîmes en chasse de Farès. Il fut averti. On le mit donc à l’abri dans la capitale française.
Il mit son séjour parisien à profit pour rencontrer de nombreux chefs FLN. En particulier Lebjaoui, qui commandait depuis peu de temps, la Fédération de France du FLN. Mais qui était Lebjaoui ?
Quelques semaines auparavant, il était encore conseiller municipal de la ville d’Alger. Il était très proche de Jacques Chevallier. Nous savons aujourd’hui, de sources sûres et spécialisées, qu’il avait organisé un véritable bureau d’appui de la ZAA, dans les locaux même de la mairie d’Alger. C’est lui qui, de la mairie d’Alger, alimentait en fausses cartes d’identité, les tueurs du FLN. Il le faisait par l’intermédiaire d’un appariteur, Rabah Adjaoui. Celui-ci était chargé de transmettre ces faux-papiers aux opérationnels du FLN. Rabah Adjaoui transmettait aussi à Ben M’hidi et à ses agents, les noms de fonctionnaires français à abattre. Adjaoui fut arrêté. Mais Jacques Chevallier réussit à le faire libérer.
Pas de chance ! Une patrouille du 9ème Zouaves, mal informée des protections dont jouissait Rabah Adjaoui, l’a flingué rue de la Lyre, tout près de la très célèbre rue Porte Neuve. Il était porteur des cartes d’identité qu’il devait livrer aux tueurs de la Casbah, permettant à ces derniers d’évoluer dans les meilleures conditions possibles en pleine ville d’Alger.
Lebjaoui, patron de Rabah Adjaoui fut très rapidement contraint à la clandestinité. Il quitta Alger. Ce conseiller municipal d’Alger, ce fonctionnaire municipal de la ville d’Alger, se vit attribuer une fonction importante de la part du FLN, en reconnaissance des services qu’il avait rendus à la rébellion. Il fut nommé commandant de la Fédération de France du FLN.
Dans le cadre de cette fonction, il rencontra Farès à Paris, dans le 17ème arrondissement rue Legendre, tout près du Parc Monceau. Farès vint se mettre à ses ordres. Il tint à lui confirmer sa soumission au commandement FLN.
Arriva le 13 mai 1958. De Gaulle prit le pouvoir. Farès bénéficia alors de l’incroyable privilège d’entrer en contact personnel avec le général De Gaulle. Celui-ci en fit un chargé de mission clandestin. Un officier de liaison entre lui-même et Ferhat Abbas. Cependant, toujours prudent, Farès se lança dans une entreprise permanente de nouveaux contacts avec les leaders du FLN qui séjournaient en Europe. Car, comme à Alger, il lui fallait donner des gages de fidélité. C’est ainsi qu’il rencontra Ben Tobal.
Pourquoi cette débauche de rencontres de la part d’un homme qui, plus tard, exerça les fonctions de chef de l’Exécutif Provisoire ?
Parce que Farès avait la trouille. Il craignait de connaître la même mésaventure tragique qu’a connue Benabyles. Celui-ci, député élu sur une liste « Algérie française », comprit, au lendemain du discours du 16 septembre 1959, prononcé par le général De Gaulle, que l’Algérie française était perdue. Il retourna sa veste. Il sollicita auprès de Ferhat Abbas, qu’il connaissait depuis longtemps, un poste au sein du gouvernement FLN en exil. Il s’apprêtait à rejoindre le GPRA pour y occuper de nouvelles fonctions. Benabyles fut intercepté dans l’Allier et tué.
Tué, par qui ?
On a voulu imputer cette liquidation aux services secrets français, qui auraient voulu le punir de cette volte-face.
Le général Jacquin est formel et affirme en substance :
« C’est faux. C’est Ben Tobal qui l’a fait flinguer par un tueur FLN qui, après l’opération, reste caché en France ».
Caché en France ? Mais où donc ?
Jacquin est précis :
« A Lyon, chez le primat De Gaulle, tout près de l’archevêché ».
Pourquoi l’exécution d’un homme d’une telle valeur ? Parce que le colonel Ben Tobal a pris ombrage de ces fonctions importantes qui commençaient à être attribuées à des transfuges de l’Algérie française. Les places, c’était pour les combattants des premiers jours ! Et non pour des renégats de l’Algérie française, opportunistes et ambitieux.
Farès, dans le souci de bien montrer où étaient ses complices, n’hésita pas à rencontrer Blachette à l’hôtel Georges V à Paris. Nous savons qui est Blachette, « faux mentor » et « véritable instrument de Jacques Chevallier ».
Les promoteurs gaullistes de la nouvelle carrière de Farès, s’inquiétèrent du sort qui pouvait être réservé à celui-ci. Ce pion fondamental de la liquidation de l’Algérie qu’était devenu Farès et dont de Gaulle voulait faire un usage rentable, devait être protégé à tout prix.
« Ils ne vont tout de même pas nous le tuer celui-là aussi ! »
Mais comment assurer la protection de Farès. C’est tout simple. On le fout en taule. On lui signifie, sans rire, une inculpation bidon « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». Dès le cessez-le-feu, Farès sort de la prison de Fresnes. On le conduit d’urgence à l’Elysée. Il est reçu par De Gaulle qui l’accueille en ces termes :
« Alors, mon cher président, bien reposé ? »
Voilà comment Farès réussit à survivre au danger qui le menaçait. Il pourra exercer ses talents faits de duplicité et de roublardise à Alger, lorsqu’il occupera les fonctions de président de l’Exécutif Provisoire. En accord total avec Jacques Chevallier … et les sous-ordres de celui-ci récemment recrutés pour mener à son terme, enfin, la mort de l’Algérie française.
VI – OU ME SITUER DANS « TOUT CA » ?
Dans ce fragment d’étude qui va suivre, j’éprouve la nécessité de faire intervenir un personnage que vous avez peut-être rencontré dans mes deuxième et troisième livres. Il s’agit d’un colonel des services spéciaux espagnols.
J’ai tenu et je tiens encore à occulter sa véritable identité. Il m’a informé, au fil des années, de quelques dessous « noirs » du rôle joué par l’Espagne franquiste, dans les évènements que nous avons connus en Algérie.
Pendant longtemps, il s’était considéré redevable à mon père d’un appui que celui-ci lui avait apporté en 1936. Phalangiste militant, Antonio Muñoz Cabanillas, avait fui la zone rouge valencienne au tout début de la guerre civile espagnole. Il avait rejoint Alger, où il fut pris en compte, par erreur, par des rouges espagnols d’Alger, qui pensaient avoir affaire à un militant dont l’ambition était de rejoindre la catalogne que les rouges tenaient entre leurs mains, depuis le fiasco du coup de force tenté par le général Goded .
Etudiant en « lettres et philosophie », Antonio s’exprimait dans un français excellent. Il réussit à donner le change à ceux qui l’accueillaient. Or, l’un d’entre eux, personnalité rouge très importante de Bab-El-Oued était le frère de ma grand-mère, l’oncle de mon père donc, Manuel Escobedo Pla.
Quand celui-ci éprouvait une difficulté pour accorder son aide à un réfugié, il avait le plus souvent recours à son neveu, mon père, pour trouver les solutions adéquates qui allaient permettre à ces réfugiés de vivre dans les meilleures conditions possibles, à Alger.
Mon père, citoyen français par la naissance et surtout par choix effectué en 1916, était un franquiste enthousiaste. Il réussit, après avoir détecté les véritables convictions politiques d’Antonio Muñoz Cabanillas, à le faire prendre en charge par un réseau de soutien de Bab-El-Oued. Antonio fut acheminé vers l’Oranie puis le Maroc espagnol. Il rejoignit les troupes franquistes du général Yagüe, qui opéraient dans le sud de l’Espagne à cette époque. Il devint officier très rapidement et participa à la guerre civile du début à la fin.
Sa connaissance de la langue française en fit l’objet d’un recrutement de choix pour les services spéciaux espagnols. Il devint un officier de la célèbre Segunda bis. Il participa au noyautage de tous les réseaux de refugiés communistes qui vivaient en Afrique du Nord. Ceux-ci furent pris en mains par des officiers de renseignements espagnols qui se faisaient passer eux-mêmes pour des réfugiés rouges. Ils recrutaient ainsi des agents parmi les rouges espagnols d’Algérie, qui, contre une promesse d’amnistie, se livraient à des activités pour le compte des services spéciaux espagnols.
Pendant la guerre d’Algérie, « ces rouges espagnols » intervinrent donc bien en faveur du FLN. Mais, par dessus tout, et cela nous l’ignorions, ils agissaient dans le cadre des recherches et opérations mises en œuvre par les services spéciaux franquistes.
Si cet aspect de notre histoire vous intéresse, je vous invite à prendre connaissance de mes livres « Debout dans ma mémoire » et « Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie ». J’y explique, en particulier, comment cet officier m’avait détecté comme le fils de celui qui lui avait apporté un concours décisif en 1936 à Alger, à travers les différents rôles que j’ai tenus dans l’action anti-terroriste de 1955 à 1962.
Il n’avait jamais repris contact avec mon géniteur, qui l’avait oublié. Et lorsque je rejoignis l’Espagne, au mois de juin 1962, il prit l’initiative d’un contact avec moi, dans l’espoir de s’affranchir, si possible, de la dette qu’il avait contractée vis-à-vis de mon père.
Je l’ai revu à Madrid en 1993. Il souffrait d’un cancer arrivé à la phase terminale. Il avait manifesté la nécessité de me voir. Comme s’il voulait me transmettre un testament avant son départ dans l’autre monde. Ce fut une rencontre de quelques jours, très riche en un enseignement que je tiens à partager avec vous.
Jusqu’à nouvel ordre, je donne la parole à Antonio Muñoz Cabanillas, qui s’exprima ainsi :
« J’ai remarqué dans tes ouvrages, que tu évoques avec abondance, le martyre de Ramon LLULL, ce génie du XIIIème et XIV siècle, qui avait proposé un dialogue entre le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Il a été lapidé dans ta ville natale de Bougie, au début du XIVème siècle, parce qu’il proposait le recours à la « sagesse unitaire de Dieu » pour parvenir à une convivialité spirituelle nécessaire à la paix du monde.
Cinq siècles plus tard, en 1830, la France a pris pied en Algérie.
Puis survint l’abandon.
Tu sais qu’à cette époque, j’étais astreint au devoir d’obéissance inhérent à tout militaire.
Aujourd’hui, avant mon départ définitif de ce pauvre monde, je tiens à te dire que nous, Espagnols, nous nous sommes trompés.
Notre crétinisme, notre trahison même furent de ne pas voir dans la bataille de l’OAS, un combat ultime pour la défense d’une position chrétienne et occidentale en Afrique du Nord. Les combattants de l’OAS, en voulant maintenir cette tête de pont de la France et de l’Europe qui s’enfonçait jusqu’au fin fond du Sahara, se battaient en réalité pour la Liberté.
La liberté du christianisme et aussi, paradoxalement, la liberté de l’Islam.
Ces deux religions, en effet, auraient pu trouver là-bas, enfin ! l’occasion de créer et de consolider pour les temps à venir, un « vivre ensemble » qui aurait été élaboré à partir d’une victoire.
Sur un territoire où le génie français, aidé du génie européen, aurait conféré à ces deux cultes, la possibilité d’un « avenir géant », comme on le dit aujourd’hui.
Un avenir qui se serait construit grâce à la paix et la liberté françaises. C’était le but du combat que tu as mené, avec d’autres trop peu nombreux hélas.
Voilà pourquoi je suis fier de t’avoir chez moi et pourquoi je te remercie encore de ton amitié.
Vous avez perdu l’Algérie. C’est vrai. Malgré les victoires indiscutables de son armée, la France s’est mise en situation de vaincu historique, vis-à-vis des pays du Maghreb.
Cette défaite, c’est toute l’Europe qui devra néanmoins l’assumer. L’Europe ! Cette petite presqu’île occidentale, cernée, depuis la mort de l’Algérie française, par le fanatisme religieux. L’Europe, infectée, viciée, gangrénée par l’horrible virus de l’irresponsabilité.
Mais je te le dis, parce que c’est ma conviction, le peuple pied-noir que tu évoques tout le temps comme le peuple oublié, a gagné la France.
C’est à lui qu’appartient l’obligation du nouveau combat qu’il faudra mener : ne pas subir demain la loi des fanatismes.
Tu connais, car tu l’as expérimentée à tes dépens, la rigueur de notre police espagnole. Ainsi que l’efficacité de nos services spéciaux. Tu te souviens qu’en 1960, l’Espagne franquiste soutenait à fond le FLN. En particulier, le président du GPRA, Ferhat Abbas. En réalité le soutien espagnol s’était manifesté dès le début de la guerre d’Algérie.
Un de mes chefs, le général Garcia Valino, au nom du général Franco, a rencontré Ferhat Abbas. Cet officier avait réceptionné à maintes reprises les armes destinées aux rebelles algériens. C’était sur les plages de Tétouan et de Nador. Elles étaient véhiculées par la suite en Algérie, par la frontière algéro-marocaine.
A la même époque, toutes les facilités furent accordées aux chefs FLN de circuler et de séjourner dans notre pays. De comploter contre la France à partir de l’Espagne. En particulier Yazid, qui semble avoir été, à un moment donné, le préféré du gouvernement franquiste.
Tu rappelles souvent, dans tes écrits, qu’au tout début de l’été 1958, la ville de Barcelone avait été choisie par Pompidou. Bien avant le retour au pouvoir du général De Gaulle. Pompidou fut le premier chef de cabinet du général, en particulier lorsque celui-ci devint le dernier président du conseil de la IVème République.
Barcelone, choisie, pourquoi ?
Pour y entamer des négociations avec l’Organisation Extérieure de la rébellion algérienne. Les historiens évoquent trop peu ce projet, parce qu’il démontre qu’il existait un accord, bien avant 1958, entre De Gaulle et Ferhat Abbas. Un document fait foi de cette réalité : c’est le célèbre document Pompidou.
Barcelone fut donc choisie pour y rechercher les moyens d’aboutir à un cessez-le-feu en Algérie. Le gouvernement espagnol avait donné son assentiment. Il s’était porté garant de la sécurité personnelle des représentants du FLN qui auraient participé à ces négociations car, évidemment, chez mes confrères gaulois, nombreux étaient ceux qui ne voulaient pas souscrire à ce qu’ils considéraient comme une capitulation.
Aujourd’hui je les comprends !
Pour les organisateurs franquistes de ces négociations, il fallait empêcher à tout prix, le déroulement d’une opération identique à celle que ces mêmes services français avaient montée le 22 octobre 1956. Quand fut organisée l’affaire de l’avion dévié sur Alger, dans lequel voyageaient Ben Bella, Kidder, Aït Hamed, Boudiaf, c’est-à-dire une brochette représentative de personnalités révolutionnaires algériennes.
Tout cela démontre, et tu ne l’ignore pas, qu’en 1960, il n’était pas question pour le gouvernement espagnol de soutenir les partisans de l’Algérie française. A plus forte raison, de s’incorporer, plus ou moins officieusement, à un complot contre le général De Gaulle.
Les partisans de l’Algérie française ont entrepris, cependant et en plusieurs occasions, un travail d’approche auprès du gouvernement franquiste. Ils le faisaient au nom de l’anti-communisme. Mais tu le sais, peut-être mieux que les autres : le danger communiste était un leurre en Algérie. Nous savions que la motivation fondamentale de la guerre d’Algérie, était raciste et religieuse. Raciste « arabe » et « islamiste-fondamentaliste ».
Nous avions, nous aussi, dans l’oreille, le message du Cheik Ibrahim Bachir, président de l’association des oulémas d’Algérie. Il avait proclamé que le combat était engagé pour « le triomphe de l’arabisme et de l’Islam ».
J’ai noté avec quelle vigueur tu insistes sur ce fait historique que l’on s’attache à occulter aujourd’hui . Avec une constance qui en dit long sur son importance.
Cependant, il n’était pas question, pour nous, les services secrets, de neutraliser les partisans de l’Algérie française. Ceux qui faisaient le siège de certains hommes influents du franquisme. Il fallait au contraire, les circonvenir, les contrôler, bref les rouler.
Parmi ces partisans affirmés de l’Algérie française, se comptaient des « purs », des hommes sincères pour lesquels j’éprouvais beaucoup de sympathie. Mais certains d’entre eux, une minorité, étaient parfaitement informés du camp choisi par le gouvernement franquiste.
Cette connaissance qu’ils avaient de la réalité, permet d’affirmer qu’ils se soumettaient de facto au gouvernement français par Franco interposé.
En 1960, le général Salan s’est replié en Espagne. Il fut l’objet de contacts de la part de notre gouvernement. Car il nous fallait évaluer ses intentions et surtout ses moyens d’action. Nous nous sommes aperçus que, jusqu’au procès des barricades, il ne disposait de rien. Quelques contacts à Paris, au Pays basque ainsi que dans le sud-ouest de la France, à Bayonne, à Libourne, tout particulièrement. Voilà ce qu’étaient à cette époque les « biscuits » du général Salan.
Auprès de lui séjournait ce que j’appelle « un poisson pilote », Ferrandi. Un homme très fin, très cultivé, brillamment intelligent. Lui, n’était pas dupe de l’orientation prise par le gouvernement espagnol dans le conflit algérien. C’était par excellence, un homme de cabinet. Il fut l’objet de nos contacts, dont la police de renseignements généraux française fut évidemment informée par nos soins. Ferrandi ne pouvait pas l’ignorer, compte tenu de sa finesse politique.
Quand arrivèrent les autres, Lagaillarde tout d’abord puis Susini, Feral, Demarquet et Ronda, nous nous sommes interrogés. Qui, parmi ces nouveaux arrivants, allaient se brancher sur Salan et sur Ferrandi ? C’est-à-dire, à son insu, sur les services français.
Lagaillarde ? Certainement pas, car il aspirait à être le chef et n’acceptait pas de bonne grâce une éventuelle subordination à Salan.
Feral, Ronda ? C’était des militants sincères, courageux, des purs. Des hommes sur lesquels nous avions les meilleurs renseignements.
Demarquet ? Un fonceur, au profil caractéristique de « bon soldat ». Un pur.
Susini ? Il n’eut de cesse que de séduire Ferrandi d’abord et Salan ensuite. Celui-ci va tomber sous son charme. Il va se laisser littéralement envoûter. Ces hommes vont bénéficier rapidement d’un contact privilégié auprès de celui qui jouera le rôle officieux, mais ô combien réel, de notre honorable correspondant auprès des activistes de l’Algérie française.
J’évoque don Ramon Serrano Suner, le propre beau-frère du général Franco.
Don Ramon était indiscutablement fidèle au général Franco. Jamais il n’aurait accepté de s’engager dans un parti qui irait à l’encontre de la politique algérienne du chef de l’Etat espagnol. Les franquistes ne trahissaient pas Franco, de son vivant. Ne trahissaient pas la politique de Franco. Serrano Suner, moins que les autres. Il s’est contenté d’offrir un concours dosé, contrôlé sur instructions, à ceux qui allaient comploter contre De Gaulle.
Mais Serrano Suner se prêtait à ce jeu avec un immense plaisir. Car il était violemment anti-gaulliste et cette pseudo conjuration lui permettait de se livrer à de violentes critiques verbales contre le général De Gaulle, qu’il détestait.
Sur instructions donc, il a apporté son concours à Salan et à ceux qui gravitaient autour de lui. Il leur a fait connaître des militants phalangistes, que toi-même a connus par la suite et que tu as fréquentés dans leur intimité pendant plusieurs années.
Ces hommes étaient sincères. Ils n’étaient pas du tout informés des secrets de la diplomatie espagnole. Ils étaient vos partisans, parce qu’ils vous identifiaient aux fils spirituels de Pelayo qui, à partir de Covadonga, a déclenché le combat conquérant de l’Espagne contre les Maures dès le début du VIIIème siècle.
Le départ du général Salan pour Alger en avril 1961, après le début du putsch d’Alger, ne s’est pas opéré à l’insu de nos services. Nous contrôlions tout. Les instructions étaient de laisser filer le général Salan. Le gouvernement du général De Gaulle, évidemment averti, ne nous a pas tenu rigueur du départ de Salan. Car son action après le putsch, dont tout le monde savait qu’il allait échouer, aurait été peut-être plus gênante pour les gaullistes à partir de l’Espagne ou du Portugal, dans l’éventualité où Salan serait resté ici.
Je soupçonne que la compréhension des gaullistes à l’égard de l’Espagne en 1961, était motivée par un espoir qu’ils nourrissaient à cette époque. Celui d’une opposition entre Challe et Salan. Une opposition qui allait accélérer la déstabilisation de ce putsch qui partait d’un très mauvais pied. Il fallait conserver le ver dans le fruit. En l’occurrence Ferrandi, le « poisson pilote » du général Salan.
Tu as dit récemment que l’OAS avait été l’objet d’une tentative de noyautage. Je préfère dire qu’elle a été fréquentée par des hommes qui allaient se vanter plus tard, d’avoir joué un double jeu.
Aujourd’hui, en 1993, nous n’en sommes plus très loin. Pour obtenir le droit de devenir éventuellement des hommes publics, il leur faudra soutenir qu’ils étaient à l’OAS pour la freiner, la contrôler, l’empêcher d’aller trop loin.
Tes dispositions naturelles à la violence, ton intransigeance doctrinale, ton refus de t’inclure dans une formation politique, la pureté de tes convictions, feront de toi un gêneur. Eventuellement, un homme à abattre. En tout cas, un homme à salir, à démolir, après le 26 avril 1961.
Chose curieuse, tu as tenu bon, comme un roc au sein d’une organisation faisandée au départ. Une organisation qui finalement, résista contre l’adversité, au-delà des délais prévus.
Une organisation qui, pendant 90 % de son temps de vie, a résisté au reniement. Je suis certain que, grâce à tes appuis populaires, à ces hommes qui se sont mis à tes ordres, à ces hommes qui auraient tué n’importe qui pour toi, tu es devenu intouchable. Les autres se sont méfiés de toi et finalement, ils t’ont ménagé. Puis ils t’ont obéi, quoi qu’ils en disent aujourd’hui, quoi qu’ils disent éventuellement plus tard, pour un grand nombre d’entre eux.
Crois-moi, à la lecture du « Sang d’Algérie » je comprends à quel point tu as su manœuvrer à la fin, lorsque tu t’es rendu compte que tout était perdu.
Tu as accepté un contact que des Kabyles avaient demandé à des agents du BCR, à partir de la zone d’implantation de la Wilaya III. Ces kabyles ne voulaient pas de Ben Bella qui était l’homme choisi par le gouvernement français pour prendre le pouvoir en Algérie, après le référendum qui allait consacrer l’indépendance du pays.
Tu as donc demandé à Susini, le samedi de Pâques, c’est-à-dire le lendemain de l’arrestation du général Salan, dans l’appartement d’un chirurgien de tes amis situé au Boulevard Saint-Saëns à Alger, d’engager des négociations avec Farès.
C’est-à-dire que tu t’es finalement incorporé à des négociations qui allaient bon train depuis longtemps entre une aile de l’OAS et le pouvoir exécutif algérien provisoire.
Des négociations qui allaient bon train entre l’ancien maire d’Alger, Jacques Chevallier et cette même aile de l’OAS qui était en contact avec Farès.
Au sein des deltas Chevallier était représenté par un de ses hommes de confiance, Caruana. Par ailleurs, Chevallier était représenté dans une autre branche importante de l’OAS, par le neveu de l’ancien maire de Blida, partisan de la politique d’abandon prônée par Jacques Chevallier. Tu savais tout cela. Tu l’as toléré, tu me l’as maintes fois précisé, pour des raisons rigoureusement pratiques et surtout sentimentales : éviter par tous les moyens un massacre des Pieds-Noirs.
J’imagine aujourd’hui le soulagement de ceux qui ont reçu ton aval. Ils n’avaient pas osé te le demander auparavant. Ils se méfiaient de tes réactions expéditives. Ce qu’ils ignoraient, c’est que ton aval avait pour objet d’éviter par tous les moyens, je le répète en insistant, le génocide des Français d’Algérie ».
Antonio s’arrête de parler. Il reprend son souffle. Je le perçois très éprouvé par l’interprétation qu’il me donne de ce qu’il croit avoir compris de notre combat. En réalité, il m’offre son récit comme un gage d’adhésion, une adhésion, déjà posthume, à notre lutte. C’est son cadeau d’agonie.
Son exposé m’a néanmoins replongé dans ce passé encore tout riche de son contenu douloureux, tragique. De sa vitalité pleine de doutes, pleine de sang.
Effectivement Jacques Chevallier était présent dans notre structure de combat. Le Journal d’Alger, son quotidien, dont il assumait la publication avec Blachette, côtoyait l’un d’entre nous, dont nous pensions qu’il était un frère d’armes, par l’intermédiaire du rédacteur en chef de ce même quotidien.
Dès le mois d’octobre 1961, Susini, Degueldre et Caruana avaient rencontré l’ancien maire d’Alger, dans sa magnifique villa du Balcon Saint-Raphaël à El-Biar. Caruana était l’émissaire constant de Jacques Chevallier. En réalité, ce qui fut fomenté, c’était une tentative de putsch à l’intérieur de l’OAS. Dont je n’ignorais rien. Ce qui m’a conduit, nécessairement à structurer ma prudence. Organiser un appareil de surveillance à l’intérieur de l’OAS. Ne confier ma sécurité à personne d’autres qu’aux miens.
Surveiller et contrôler tous les autres et surtout, ne dénoncer personne. Eviter une épreuve de force. Patienter. Attendre que la logique, sans parler de l’honneur et de la fidélité, puis de la camaraderie et de l’estime, inspirent à nouveau ces imprudents comploteurs.
En quelques semaines, bien avant l’été 1961, tout finit par s’arranger avec Degueldre. Caruana me dira plus tard à Paris, en 1972, devant témoins, que Degueldre s’était rendu à contrecœur à cette réunion d’octobre 1961 avec Jacques Chevallier. Finalement, Roger accepta son rôle dans l’ORO , au poste qui lui avait été attribué. Parce que l’appareil dont j’avais la responsabilité, fonctionnait remarquablement.
Tous les jours nous mettions au point nos directives opérationnelles. Et tout a évolué normalement, jusqu’à son arrestation comme je l’ai relaté dans une étude récente.
Antonio, après avoir dominé son essoufflement, reprend son récit. Il veut me raconter l’OAS. Il veut me faire sentir qu’il est devenu un partisan de l’OAS. Et le vieux guerrier se remet à parler.
« Ces négociations entre le FLN, les gaullistes, Jacques Chevallier et une fraction de l’OAS, ont pris rapidement une orientation radicalement opposée à celle que tu espérais. C’était un ralliement à Ferhat Abbas, à Fouchet et à Joxe. Avec Farès, qui n’avait fait que reprendre son rôle d’officier de liaison auprès du général De Gaulle, comme il l’avait fait en 1958, pendant l’été, entre De Gaulle et Ferhat Abbas.
Lorsque tu as été informé de cet aspect des tractations engagées, du risque que l’on s’apprêtait à faire courir au peuple pied-noir, tu as manifesté des réserves. Car ce que voulaient les négociateurs, se résumait dans la volonté de faire rester en Algérie le maximum de Pieds-Noirs. C’était prévu dans les accords d’Evian.
Tu étais sur la réserve. Tu as réuni tes fidèles pour connaître leur avis. Et c’est alors que l’on t’a coupé l’herbe sous les pieds, par le cessez-le-feu des Deltas. Cessez-le-feu décidé à la demande de Jacques Chevallier.
Le reste des combattants n’étaient pas encore disposés à se soumettre à ce qu’ils considéraient comme une capitulation. Tu as été soumis de leur part à de fortes pressions pour contrecarrer ce plan. Si tu réagissais dans leur sens, cela faisait de toi une brute, un jusqu’au boutiste, un fanatique inconséquent.
Tu n’es pas tombé dans ce piège.
Tu as réussi à leur faire entendre raison. Tu as rédigé ton ordre du jour et tu es parti car ta mort devenait dès lors une nécessité. D’autant plus que Farès n’ignorait pas qu’en 1956, tu lui avais donné la chasse.
A cause de cette interruption opérationnelle, plus aucun moyen n’existait pour protéger les Pieds-Noirs contre les massacres et les enlèvements.
Le cessez-le-feu de l’OAS allait révéler une vérité qui jusque là était encore remarquablement occultée. Celle de sa faiblesse. Celle du bluff qu’elle représentait. Bluff nécessaire à la protection des Français d’Algérie. Il aurait fallu que se constituât cette force locale européenne, armée en guerre dont tu avais exigé la création, comme préalable à ton accord aux négociations qui étaient engagées.
On t’a laissé croire que c’était possible, que c’était raisonnable … et puis plus rien.
Tu as donc bien fait de ne rien tenter. Ne te reproche rien. Je conçois que ce drame te ronge encore. Tu avais prévu en effet un dernier combat. Tu aurais voulu mettre en pratique, si possible, cette maxime de Duguesclin « Mieux vaut terre brûlée que sol abandonné ». Mais tu as fait le constat d’une insuffisance de moyens pour l’accomplissement de ce projet.
A cause de toi, je me suis intéressé comme le spécialiste que je suis, à la vie de l’OAS. De toutes les organisations clandestines que j’ai pu connaître, il n’en existe aucune qui n’ait été autant trahie de l’intérieur. C’est la raison pour laquelle j’exprime mon admiration pour la vigueur des combattants que tu commandais, qui malgré la trahison ont résisté pendant 15 mois. Alors que le monde entier était contre vous, à l’exception du Portugal.
Il n’en reste pas moins vrai que le combat de l’OAS restera le dernier combat qui fut mené contre les Maures, un combat trahi par la chrétienté et tous les autres.
A quelques jours de la mort, je voudrais répéter ce que je t’ai déjà dit : « le peuple pied-noir auquel tu as tout sacrifié, était trop civilisé pour cette guerre ».
Il aurait fallu vous comporter en véritables sauvages dès le début de la guerre, car c’était à une guerre de sauvages que vous étiez confrontés. Ou alors, il fallait partir.
J e te dis aujourd’hui, que tu as bien fait de faire ce que tu as fait, car il n’y a pas de pire individu que celui qui refuse de défendre sa Terre, sa Patrie, sa Nation.
Nous allons nous dire adieu. Je t’expédierai certainement un courrier avant ma mort pour te soumettre des questions auxquelles tu devras répondre dans l’espace de temps qui te conviendra pour le triomphe de la vérité.
Je tiens à affirmer que nous, Espagnols, franquistes ou non, communistes, socialistes, anarchistes ou séparatistes, en ayant refusé de soutenir l’Algérie française, nous avons renié Covadonga. Notre merveilleuse épopée de Govadonga. Nous avons trahi le message de Pelayo. Car nous nous sommes dérobés au combat contre les Maures.
C’est là que se situe la vérité.
Tout le reste n’est que littérature politique, économique ou philosophique. Nous avons déserté la bataille du XXème siècle contre les Maures »
VII – CONCLUSIONS
Je ne suis victime d’aucun état d’âme particulier. Enrichir, éventuellement, votre information, tel est le but de cette rédaction.
Mes angoisses et mes espérances, mes doutes parfois, ne constituent pas, loin de là, des sujets à développer publiquement.
Je me suis engagé dans cette bataille dès 1955 et les nécessités de son déroulement m’ont projeté finalement à un poste décisionnaire de tout premier ordre.
Le comportement désinvolte parfois de quelques-uns parmi nos opérationnels, qui ne semblaient pas tous informés du niveau historique de la cause qu’ils défendaient, le comportement critique et chauvin de quelques militants éloignés d’Alger à l’égard du commandement central, ont fragilisé certainement notre appareil de combat.
Ces insuffisances ont ouvert la voie à quelques comploteurs pour développer leur jeu personnel. Ne pas rater l’occasion d’être détectés comme ce qu’ils croyaient être : des individus capables de tenir un rôle de dimension internationale. Fabriquer un prestige qui allait les placer tout le temps à un poste privilégié dans le mercenariat politique, tel était le motif réel de leur participation à l’OAS.
Degueldre fut le premier à être tombé, pendant un laps de temps court, très court, entre les mains de ces intrigants perpétuels. Il lui a fallu quelques semaines pour s’en extirper et pour apprécier à sa juste valeur, l’attitude de ceux, les plus nombreux, qui n’étaient animés que de cette ambition :
Algérie française.
Degueldre avait jugé et apprécié la vigueur et la discipline avec lesquelles j’organisais l’ORO. Il savait que je ne poursuivais aucune perspective de carrière. Sauver cette terre africaine française, c’était mon but. Ma passion. Ma seule passion.
J’ai assumé des décisions terribles que je ne renie pas. J’ai eu, sous mes ordres, des hommes de toutes origines politiques et sociales, de niveaux intellectuels différents qui m’ont écouté. Je n’ai jamais accepté d’être contrôlé par un homme politique. J’ai été très attentif à protéger l’appareil que je commandais contre une prise en mains extérieure, à l’initiative d’une structure qui ne serait pas en harmonie avec notre but de guerre : la victoire pour l’Algérie française.
Aujourd’hui, je n’éprouve aucun scrupule à dire que j’accorde un grand intérêt à tout travail historique consacré à la gloire de nos ennemis les plus féroces : Krim Belkacem, Ben Tobal, Khodja… parmi beaucoup d’autres.
Je comprends que nos ennemis éprouvent la nécessité de glorifier ceux qui se révélèrent parmi les plus déterminés à tuer la France Sud-Méditerranéenne.
Cependant, il m’est difficile d’accepter l’attitude suivante : l’éloge ou plutôt la sanctification des traîtres à la patrie française, prononcée par quelques anciens parmi les nôtres. Traîtres qui ont obéi aux ambitions géo-politico-économiques d’une fraction perverse, inculte et mal informée, pour ne pas dire ignare, du capitalisme financier moderne. Traîtres qui ont apporté un concours opérationnel majeur à l’action de nos ennemis les plus déterminés.
Je n’accuse pas Jacques Chevallier et ses partisans de désertion devant l’ennemi.
Je les accuse, et l’ancien ministre de la guerre député-maire d’Alger en tout premier lieu, d’avoir renforcé en moyens de guerre, ceux qui tuaient nos soldats, nos femmes et nos enfants. De les avoir enrichis en renseignements, en soutien logistique, en armement et en moyens de propagande nationale et internationale.
Je les accuse d’être intervenus dans cette guerre dans le camp de nos ennemis, alors que l’identité idéologique de ce conflit était connue : car on ne peut nier que l’identité véritable de la guerre d’Algérie était avant tout et universellement anti-chrétienne. En analyse extrême et définitive, c’est la Croix qui était l’objectif à abattre au sud de la Méditerranée. Quitte pour nos ennemis à prendre un risque opérationnel d’une importance très actuelle : le risque de conférer une vigueur invasive, par le biais d’une perversion orchestrée et sournoise des mentalités occidentales, à l’arabo-islamisme fondamentaliste révolutionnaire. Arabo-islamisme qui jouit d’un avantage inappréciable illustré par l’affirmation suivante : il n’est pas pressé.
L’appauvrissement spirituel des esprits occidentaux définit en effet le véritable allié opérationnel de ce nouvel envahisseur. Il s’agit d’un vide spirituel, d’un gouffre, que l’arabo-islamisme fondamentaliste va combler au grand dam, souvent et curieusement, de ceux-là mêmes qui ont apporté tout leur concours à cette déliquescence spirituelle de l’Occident.
Notre génération, celle de nos enfants, ne subiront pas encore les effets immédiats de cette révolution arabo-islamiste. Mais les générations futures…
Tout dépend en réalité, du front que le christianisme sera capable d’opposer grâce à une union universelle et nécessaire des chrétiens.
Union des chrétiens, oui, mais dans quelle perspective opérationnelle ?
- Faire la guerre à l’islam ?
- Lancer un nouveau manifeste : « Chrétiens de tous les pays unissez-vous » ?
Certainement pas.
Je ne confonds pas la religion musulmane d’une part et le fondamentalisme arabo-islamiste d’autre part.
Je suis convaincu qu’une possibilité de vie harmonieuse existe entre tous les croyants en Dieu d’une part, et entre les croyants et les non-croyants d’autre part.
Le véritable révolutionnaire moderne s’identifiera à celui qui saura défendre à outrance la cause de la convivialité spirituelle universelle.
Nous ne perdons pas de vue, pour autant, les inégalités qui existent entre les hommes à l’échelon national, continental et universel. Des inégalités qui n’ont pas été résolues et qui, tout au contraire, ont été aggravées par la décolonisation. Il existe des espaces de faim… de violence … de haine… et de mort. Tels apparaissent, illustrés avec une vigueur indubitable, les « bienfaits » de la décolonisation.
Nous vivons dans un espace impitoyablement clos. Et c’est, qu’on le veuille ou non, à l’intérieur de cet espace clos, le globe terrestre, que nous devons rechercher, trouver et emprunter le chemin d’accès à l’harmonie, à la convivialité des intelligences et des passions humaines.
En refusant de nous croiser les bras, en analysant le passé avec les yeux bien ouverts. « Le passé, la seule vérité humaine » . C’est lui qui nous permettra de comprendre le présent, de prévoir l’avenir et peut-être de le contrôler.
Cette conviction m’impose, de revenir aujourd’hui encore, sur le passé « Algérie française ». Sur la thèse historique « Algérie française » qui mérite d’être comprise et enseignée comme la grande idée des temps modernes. Je précise la grande idée du siècle. Une occasion ratée… oui, mais de quoi.
Une occasion ratée d’avoir fait de ce territoire, grâce à la France, un espace privilégié capable de donner vie à une convivialité inter-religieuse nécessaire à la paix et à la survie du monde moderne.
Tous les gargouillis politiques dont nous régalent les leaders de la Vème République, détenteurs du pouvoir, ou d’opposants aspirant à le prendre dès que possible, n’y changent rien. Tous sont riches, avant tout, d’un vide idéologique abyssal. Un vide idéologique porteur d’un risque complémentaire : celui d’être à l’origine par imprudence ou par imprévision, d’un ou de plusieurs drames… « néorwuandais », avec leurs montagnes de cadavres.
Revenons à l’Algérie. A l’occasion ratée… Algérie française… La grande idée du siècle.
Oui, j’étais convaincu que l’Algérie devait rester française. Comme je suis convaincu aujourd’hui que la France doit rester française, que l’Europe doit devenir européenne et que l’Occident doit aspirer à devenir occidental.
Oui j’ai affronté beaucoup de drames dans ma vie personnelle.
« Alors ? » m’a-t-on déclaré un jour « Pourquoi n’as-tu pas fait exécuter Jacques Chevallier parmi d’autres que tu as fait tuer et qui, sans aucun doute, étaient moins dangereux que lui ? »
Voilà une question qu’il faut laisser sans réponse… aujourd’hui encore.
Proposer une réponse, c’est prendre le risque de révéler au public, qui ne sait rien, mais qui juge tout et qui condamne ce qui lui plaît, certaines ambiguïtés apparentes de comportement opérationnel au sein de cette belle aventure que fut l’OAS.
Il est absolument sûr que l’un d’entre nous a pris contact avec Jacques Chevallier dès le mois d’octobre 1961. Je n’éprouve aucun plaisir à vous le confirmer une fois de plus. Si vous avez lu ce que je viens d’écrire tout au long de cette étude 50/38, vous le savez déjà.
Alors, posons une autre question : ceux qui ont contacté, sur leur initiative, Chevallier en 1961, au mois d’octobre, dans une villa du Balcon Saint-Raphaël à El biar, ont-ils trahi ?
Ma réponse est nette : non, ils n’ont pas trahi, en 1961 et au début de l’année 1962.
« Pourquoi cette indulgence de votre part ? » me rétorque-t-on.
Pour la raison suivante : ils n’ont pas trahi jusqu’au Vendredi Saint 1962. Jusqu’à cette date, ils m’ont soutenu dans les actions que j’ai ordonnées. Ils m’ont transmis des identités d’individus à abattre. Ils ont applaudi aux opérations dont j’assumais hiérarchiquement la responsabilité. Ils m’ont soutenu aussi, dans l’organisation des zones opérationnelles voisines du Grand Alger. Ils ne m’ont pas vendu aux forces de l’ordre.
« Alors, pourquoi ont-ils exploité pour leur compte les contacts qu’ils avaient pris avec Jacques Chevallier et à travers lui avec Farès et beaucoup d’autres ennemis de l’Algérie française ? »
Cette dernière question est la bonne question.
A double titre.
Voici ma réponse.
- C’était tout d’abord, pour eux, le moyen de sauver leur vie en cas de défaite envisageable de l’OAS.
- En second lieu, c’était se libérer pour conduire leur nouvelle mission à bonne fin, de toute co-responsabilité dans les opérations que j’ai décrites dans une étude récente, sous la rubrique « la fureur ultime de l’OAS ».
Ce comportement leur a permis d’adopter la position suivante : « ce n’était pas nous, c’était lui ».
Aujourd’hui certains anciens de notre combat se laissent aller à une initiative assez difficile à accepter. Ils veulent justifier les trahisons de Jacques Chevallier. Je ne peux les comprendre que dans la mesure où ils ont changé d’identité. Que dans la mesure où ils se sont ralliés à l’ennemi FLN.
C’est une raison suffisante pour refuser de dialoguer avec eux. Je suis convaincu d’avoir plus de chances de m’entendre avec un chef FLN qu’avec un renégat de l’Algérie française.
C’est la raison pour laquelle je crois opportun d’arrêter là cette étude n° 50/38 que j’ai rédigée, j’insiste encore, pour votre information.
« Sans crainte du malheur, sans espérance de gloire »
Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Nice, le 18 septembre 2010
Auteur des livres :
« Le sang d’Algérie »
« Debout dans ma Mémoire »
« Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie »
« L’Islamisme dans la guerre d’Algérie »
« Attaques et contre-attaques »
Aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX
Tel. : 01.64.65.50.23
Primatice Diffusion – distribution – 10 Rue Primatice 75013 Paris
Tel. : 01.42.17.00.48 – Fax : 01.42.17.01.21
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La guerre de religion a-t-elle commencé ?
Par M. Thierry Desjardins
2013
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Enfin un journaliste franc et juste sur l'histoire.
Cet article mérite, à mon avis, les trois minutes qu'il nous faut pour les lire, eu égard à son auteur.
Il serait grand temps que nous nous apercevions -enfin- qu'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, …. à l'échelle planétaire.
Les Islamistes massacrent les chrétiens en Égypte, en Irak, aux Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigéria, un peu partout.
Malraux avait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ».
On a bien l'impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.
Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s'attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu'ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l'Homme, le progrès tel que nous le concevons.
Le XXème siècle a été marqué par l'affrontement est-ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont effondrés d'eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie.
Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète. Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l'Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques.
Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que ne l'ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie.
Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles habituelles, les coptes massacrés à Alexandrie et les chrétiens assassinés à Bagdad. Mais nous restons les bras ballants.
Il faut bien dire qu'on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n'est plus guère le temps des croisades et nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes. Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes. Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés
Hier, un imbécile de service nous a longuement expliqué à la télévision que si les islamistes égyptiens massacraient les coptes c'était parce que ces chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l'Occident », les ambassadeurs de la « culture européenne », les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l'époque coloniale. Autant dire, à l'en croire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d'un passé détesté.
L'imbécile était, en plus, un inculte. Les coptes sont les descendants du peuple des pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S'ils sont plus nombreux au sud, entre Assiout et Assouan, c'est précisément parce qu'ils ont fui les cavaliers conquérants venus d'Arabie. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.
On peut d'ailleurs dire exactement la même chose de tous les chrétiens d'Orient qu'ils soient catholiques (de rite d'Antioche, de rite syriaque comme les maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d'Alexandrie) ou « non chalcédoniens » comme les coptes, ou orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l'araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l'Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité. Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l'étaient avant nous.
Nous ne pouvons rien faire pour les protéger, mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins.
Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d'accueillir tous ceux qui sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays. Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de « l'amitié islamo-chrétienne », d'un « Islam à l'occidentale », de « la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes ».
Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité, mais ne nous laissons entraîner ni vers la stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être « positive », comme le souhaite certains), car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques.
Aujourd'hui, la grande mode est d'évoquer, d'invoquer à tout bout de champ « les années les plus sombres de notre histoire ». C'est souvent absurde et parfois odieux. Mais s'il y a une leçon qu'il ne faut jamais oublier c'est bien celle de Munich. Churchill avait dit : « Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux ». Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre.
Thierry Desjardins
Journaliste et Reporter, né en 1941,
Directeur général adjoint du Figaro.
Auteur d'un nombre considérable d'ouvrages politiques.
Lauréat de l'Académie française.
Prix Albert Londres 1975.
Prix Louis Pauwels, 2000.
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Ce matin, ouvrant l'oeil, et tout en m'étirant,
Mon esprit s'interroge entre deux bâillements ;
C'est tous les jours pareil : dès que je me réveille,
Je ne me souviens plus d'aucun fait de la veille.
Tout ça va revenir, il faut savoir attendre ;
Peut-être que je vais moi-même me surprendre.
C'est petit à petit que les idées renaissent
Et qu'il faut les classer pour en peser le stress !
Le jour est en éveil déjà depuis longtemps.
Devrais-je être debout depuis un certain temps ?
Mes rêves s'évaporent en buée voluptueuse,
Mais les soucis reviennent comme nuée silencieuse.
Tout comme les idées, les douleurs resurgissent
Et s'abattent sur moi sans faire d'armistice.
Je reconnais chacune à leurs maux familiers,
M'obligeant à ruser pour tenter de les nier.
Parmi tous ces ennuis, on a un si grand choix,
Qu'on cumule souvent bien des maux à la fois :
C'est là qu'on voit parfois que par un autre mal,
On peut vaincre un premier qui paraissait « normal ».
Soudain, la vérité, une révélation,
Un chiffre paniquant, une malédiction :
Quatre-vingt-quinze années ! Plus, bientôt, un printemps !
Serait-ce bien mon âge, ce chiffre hors du temps ?
Mais c'est l'hiver passé qu'il faut y ajouter,
Un quatre-vingt-seizième sur un compte dédié.
« Et plus tard un été ? » interroge une voix ;
Je ne suis plus très sûr qu'il s'agisse de moi...
Je l'avais oublié, ce chiffre fatidique,
Mais qui tous les matins, m'apporte ses « classiques ».
Je ne peux m'empêcher d'y voir un pronostic,
Mais peut-être, après tout, n'est-ce qu'un diagnostic ?
Sommes-nous bien jeudi ? Ou déjà vendredi ?
Combien de rendez-vous au programme aujourd'hui ?
Peut-être le dentiste ! Ou chez le garagiste ?
Tout cela est noté, mais où donc est la liste ?
Pleurer sur ses douleurs est pleurer sur son âge ;
Le fait de bien vieillir est un apprentissage.
Se supporter soi-même est sage activité,
Et la sérénité n'est pas sénilité.
Le philosophe a dit : « il faut saisir l'instant ».
Je vais en profiter quand il est encor temps !
L'instant, je le capture ! Et vais mordre dedans !
Sans casser, je l'espère, le reste de mes dents !
Jacques Grieu
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POINTE-PESCADE
PERLE DE LA COTE TURQUOISE
PNHA N°185
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Pointe-Pescade est une commune littorale de la ville d'Alger à une distance de 8 km d'Alger centre ; elle est caractérisée par ses belles petites criques qui longent la côte. Sa côte est riche en poissons et en mollusques (spécialement les moules) d'où son nom. (Pescade du mot espagnol PESCADO qui signifie poisson).
Situation
Pointe-Pescade constitue une deuxième pointe de la baie d'Alger avec la pointe de la Perouse.
Elle appartient au grand Alger : Territorialement par l'intermédiaire d'une ligne de crête débutant à La Bouzaréah et débouchant à Aïn-Benian.
C'est une commune qui se situe à huit kilomètres au nord-ouest d'Alger. Elle est limitée au nord par la mer, au sud par la Bouzaréah, à l'est par Cheragas et Saint-Eugène par l'ouest.
L'époque pré-turque : Lors de travaux de terrassement, au milieu du dix-neuvième siècle, des grottes ont été découvertes. Une voie longeant le littoral traversant la Pointe-Pescade a été réalisée pendant la période romaine. L'époque postérieure a été déterminante pour l'avenir de la Pointe-Pescade, qui a acquis un statut privilégié résultant des rapports qu'elle avait avec Alger.
L'époque turque : La plus ancienne édification appartient à l'époque turque. La proximité de « MERS-ED-DEBBAN » (fortin dominé par celui de la Bouzaréah, qui subsistera à l'arrivée des Français. Occupé par la douane, les terrains environnants, dès 1848, seront loués à des particuliers) de la capitale l'a intégrée au fonctionnement régional. Cette période a marqué le début de son organisation spatiale.
Le site a joué deux rôles :
1. Militaire : Il était un poste avancé de la fortification de la Médina d'Alger, un lieu de défense qui permettait sa protection grâce à sa situation stratégique, sur la périphérie de la capitale et près de la côte. Le Fort de Mers-Ed-Debban, le Fort neuf « Bordj-Jeddid » et la Batterie.
Le tracé naturel du port (Premier port à l'ouest d'Alger) a facilité à la marine algéroise son exploitation à des fins maritimes lui permettant d'accoster et d'abriter des barques de reconnaissance.
2. Economique : moins impor¬tant que le premier, on exploitait :
Les terres agricoles pour alimenter Alger, car le site faisait partie de la Médina. Riche en carrières (carrière de moellons, excellente pour les gros œuvres de construction) Pointe-Pescade a fourni de grandes quantités de matériaux pour la réalisation et la réparation des jetées du port d'Alger.
L'époque française
« Elle forme à une lieue et demie au nord-ouest d'Alger, la partie la plus avancée du massif de Bouzaréah.
Le chemin de la Pointe-Pescade, ébauché sur une largeur de quatre mètres, est impraticable aux voitures à bras, il traverse plusieurs ravins qui sont à sec six mois de l'année, dans quelques passages, il est bordé, du côté de la mer, de précipices dangereux, tandis que, sur la gauche, le terrain se relève en pentes abruptes.
Le passage est intercepté par des rochers à pic dont les pieds sont battus par la mer, mais en-deçà s'ouvre une crique assez profonde, imparfaitement abritée par deux îlots de rochers. C'est là que les galères et les bâtiments étrangers attendaient autrefois, assez mal à l'aise, il est vrai, l'autorisa¬tion du Divan, sans laquelle il leur était interdit d'entrer dans la Darse. »
Voilà la description qu'en a fait Le Baron Baude en 1840 du chemin menant à La Pointe-Pescade.
À partir de Saint-Eugène, la route parallèle à la mer, monte et descend jusqu'à la Pointe-Pescade, laissant à gauche les haies de joncs, de roseaux, d'aloès, de cactus, d'oliviers et de lentisques servant de clôtures des propriétés isolées.
La Pointe-Pescade ou Mers-Ed-Debban, le Port-aux-mouches, dépendait de la Bouzaréah, le bordj qui couronne la Pointe-Pescade a été bâti en 1674 par Hadk-Ali-Agha, le même qui construisit le Fort des Anglais. Ce fut dit la chronique, à l'occasion d'une galère chrétienne qui, jetée à la côte en cet endroit remit en mer devant les Algériens le bordj dont la petite garnison comptait 45 janissaires a été restauré en 1724 et en 1732, en vue de faire face aux attaques des Européens, sans cesse insultés, malgré le renouvellement des traités de paix. De la Pointe-Pescade par un aqueduc jaugeant par 24 h 300 m3 d'eau destinés à alimenter les fontaines, bassins et abreuvoirs de la route.
Pourquoi Port-aux-mouches ? L'endroit ne semblait pas plus infesté par ces insectes que d'autres... N'y aurait-il pas erreur de prononciation ? M. Valat, professeur agrégé d'arabe du lycée d'Alger signala, en effet, une pièce (titre de propriété de 1789) où l'endroit est dénommé Mersed-Deman : le Port du Gouvernail.
Port-aux-mouches s'appellera par la suite Pointe-Pescade (Pointe de la pêche)
Au début de la Pointe-Pescade nul ne peut oublier le merveilleux tableau qui présente Alger. Les cavaliers et les piétons peuvent pousser plus loin leur excursion s'enfoncer dans les gorges pittoresques de Badjel-Affroun formées par les contreforts boisés de la Bouzaréah.
Juste après le Casino de la Corniche, on traverse la Pointe Pescade, adossée à la montagne, bâtie en losanges autour de la Place du 14 juillet. Du côté mer, après le cap de la Réserve, s'étale une petite plage arrondie, les Bains Franco.
À partir de la Pointe, à mi-dis¬tance entre Alger et Guyotville, la température change brusquement et chacun éprouve les premiers bienfaits d'air plus frais, la ville semblant déjà loin. Les rares maisons de campagne apparaissent et les légumes s'étalent, derrière les rangées de roseaux secs, protégeant des rafales d'ouest. La route serpente entre la mer et les pentes du Sahel.
Le boulevard Georges Clemenceau entamait sa longue descente vers l'entrée de la Pointe-Pescade, en laissant sur sa gauche les Chaux et Ciments Lafarge avant de faire son entrée dans cet ancien port de mouillage à hauteur de l'église Saint Christophe. Rappelons que tout Alger et même de plus loin venait faire bénir sa voiture en la Saint-Christophe le 25 juillet.
Pointe-Pescade était le but de promenade au bord de mer très fréquenté le dimanche, était célèbre pour sa fête du 15 août.
Bordant la route, mais faisant face à la mer, la villa Xuéreb servit de résidence au compositeur Camille Saint-Saëns.
De l'autre côté de la route, des sentiers montaient à la Bouzaréah par les ravins du massif, notamment par celui, fort pittoresque d'El-Affroun.
Pour la majorité des Algérois en effet, le soleil, c'était surtout la plage le dimanche et les plages se suivaient tout au long du littoral
En continuant, cette splendide Côte Turquoise, on trouvait Miramar, les Bains Romains, La Madrague, le Club des Pins, la plage de Moretti, Staouéli, Sidi Ferruch, Zéralda et la plage des Sables d’Or », Douaouda-Marine, Fouka et, encore plus loin, Tipaza et le Chenoua. Cela rappellera bien des souvenirs à nos lecteurs. Toute la côte, baignée de mer et de soleil, s'offrait aux vacanciers du dimanche. Encore fallait-il arriver assez tôt pour poser sa serviette. Avec l'arrivée des Français, le sentier créé par les Turcs le long de la côte, pour desservir les batteries, a subi plusieurs mutations pour devenir « un Boulevard Front-de-mer ».
En 1876, cet axe fut accentué par le projet de réalisation d'une voie ferrée entre Castiglione et Fort-de-l'eau.
Le transport était assuré par un chemin de fer à voie unique entre la Pointe-Pescade Kolea et Castiglione et des tramways sur le reste du tronçon.
La beauté du site, sa proximité de la mer et sa topographie ont grandement contribué à l'urbani¬sation de la zone Ouest.
C'est ainsi que le village fut édifié sur le plateau de la Pointe-Pescade sur la base d'un plan en damier cruciforme et concentrique.
Jules Verne parle de la Pointe-Pescade dans son roman : ROBUR LE CONQUERANT « ... Quel spectacle pour les passa-gers de l'aéronef ! la rade ouverte entre le cap Matifou et la Pointe-Pescade, ce littoral meublé de palais, de marabouts, de villas, ces vallées capricieuses, revêtues de leurs manteaux de vignobles, cette Méditerranée, si bleue, sillonnée de transatlantiques qui ressemblaient à des canots à vapeur !...»
Au contraire de Saint-Eugène, Pointe-Pescade avait une origine arabe et avait porté autrefois le nom de Mers-Ed-Debban, Port-aux-Mouches, où les navires étrangers attendaient l'autorisation d'aller à El-Djezaïr.
La cimenterie Lafarge dénote quand même un peu dans le paysage. Sa construction se trouve essentiellement sur la partie basse de la commune de Rais-Hamidou c'est-à-dire la partie entre le pied du massif montagneux de Bouzaréah et la mer au nord. Cette partie est constituée de constructions ne dépassant pas les deux étages pour l'essentiel, sauf pour quelques immeubles ou habitats collectifs.
Ce noyau renferme des richesses architecturales nombreuses comme la villa Barberousse, cette commune ayant constitué avec Bologhine les premiers lots pour l'extension de la ville d'Alger vers l'Ouest. Ce sont les riches propriétaires terriens qui ont occupé les meilleurs sites et qui ont fait construire, par des architectes célèbres de l'époque de véritables chef-d’œuvre d'architecture.
Malheureusement vu l'absence d'une politique de protection et de mise en valeur du patrimoine bâti la plupart de ces constructions sont dans un état de dégradation avancé surtout celles situées près de la mer qui non seulement dégradent les sites environnants mais sont devenues un véritable danger pour leurs occupants.
Construction du port de Franco
Une cimenterie fut implantée à l'entrée du site et à la proximité d'un fort turc, afin d'exploiter les richesses géologiques de la région, et enfin, un port fut aussi construit au niveau de la baie dans le but de développer l'activité de pêche et de transporter les produits de la cimenterie.
L'immeuble collectif s'installe dans la ville et le caractère de la ville « résidence secondaire saisonnière » se transforme et se dirige vers le caractère d'occupation permanente sous l'influence de développement du périmètre urbain d'Alger.
La Pointe-Pescade, (actuellement Raïs-Hamidou) est en pleine phase de croissance. Son emplacement stratégique entre deux limites naturelles (deux ravins à l'Est et à l'Ouest) a aiguillé l'expansion vers le plateau de Beni-Méred par l'implantation de groupes d'habitations et d'équipements tertiaires.
L'avancée de la partie Est de la ville est gelée par la cimenterie, la partie Ouest est quant à elle limitée par une propriété foncière privée sise entre la Pointe-Pescade et le quartier Miramar, orientant la croissance vers Beau Séjour.
Ces constructions ont conduit à certaines transformations dont :
Une dégradation très avancée des parties littorales.
Reconversion d'une place publique coloniale en marché et de certains rez-de-chaussée en commerce ; déplacement de la centralité vers le quartier Miramar, un quartier périphérique de la Pointe-Pescade, vu l'influence des équipements sises dans cette dernière (Banque, Lycée, Collège Etc.).
La guerre
Le 23 octobre 1954, à la résidence de Boukchoura, se sont réunis les 6 révolutionnaires : MUSTAPHA BEN BOULAID, EL ARBI BEN M'HIDl, RABEH, BETAT, DIDOUCHE MOURAD, KRIM BELKACEM, afin de fixer la date et l'heure du déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954, de coordonner et d'unifier les différents mouvements et organisations révolutionnaires.
Et ce fut le début de la fin...
J-M L
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MON PANTHÉON DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE DE M. Roger BRASIER
Créateur du Musée de l'Algérie Française
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A SUIVRE
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PHOTOS D'ECOLE BÔNE
RECHERCHE DE NOMS
Envoyée par ?
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ECOLE MARCHE AUX BLES 1952-53
Est-ce que quelqu'un peut ajouter des noms à cette photo ?
Si OUI, contacter le webmaster, SVP, d'avance merci.
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ALGÉRIE.
Gallica : Revue de l’Orient 1846-1 ; pages 112-118,
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MÉLANGES SUR LES CULTURES ET LA COLONISATION
Aspect physique de la contrée.
Nous nous empressons de publier la lettre et la note suivantes adressées au Président de la Société orientale par un membre de cette société, M. Fortin d'Ivry, qui, depuis peu fixé en Algérie, porte dans toutes ses entreprises la prudence, l'activité, la persévérance et l'intelligence qui assurent le succès.
Essais de Cultures forestières, agricoles et potagères.
Paris, le 28 septembre 1846.
Monsieur,
J'avais annoncé à la Société orientale que je comptais m'occuper de nombreux essais de culture en Algérie. J'ai t'avantage d'en soumettre le résultat à la Société.
Ces essais ont eu lieu, depuis le 15 mars dernier seulement, dans ma propriété de l'Oued-Kniss au ruisseau de Kouba, à 6 kilomètres d'Alger, au moyen de graines forestières, céréales et potagères, que j'avais tirées d'Égypte, de Paris et de Marseille, et de graines indigènes.
J'ai choisi toutes les expositions pour chaque espèce, soit en terre basse ou élevée, en lieu sec ou arrosé, à l'exposition du sud ou du nord, à celle de la mer et à celle opposée, dans les communes de Kouba, de Moustapha et d'El Biar.
Grâce à un jardinier, chef habile et sûr, j'ai obtenu, malgré l'époque avancée de l'année (en mars) et la sécheresse désastreuse, les résultats notables qui suivent. J'ai obtenu 25,000 plants d'arbres de semis et 500 boutures environ. Presque tous les semis et boutures ont réussi en lieu arrosé.
Les abris naturels ont été sinon nécessaires, au moins fort utiles. En lieu non arrosé et faits en avril et juin, les semis n'ont rien donné, sauf pour quelques espèces vigoureuses.
Le mûrier a parfaitement réussi, et j'en ai 10 à 12,000 plants. Il vient même naturellement de semence tombée des arbres en terre labourée, et j'en ai ainsi un millier de plants naturels.
L'acacia de cinq mois de semence à 1 mètre, à 2 mètres et 2 mètres et demi de hauteur. C'est le plus vigoureux de tous les semis. C'est l'arbre de la plus grande espérance pour le reboisement des terrains secs ; car c'est par l'envahissement d'espèces rustiques et pullulantes qu'on pourra combattre avec avantage les herbes sauvages et le palmier nain, la méthode de défrichement complet décuplant et vingtuplant le prix du sot.
Le vernis du Japon, le frêne indigène, l'érable, le sycomore, ont bien réussi et donné des plants de 0,30 à 1,50 de hauteur.
Le platane de semis a levé mais semé trop tard, en mai, il a été grillé par l'ardeur du soleil ainsi qu'une multitude d'autres jeunes semis dont partie eût réussi, semée en automne ou vers la fin de l'hiver.
Les semis d'orangers et de palmiers ont bien réussi je signale ce dernier arbre, qui produit de bons fruits dans le sud-est de l'Espagne et qui doit en produire en Afrique dans les expositions convenables, si on en choisit bien l'espèce. Je compte tirer d'Elche, province d'Alicante, des semences d'une espèce de dattier acclimaté depuis longtemps dans un climat plus froid que celui de la Mitidja.
Les graines semées en terre vierge nouvellement défoncée et non arrosée n'ont pas même levé, vu l'infécondité du sol, sauf le vernis du Japon et l'acacia.
Le marceau de semis n'a réussi qu'en terre incessamment détrempée.
Les boutures d'osier, de saule, de marceau, sont admirables et ont donné des jets de 2 mètres au moins de hauteur.
Toutes les autres boutures de peupliers, platane, grenadier, vigne, figuier, etc., et même celles des bois durs tels que le caroubier, ont réussi.
Les semis de pins maritimes et d'Alep sont satisfaisants. Les autres espèces d'arbres résineux se défendent mal des ardeurs de l'été.
La canne à sucre, plantée par boutures couchées, a donné en cinq mois des jets de 3 à 4 mètres dans un sol arrosé. Ce végétal est d'une immense portée pour l'engrais du bétail, car il est des plus abondants en sucs nourriciers, et peut être coupé dans la saison sèche quand la nourriture manque. II peut donner le vingtuple d'une prairie de même étendue.
Toutes les légumineuses, pastèques, courges, melons, concombres, raves, etc., d'Égypte, ont bien levé, mais l'espace et le temps ont manqué pour le développement de leur culture.
Les blés de la haute et de la basse Égypte, l'orge, les fèves, les lentilles de même origine, semés en mars et avril, ont réussi d'autant mieux qu'ils étaient en terre plus fraîche. Le blé de la haute Egypte, dit blé Saïdi, et l'orge, ont donné les plus beaux résultats, et il en a été de même dans la plaine, chez M. Borely de Lassapie, à qui j'en avais transmis.
Le trèfle alexandrin, la luzerne d'Arabie, ont donné un produit abondant en terre arrosée.
Je dois ajouter que je suis en mesure de tirer d'Egypte toutes sortes de graines, par suite de la bienveillance de Soliman-Pacha.
La lentille seule s'est bien défendue contre une sécheresse continue en lieu élevé.
Le sésame a réussi, en lieu arrosé seulement, il porte graine en ce moment.
La betterave a donné des racines énormes en lieu non arrosé.
La garance, semée en lieu sec, mais en hiver, donnait trois mois après des jets de 0,30, 0,50 de longueur très-vigoureux.
J'ai fait préparer certains sols pour la culture des mûriers et d'autres arbres, avec vignes suspendues à hauteur et avec des cultures intermédiaires comme en Lombardie, en Campanie, et dans le royaume de Valence. Je dois remarquer que, vu l'époque avancée des essais, ils ne peuvent être regardés comme bons que pour les espèces les plus vigoureuses.
En général, il est à remarquer que l'époque du semis ou de la plantation, la nature du sol, la quantité d'eau, l'exposition, le degré de culture de la terre, influent encore plus qu'en Europe dans un climat qui parcourt les extrêmes de l'humidité et de la sécheresse ; les résultats ont donc été généralement beaux ou tout à fait nuls.
Je compte développer ces essais et établir dans la propriété des pépinières avantageuses ; j'y ai préparé les bâtiments, construit un pont et trois ponceaux pour les eaux, réparé un des deux moulins à farine que le ruisseau fait mouvoir, construit un lavoir pour le blé indigène destiné à la mouture, et non ouvert, trois carrières de pierre dure, de moellons et de pierre tendre, le tout depuis le 1er avril 1846.
Tel est, monsieur, le résultat de mes premiers essais de culture.
Je suis, etc.
T. FORTIN D'IVRY,
Propriétaire au ruisseau de Kouba, près d'Alger.
Je joins une note sur le domaine de la Reghaia et sur les commencements de colonisation que j'y ai entrepris.
DOMAINE DE LA REGHAIA.
Note sur les commencements de colonisation que j’y ai entrepris.
Le domaine de la Reghaia, situé à 28 kilomètres d'Alger, entre la route de Dellys et la mer, a plusieurs milliers d'hectares de superficie.
La rivière de la Reghaia, qui le traverse du sud au nord, sur un cours sinueux de 8 kilomètres environ, n'est pas le produit des pluies, mais bien de sources constantes ; navigable jusque 6 kilomètres de la mer, elle a plusieurs mètres de profondeur large de 30 mètres au moins vers son embouchure, elle se réduit peu à peu jusqu'à 10 mètres vers la ferme, et elle faisait tourner un moulin maure dès sa source ; d'autres sources nombreuses viennent successivement la grossir. En outre, il existe à l'est un canal profond et navigable, de plusieurs kilomètres de longueur.
L'avantage de toutes ces eaux est immense dans un pays où la végétation est en raison de l'humidité ; elles offrent de plus une communication avantageuse par mer avec Alger au moyen d'un transbordement, car, en ce moment, la rivière est souvent entravée par une barre de sable apportée par les vagues à son embouchure. Cette barre peut facilement disparaître mais il sera difficile, à moins de travaux notables, de l'empêcher de se réformer.
Il existe près de l'embouchure une anse rocheuse à fond acore, garnie d'herbes, profonde de 1 et demi à 3 mètres, bien protégée contre les vents du nord par une ligne circulaire de brisants, et qui peut devenir un abri avantageux pour les barques de transport et de pèche qui exploitent la côte poissonneuse du cap Matifou à Dellys.
Un ancien château turc, bâti par Omar-Agha, pour dépôt de la cavalerie préposée à la garde de l'est de la plaine, s'élève sur un versant à l'est et à peu de distance du point où la rivière commence à être navigable.
Réparé par MM. Mercier, Saussine et compagnie, qui dépensèrent dans le domaine 250,000 francs environ, il a été brulé et ruiné par Ben-Salem à la reprise des hostilités, en 1839.
Le domaine a environ un dixième de sa superficie, soit en terres défrichées, cultivées, puis abandonnées, soit en prairies naturelles ; le reste consiste en plages de sable, broussailles clairsemées, hautes broussailles et bois, plus ou moins susceptibles d'exploitation. Il y a grande quantité de chênes verts et nombre d'oliviers qui peuvent être greffés.
L'exploitation des bois peut avoir lieu soit pour le charbon, soit pour le bois à brûler, et la seule grande difficulté est d'empêcher les incendies habituels des Arabes, qui mettent le feu pour obtenir plus facilement du charbon et pour faire repousser l'herbe avec une nouvelle vigueur.
Le domaine est borné de tous côtés par la mer, par des cours d'eau ou ravins, et par des collines élevées, qui se ramifient le long de la mer ou descendent vers la vallée de la Reghaia.
Il présente toute espèce de sol, depuis le plus fort et argileux jusqu'au sol le plus léger et sablonneux. La plus grande partie est une terre végétale, siliceuse, chargée d'humus et facile à manier ; le fond de la vallée, limoneux et humide est d'une extrême fertilité.
Un grand nombre de cultures, soit céréales d'Europe et d'Afrique, soit plantes légumineuses, soit arbres, et mûriers notamment, même le tabac, le coton, l'indigo, la garance, y ont été essayées autrefois et y ont parfaitement réussi. Il existait près des bâtiments une orangerie magnifique, qui a été presque complètement détruite par le feu.
Les matériaux y abondent, l'argile, le sable pur, la pierre à chaux ou à bâtir, moellons ou pierres de taille : le granit même a été reconnu sur une longueur de plusieurs kilomètres, affleurant à la sommité des collines non loin du rivage. Il peut à lui seul être d'un grand avantage pour la fourniture du pavage d'Alger.
En ce moment (septembre 1846), 25 ouvriers travaillent, sous la direction d'un ingénieur, à la réparation des bâtiments. Il a fallu faire les transports par mer et par terre en arrangeant les routes, établir une forge, ouvrir des carrières, établir un four à chaux, une briqueterie et tuilerie ; on défonce la partie destinée à la pépinière, on rétablit, l'orangerie.
Les eaux sont amenées pour l'arrosage.
Une tribu arabe, composée de propriétaires dans la Mitidja, a été établie pour la garde de la propriété et pour la culture d'une partie de terrains non remués depuis sept ans.
Cet hiver et au printemps, des bâtiments de la ferme de 60 mètres sur 58 de largeur, enceignant une cour avec magasin au milieu, seront réparés, une pépinière sera établie ; des rigoles d'arrosement ou de dessèchement seront creusées ; des prairies nettoyées et coupées par de longues plantations de peupliers surtout, saules, trembles, platanes et osiers; des essais en grand de diverses cultures, des semis forestiers, seront faits ; la canne à sucre, dont la réussite est certaine, sera plantée en grand pour la nourriture des bestiaux.
Enfin, on peut espérer se garantir des feux des Arabes, au moyen d'une garde sévère et de larges tranchées dans les bois.
Une autre tribu sera établie pour garder l'extrémité sud-est du domaine ; et enfin, une vaste ferme avec, autant que possible, à l'aide de l'administration, un centre de population européenne.
Le commencement d'une exploitation aussi vaste à distance de tout établissement, présente de grandes et nombreuses difficultés ; les transports sont fort chers, et il a fallu envoyer dans la Kabylie pour acheter bon nombre de bœufs à bas prix. Cet essai, tenté par un homme d'expérience et d'énergie, a réussi.
Il a fallu amener des ouvriers d'art, trouver et ouvrir des carrières, établir four à chaux et briqueterie, mettre en état les terrains difficiles et ravinés pour faire passer les transports, et se fournir à Alger.
Mais l'abondance des eaux et des sources salubres, de bois et de pierre, de pâturages, de terres arrosables et cultivables, la chute d'eau, la rivière et le canal navigables et poissonneux, les ressources de la mer, la proximité et communication par eau avec Alger, le voisinage de la route de Dellys, et le besoin d'une communication par terre avec cette dernière ville, la nécessité de clore l'est de la Mitidja, entre le Fondouk et la mer, par un centre de population ; tout enfin se réunit pour faire de la Reghaia un centre d'exploitation et de population du plus grand avenir.
T. FORTIN D'IVRY.
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Jean-François Portaels
PNHA N°185
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Entre le tableau d’histoire et la scène orientaliste.
Jean-François Portaels (Vilvorde, 3 avril 1818 - Schaerbeek, 8 février 1895) est un peintre de nationalité belge et fut l'un des représentants de l'orientalisme en Belgique, dans un style rappelant parfois celui d'Horace Vernet.
Issu d'un famille bourgeoise, son père I'envoya étudier à la Brussels Academy et son directeur, François Navez, le reçut comme pupille au sein de son propre studio. Vers 1841, Portaels partit pour Paris, où il fut aimablement reçu par Paul Delaroche. Pour se perfectionner il suit les cours de Paul Delaroche à Paris, et obtient en 1842 le grand prix de Rome.
Il est peintre de scènes historiques et orientalistes, de compositions religieuses et de portraits. Il est considéré comme le fondateur de l'école orientaliste belge.
Il va passer quelques années en Italie, Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l'Europe du Nord, entre 1843 et 1847. Il visita la Grèce, le Maroc, l'Algérie, l'Egypte, le Liban, la Judée, l'Espagne, la Hongrie et la Norvège.
L'Orientalisme à la mode
En 1788, avec la publication de "Paul et Virginie", Henri-Bernardin de Saint-Pierre introduit l'exotisme dans la littérature et se p1aît à décrire en termes nouveaux, ces pays lointains, leur population, les étendues aux couleurs et lumières éclatantes. Au 19ème siècle, l'attrait pour ces coutumes, modes de vie, paysages exotiques... gagne la peinture. Les peintres, séduits par les paysages d'Afrique du Nord commencent, pour certains, à voyager et pour d'autres, à rêver un Orient nourri d'images et de récits ramenés par d'autres. Portaels, quant à lui, parcourt le Maghreb comme nous l'avons dit entre 1844 et 1847 ; il en rapportera de nombreux carnets de croquis qui, devenus sources de références, serviront à la composition de ses peintures " orientales ".
En 1847, il succède à Van der Haert comme directeur de l'Académie de Gand. Il se maria en 1849 à la fille de son premier maître, Navez et ils s'établirent à Bruxelles. Il travaille au Maroc de 1870 à 1874. En 1878, il dirige l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il exercera une influence importante sur les générations suivantes de peintres belges, parmi lesquels Alfred Bastien, Théo Van Rysselberghe et Edouard Agneessens, le sculpteur Charles Van der Stappen, et l'architecte Charles Licot.
Il peut être considéré comme un peintre de transition entre le néo-classicisme de Navez et le romantisme de Wappers.
Portaels a exécuté bon nombre de travaux ; peintures décoratives et religieuses dans des églises (comme St. Jacques-sur-Caudenberg), des scènes bibliques, comme la Fille de Sion Reviled (dans la Galerie de Bruxelles), la Mort de Judas, Rois mages voyageant à Bethléem, La Prière de Judith et la Sécheresse en Judée ; des images de genre comme une Boîte dans le Théâtre à Budapest (la Galerie de Bruxelles), et enfin les portraits d' officiels et bien entendu des scènes prises à travers le monde comme des orientales à la mode.
Bientôt à Paris
Cette œuvre orientaliste comme celle du Musée des Beaux-Arts de Charleroi est régulièrement sollicitée pour des prêts à l'étranger car ses tableaux sont à mi-chemin entre le tableau d'histoire et la scène orientaliste. En 2006, du27 juin au 03 décembre, elle était demandée en prêt par le Musée de la Vie romantique, à Paris, où elle était présentée dans l'exposition « Pierre Loti, fantômes d'Orient ».
En 2010, elle sera de nouveau présentée à Paris, à la Maison Victor Hugo, du 30 mars au 04 juillet 2010, aux côtés d'œuvres prêtées par le Musée du Louvre, le Musée d'Orsay, les Musées d'Avignon, Lille, Reims, Rouen... Il y sera question de l'exploration de l'œuvre de Victor Hugo : " Les orientales ».
Ce très séduisant portrait (Jeune Nord-Africaine à Tanger) fut, quant à lui, inspiré par un séjour à Tanger en 1874. Souvenir de ces femmes voilées croisées dans les ruelles, parées de couleurs et de matières chatoyantes.
Pose délicate, visage idéalisé par le parfum de la réminiscence. Vision entre rêve et réalité, traitée d'une main qui s'éloigne du carcan académique et se répand en petites touches légères. Evocation de la lumière du Sud qui se fait délicate pour mieux ourler de mélancolie ce profil mystérieux...
J-M L
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PHOTOS D'ECOLE BÔNE
EXPOSITIONS
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Piqûre de rappel
Envoyé par M. Alain Algudo
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LA CHAPE de plomb
Le 31 Août 2012
Elle est en train de s’installer sur notre pays ! Facilement ! Le laxisme issu de l’arrivisme politique, l’inconscience d’un peuple conditionné par la désinformation et en face, « le progressisme » enfanté en mai 68 qui met en place ceux qui, sans coup férir, observent et profitent de cet état d’esprit suicidaire qui mène notre pays droit dans le mur de l’obscurantisme.
Cet obscurantisme les révolutions dites du « Printemps arabes » le mettent en place en Afrique du Nord face à la France, l’Espagne et l’Italie d’abord, mais à l’Europe du Nord aussi.
Et ces évidences ne suffisent pas à notre peuple de vacanciers qui se plaint seulement de ses conditions de vie, malgré tout uniques au monde, sans se soucier une seconde que la chape islamiste qui s’abat, avec l’aide de la France, entre autres, sur des pays qui n’étaient certes pas dirigés par des modèles de démocrates, mais qui maintenant sont ouvertement les pourvoyeurs des hordes de la « djihad » qui s’installent tous les jours un peu plus sur l’occident Chrétien, tels ces essaims ravageurs propres à l’Afrique.( cf., à ce sujet, l’avertissement du Juge BRUGUIERE dans sa lettre du 20.12.2011 sur l’affaire AZF de Toulouse)
Et encore, devant les exemples de l’emprise de « la fascismlamisation » de ces pays, devant cet échec retentissant de ce qui n’était que d’utopiques « libérations » qui se transforment en radicalisations rétrogrades prévisibles, si ces mêmes soutiens des « libérateurs » sinon reconnaissaient leurs erreurs, mais au moins se taisaient, nous pourrions comprendre, l’erreur étant humaine.
Eh bien non, ils s’en vantent encore et critiquent ceux qui ne les suivent pas aujourd’hui dans un autre conflit où, encore, « les barbus » ont déclenché les hostilités !
Cependant, comme nos porteurs de valises suppôts de nos assassins de 1954 à 1962, ils n’iront jamais s’installer ou prendre des vacances dans ces « paradis retrouvés ! »
Ils provoquent le chaos et ils se tirent ! N’est-ce pas Monsieur SARKOZY ? affublé de votre « tartarin » BH. Lévy, l’anti-France personnalisé, triste, néfaste et pitoyable complice qui aujourd’hui n’a même plus la « reconnaissance du ventre » pour son « bienfaiteur ! »
Les barbares-destructeurs de TOMBOUCTOU vous disent aujourd’hui…Merci !
Alors depuis votre « refuge de luxe, » ayez au moins la décence de vous faire oublier ou partez « agir » contre les « libérateurs islamistes de la Libye » que vous avez aidés et qui mettent en pièce le nord MALI …grâce à vous et à l’OTAN comme au KOSOVO, province Chrétienne historique Serbe devenue aujourd’hui islamiste et indépendante.
Tout est en place dorénavant sur le pourtour Méditerranéen. Une logistique terrifiante nous fait face, avec le réservoir de l’Afrique Subsaharienne où les moyens matériels et humains sont d’une ampleur rarement atteinte dans l’histoire.
Il ne s’agit même plus d’une simple réalité mais d’une menace immédiate puisqu’une puissante « 5°colonne » est en place sur l’étendue du territoire Européen et que tous les rouages de la société sont touchés, gangrenés, cancérisés.
Et ce ne sont que les prémices, une goutte de l’océan des possibilités de ce monstre d’une duplicité calculée et d’intolérance affichée, aux moyens financiers considérables qui, déjà, approvisionnent cette menace qui nous infiltre sur le territoire Européen, avec la complicité des financiers de l’immobilier, du sport et des politiciens véreux avides de pouvoir, les pétrodollars font la loi et ne se cachent plus pour installer leurs faisceaux de « baïonnettes »(dixit ERDOGAN) à l’ombre des minarets qui se multiplient, inaugurés par nos Ministres irresponsables d’un État soi-disant laïc, pendant que disparaissent beaucoup de nos églises.
Alors, quand une élection concernant les plus hautes instances de la direction de notre pays et de la promulgation de nos lois mettant l’avenir de notre Nation en jeu, se fait par le basculement des voix des tenants de cette hégémonie menaçant notre civilisation millénaire, le pire est à craindre et il est clair qu’une CHAPE de plomb s’abat sur notre avenir et celui de nos descendants immédiats.
Sans sursaut rapide :
« Aléa jacta est »
« La tolérance, c’est le mépris bourgeois de l’autre. La tolérance, c’est le cache misère d’une société qui se suicide lentement, par persuasion publicitaire, dans le confort et le conformisme intellectuel »
J.H HALLIER (+)
Alain ALGUDO ex Président fondateur Comités de Défense des Français d’Algérie
ex Vice Président du Comité et de la revue VERITAS VERITAS
Auteur de « Mon Combat »
VERITAS N° 134 Juin 2009
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| A TORT OU A TRAVERS ?
De Jacques Grieu
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On tord souvent les mots sans qu'on l'ait trop voulu
Et quand on voit son tort, c'est trop tard, ils sont lus.
A tord, c'est de travers, et on a tous les torts
Serons nous pour autant traités de mirliflores
Les redresseurs de tort ne sont pas si retors
Et ne vont pas soudain vous régler votre sort.
Si le tore est connu des mathématiciens,
La taure, à l'étable, à certains, ne dit rien !
Unité de pression, le «torr», tel le pascal,
Pour tout anticyclone est d'usage spécial.
Ceux qui ont les « pieds tors » en savent l'acception
Et pour leur grand malheur, sont de mauvais piétons !
Au jardin des regrets, les serpents du remords
Nous lancent leurs refrains et nous sifflent nos torts.
Notre âme s'y corrode, laissant des repentirs
En sombres cicatrices marquant nos souvenirs.
Si le tort concédé est moitié pardonné,
Le tort restant caché demeure empoisonné.
Avoir souvent raison est un très grand plaisir
Convaincre son prochain et ses torts lui brandir,
Est un plus grand bonheur, une vraie volupté,
Et devient vite un jeu qu'on use à satiété.
Méfions nous cependant du raisonneur trop sage
On cautionne aisément un tort que l'on partage !
Vaut-il mieux avoir tort d'être trop optimiste
Plutôt qu'avoir raison avec les pessimistes
L'expert n'a jamais tort, c'est sa définition.
Mais «deux experts daccord », ce serait l'exception.
N'est ce pas avoir tort que d'avoir trop raison
Un tort demeure un tort, quel que soit le pardon.
Aucune punition ne répare un grand tort
Mais en prévient une autre arrivant en renfort.
Trop médire de l'autre est un tort à soi même
A tort ou à raison, c'est toujours un problème.
L'« absent a toujours tort », énonce le dicton.
Alors, pourquoi les morts ont-il toujours raison ?
Jacques Grieu
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Pendant que les Français choisissaient leurs nouveaux élus,
De nombreuses églises étaient profanées et cambriolées.
Pendant que les regards étaient tournés vers les bureaux de vote, plusieurs cambriolages et profanations d’églises ont eu lieu, à travers le pays : l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles, à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, ou encore l’église de Chèvremont, dans le Territoire de Belfort, ont notamment été touchées. Ces actes surviennent dans un contexte déjà préoccupant pour le patrimoine religieux français, une semaine seulement après le vol d’une précieuse relique de saint Vincent de Paul à Paris. Une nouvelle fois, ces crimes semblent se répéter irrémédiablement sans que rien ne soit fait pour véritablement enrayer cette terrible spirale.
En Seine-Saint-Denis, on vole les églises
Le samedi 14 mars 2026, l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles, à Pierrefitte-sur-Seine, commune rattachée à Saint-Denis depuis 2025, a donc été cambriolée. Les malfaiteurs se seraient introduits dans l’édifice en forçant la porte de la sacristie entre 14 heures et 17 heures. À l’intérieur de l’église, plusieurs objets liturgiques essentiels au culte ont disparu. Les voleurs ont emporté un calice, trois patènes et un ostensoir, soit un ensemble de pièces d’orfèvrerie utilisées lors de la célébration de l’Eucharistie et de l’adoration du Saint-Sacrement. Le tabernacle, lieu sacré destiné à conserver et à protéger les hosties consacrées, a également été dégradé au cours de l’intrusion. Une enceinte acoustique a aussi disparu. Une religieuse a déposé plainte auprès du commissariat local et une enquête pour vol avec effraction et dégradations a été ouverte par le parquet de Bobigny.
Pour l’heure, aucune déclaration publique n’a été faite par le nouveau maire élu, Bally Bagayoko (LFI). Celui-ci semble davantage préoccupé de déclarer que Saint-Denis serait « la ville des Noirs » plutôt que la ville des rois, tandis que certains de ses partisans scandaient « Nous sommes tous des enfants de Gaza ». La question de la sécurité des églises et l’apport de son soutien aux catholiques de sa commune ne semblent pas, à ce stade, être la priorité du nouvel édile.
Partout en France
Bien loin de l’Île-de-France, dans le Territoire de Belfort, dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 mars, c’est l’église de Chèvremont qui a été prise pour cible par des cambrioleurs. Ces derniers ont forcé les portes de l’édifice et fouillé l’intérieur à la recherche d’objets précieux. La découverte a été faite le dimanche matin vers 9 h par un habitant du village qui revenait du bureau de vote. La porte du tabernacle a été forcée, le couvercle d’un ciboire a été retrouvé par terre, au milieu d’hosties dispersées, tandis que dans la sacristie, plusieurs ciboires et calices ont disparu.
Les objets liturgiques volés sont souvent réalisés en argent ou en métal doré, ce qui peut expliquer l’intérêt des voleurs dans un contexte de flambée du prix des métaux. Cependant, pour les paroissiens, la perte est avant tout spirituelle.
La gendarmerie a été prévenue dans la matinée, mais elle intervenait déjà à l’église de Méroux, où des traces de forçage de la porte ont également été relevées. Selon RCF, la municipalité va déposer plainte pour la porte fracturée, tandis que la paroisse déposera plainte pour vol et profanation. Non loin de là, au sud de Montbéliard, dans la commune de Bourguignon, une église aurait aussi été ciblée au cours du même week-end. La gendarmerie y a constaté la disparition de plusieurs objets liturgiques.
Que font nos élus ?
Ces événements surviennent à peine une semaine après le vol d’un médaillon contenant une relique de saint Vincent de Paul, dans l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris. La répétition de ces actes pose une nouvelle fois la question de la protection des églises en France.
Présentes dans presque toutes les communes, elles recèlent un patrimoine à la fois historique, architectural et spirituel. Pourtant, beaucoup d’entre elles demeurent insuffisamment protégées contre les intrusions et les vols. Les élections municipales devraient être l’occasion de replacer la question de leur sécurité au cœur des débats locaux. Les maires sont en effet les premiers responsables de la protection des édifices communaux, dont font partie la majorité des églises construites avant 1905. L'église constitue souvent, après la mairie, le deuxième bâtiment le plus emblématique des villes et des villages, si ce n’est, souvent, le premier.
Assurer leur sécurité, préserver leurs trésors liturgiques et garantir le respect de ces lieux de culte devraient figurer parmi les priorités des politiques publiques locales. C'est loin d'être le cas pour tous nos responsables politiques. Il revient donc aussi aux citoyens de sensibiliser leurs anciens et nouveaux élus sur cette question. À chaque calice volé, chaque tabernacle brisé, chaque relique disparue, c’est une part de l’identité et de l’histoire de la France qui est attaquée.
Éric de Mascureau
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9 mars 1962 : Le sacrifice programmé
D"une unité de jeunes appelés métropolitains
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Cet épisode de la guerre d’Algérie a été soigneusement occulté par le gouvernement français et par tous les médias (mais l’ont-ils su ?).
Dix jours avant la signature des accords d’Évian, l’armée française allait commettre, sur ordre de De Gaulle et de son gouvernement, la plus odieuse forfaiture de son histoire.
Voici comment le chef de l’État français avait décidé de refaire un nouveau Dien Bien Phu, en laissant massacrer une unité d’infanterie composée essentiellement de jeunes appelés du contingent, basée non loin de Souk-Ahras, dans l’Est algérien, face au village tunisien de Sakhiet-Sidi-Youssef.
(Rien à voir bien entendu avec le fameux bombardement de ce même village le 2 février 1958 qui mobilisa toute la presse internationale et attira l’opprobre de nombreux pays contre la France).
Depuis le lever du jour de ce 9 mars 1962, une pluie d’obus tirés par l’artillerie lourde de l’ALN, installée en Tunisie, pleut avec une intensité sans précédent sur cette unité composée de jeunes recrues, des appelés pour la plupart.
Le commandant de l’unité n’a pas les moyens matériels de riposter car ses hommes ne sont équipés que d’armes légères.
En effet, sur ordre du gouvernement on lui a retiré quelques jours plus tôt son artillerie lourde plus un régiment de la Légion étrangère et une demi-brigade de blindés.
Ordre bien singulier puisque les services secrets avaient signalé une concentration inhabituelle de forces adverses en territoire tunisien, juste en face de ce secteur.
Sans cesse le commandant demande par radio à sa hiérarchie basée à Constantine et à Bône, l’appui de l’aviation pour le dégager.
La situation devient désastreuse à l’aube du 10 mars. Les tirs redoublent de violence.
Puis c’est le silence.
– « Je vous en prie, réagissez ! Nous risquons une attaque massive des fellaghas. »
De son poste d’observation le commandant constate, à l’aide de ses jumelles, qu’à moins d’un kilomètre plusieurs brèches ont été ouvertes dans le barrage électrifié qui délimite la frontière entre les deux pays. Sur les collines environnantes des milliers de combattants de l’ALN progressent à découvert dans sa direction.
Ils sont à moins de deux kilomètres à vol d’oiseau. Il sait qu’il ne pourra pas résister à une attaque de cette envergure et que tous ses hommes vont se faire massacrer. Il se demande pourquoi on ne lui envoie aucune aide.
Ce qu’il ignore c’est que l’état-major militaire a reçu l’ordre de ne pas intervenir.
Pour quelles raisons ?
Des négociations sont engagées avec les nationalistes algériens et Louis Joxe discute en ce moment même à Évian avec les représentants du GPRA.
Pour amadouer les dirigeants nationalistes, le gouvernement français a décidé quelques jours plus tôt un « cessez-le-feu unilatéral ».
Ainsi l’ALN (Armée de libération Nationale) peut agir en toute impunité et tenter une opération spectaculaire afin de négocier dans de meilleures conditions.
Et c’est pour cette raison que De Gaulle va sacrifier sans aucune pitié, sans aucune émotion, quelques centaines de jeunes soldats appelés du contingent dans le seul but de démontrer à la métropole la nécessité urgente de terminer cette guerre quel qu’en soit le prix.
Informé de tout cela, le lieutenant-colonel Lisbonis, commandant la base aérienne 213 de Bône, hésite à intervenir.
Un an plus tôt, au moment du putsch des généraux, il était resté fidèle à De Gaulle.
Mais sa conscience le tenaille et il ne peut concevoir de ne pas se porter au secours de ces jeunes soldats français sacrifiés au nom d’une odieuse politique d’abandon.
Dès le lever du jour il donne l’ordre aux escadrilles de décoller.
En quelques heures la victoire change de camp. Les pilotes des T-6 arrosent de leurs mitrailleuses les fellaghas, surpris par une attaque aérienne qu’ils n’attendaient pas, et les A-26 franchissent la frontière, les poursuivant et lâchant leurs bombes sur les positions de l’artillerie adverse.
Les soldats du contingent et la population civile sont sauvés.
Quant au lieutenant-colonel Lisbonis, il s’envole pour Paris.
Non pas pour être félicité mais par mesure disciplinaire.
Le gouvernement lui reproche d’avoir enfreint les ordres et d’avoir gravement compromis les pourparlers d’Évian, même au prix de la vie de quelques centaines de jeunes soldats français.
Le 14 mars 1962, le commandant de la base aérienne de Bône-les-Salines est mis aux arrêts pour avoir riposté aux attaques de l’ALN contre le barrage et sauvé quelques centaines de jeunes soldats et de civils français.
Manuel Gomez
10 mars 2026
(Source : « J'accuse De Gaulle », édition 2016)
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Réflexions à propos du prochain voyage
Du pape en Algérie
Envoyé par M. Villard
Bernard Lugan
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En se rendant en Algérie au mois d’avril prochain, le pape Léon XIV, lui-même issu de l’ordre de Saint-Augustin, va donc marcher sur les pas de son maître spirituel, le Berbère saint Augustin. Ce dernier est en effet né le 13 novembre 354 à Thagaste, l’actuelle Souk Arras, et il est mort le 28 août 430 à Hippone, l’actuelle Annaba (Bône). C’est cependant un singulier voyage que le souverain pontife va entreprendre.
Singulier en effet, et pour cinq grandes raisons :
1) Le chef de l’Eglise catholique va se rendre en visite officielle en Algérie où en dehors de migrants sud-sahariens et de quelques diplomates, les catholiques ont disparu, chassés en 1962 par une épuration ethnique organisée par les fondateurs de l’actuel régime.
2) Le pape va visiter l’Algérie où sa propre église qui s’est mise en dhimmitude volontaire a abandonné l’idée même de conversion. Se cantonnant à un rôle de « témoignage », elle va jusqu’à décourager les musulmans désireux de la rejoindre afin de ne pas « froisser » les autorités pourtant si « tolérantes » de l’Algérie. « Tolérantes » en effet car, dans ce pays où la Constitution reconnaît la liberté de culte, l’apostasie qui est passible de deux à cinq ans de détention et d'une amende de 500 000 à 1 million de dinars, a pour résultat la mort sociale des « traitres ».
3) Le christianisme existe en Algérie, mais ce n’est plus le catholicisme… Comme ce dernier a renoncé à sa mission, à sa vocation, les courants protestants et évangélistes l’ont en effet remplacé. Et le moins que l’on puisse dire, est que le pape n’est pas pour eux une référence religieuse…
4) En Algérie, où les centaines d’églises si vivantes avant 1962 ont été fermées, rasées, pillées, souillées ou transformées en mosquées, où les cimetières chrétiens ont été profanés et labourés, la visite du pape va être l’occasion pour un régime aux abois de redorer son image internationale. Le récit officiel est d’ailleurs bien rodé : « l’Algérie est la gardienne légitime de l’héritage culturel et spirituel de Saint Augustin » …Une telle hypocrisie qui abusera évidemment les éternels gogos sera naturellement relayée en France par les affidés et les stipendiés d’Alger.
5) Le pape va enfin être reçu dans un pays où, comme le résume un rapport de l’ONG International Christian Concern : « Le gouvernement considère le christianisme comme un danger pour l’identité islamique algérienne et tente par tous les moyens de réglementer l’Église pour la réduire à néant ». Un pays dans lequel les autorités associent le christianisme à une forme de « trahison identitaire » et d’allégeance à l’Occident. En 2010, le ministre des Affaires religieuses de l’époque, Bouabdellah Ghlamallah, déclarait ainsi : Personne ne veut qu’il y ait des minorités religieuses en Algérie, car cela risquerait d’être un prétexte pour des ingérences étrangères sous couvert de protection des minorités ».
Mais pourquoi donc avoir choisi l’Algérie où, depuis 1962, tout a été entrepris afin d’éradiquer ce qui, de près ou de loin, pourrait remettre en question le dogme de l’unicité musulmane du pays ? L’on nous dit que ce serait pour redonner vie au dialogue islamo-chrétien. Certes, mais n’existait-il pas des pays musulmans africains dans lesquels le dialogue islamo-chrétien est une réalité vivante ? Le Vatican aurait ainsi, et par exemple, pu penser à l’Egypte, au Maroc ou encore au Sénégal…
Le numéro du mois d’avril 2026 de l’Afrique Réelle qui sera très largement consacré à l’histoire du christianisme nord-africain sera bâti autour de plusieurs grands thèmes dont :
- La réalité de la christianisation des Berbères à l’époque romaine.
- Les trois papes et les grandes figures chrétiennes berbères.
- Pourquoi les Coptes, les Maronites et tous les chrétiens d’Orient ont-ils maintenu leur religion malgré l’islamisation, et non les chrétiens du Maghreb ?
-Y eut-il des survivances du christianisme après la conquête arabo-musulmane du VIIIe siècle ?
Bernard Lugan
mercredi 11 mars 2026
Source : https://bernardlugan.blogspot.com/2026/03/reflexions-propos-du-prochain-voyage-du.html
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MISE A JOUR
Par M. J.P.B.
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LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS
Par J.C. Stella et J.P. Bartolini
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Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône et la Province du Constantinois méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.
Jean Claude a effectué toutes les recherches et il a continué jusqu'à son dernier souffle. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous, des pages qui pourraient être complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir. Jean Claude est décédé, et comme promis j'ai continué son oeuvre à mon rythme.
Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.
De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.
Ce travail fait pour Bône, Guelma, Philippeville, etc. a été fait pour d'autres communes de la région de Bône et de Constantine.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et du Constantinois
Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
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Humour ..................
Envoyé Par Eliane
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Un jeune Italien se rend à confesse...
- Mon Père j'ai péché pour avoir fait l'amour avec une femme facile.
- Est-ce toi mon petit Toni Parisi ?
- Oui mon père c'est bien moi.
- Et qui est cette femme avec qui tu étais ?
- Je ne puis vous le dire, mon Père, de peur de ruiner sa réputation.
- Mon petit Toni, comme je finirai bien par savoir son nom un jour ou l'autre tu peux bien me le dire maintenant, était-ce :
- Tina Minetti ?
- Je ne puis le dire.
- Était-ce Teresa Volpe ?
- Je ne dirai rien.
- Était-ce Nina Capelli ?
- Désolé mais je ne dirai pas son nom.
- Rosa Di Angelo ?
- S'il vous plait mon Père comprenez que je dois me taire.
- J'admire ta discrétion mais tu as péché et tu dois racheter ta faute. Pendant 3 mois tu ne pourras plus être enfant de cœur. Va et comporte-toi bien.
A la sortie de l'église Nino le copain de Toni lui demande ce qu'il a eu.
- 3 mois de vacances et 4 bons tuyaux.
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Notre liberté de penser, de diffuser et d'informer est grandement menacée, et c'est pourquoi je suis obligé de suivre l'exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d'information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d'expression, tel qu'il est reconnu par la Résolution 59 de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d'expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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